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MARCHÉ PÉTROLIER : L’OPEP+ maintient la réduction de la production

Le groupe OPEP+ a décidé, lors de sa 34ème réunion ministérielle, tenue par vidéo-conférence, le maintien, pour décembre en cours et janvier prochain, de la réduction de la production de pétrole de deux millions de barils par jour approuvée en octobre dernier, a indiqué le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab.

Le prochain rendez-vous a été fixé au 4 juin 2023, mais les membres de l’OPEP+ ont affirmé qu’ils étaient prêts à se réunir à tout moment et à prendre les mesures supplémentaires nécessaires en réponse aux conditions du marché afin de maintenir un équilibre entre l’offre et la demande. Selon les observateurs, le climat d’instabilité créé par l’entrée en vigueur du plafonnement du prix du pétrole russe par les pays occidentaux explique la décision de l’OPEP+ de maintenir les niveaux de production actuels. En effet, les États membres de l’Union européenne (UE) se sont mis d’accord vendredi sur un plafonnement du prix du pétrole brut russe transporté par voie maritime à 60 dollars américains le baril. Cela signifie que les services d’assurance, de financement et autres services pour les expéditions de pétrole russe seront interdits si le pétrole se vend à plus de 60 dollars le baril. Les ministres des Finances des pays du Groupe des sept (G7) sont convenus en septembre d’imposer un plafonnement des prix du pétrole russe. Le vice-premier ministre russe Alexandre Novak avait qualifié le plan du G7 de complètement absurde. La Russie a fait savoir qu’elle ne fournirait pas de pétrole et de produits pétroliers aux pays qui soutiennent le plafonnement des prix, et a averti que cette mesure pourrait détruire le marché mondial du pétrole. Des experts estiment que la décision du plafonnement du prix pourrait entraîner une réduction des quantités de pétrole russe exportées à l’étranger. Dans ce cas, ils prévoient que les prix du pétrole sur le marché mondial pourraient dépasser 100 dollars le baril. Les prix du pétrole ont chuté depuis la dernière réunion de l’organisation en octobre, pour retrouver leur niveau de début 2022. Ils évoluaient hier entre 80 et 85 dollars le baril, loin des 130 dollars du mois de mars. La décision prise par OPEP+ de maintenir la réduction de la production de pétrole de eux millions de barils par jour, était prévisible selon les observateurs qui y voient la confirmation de la solidarité manifestée à l’égard de la Russie soumise aux sanctions prises par les pays occidentaux. Cette solidarité est perçue comme indispensable par les pays producteurs qui savent qu’aucun d’entre-deux n’est à l’abri du diktat et de l’arrogance de la coalition occidentale autour de l’OTAN. Les précédents créés par les sanctions contre les secteurs pétroliers et gaziers de l’Iran et du Venezuela, alourdies par  le gel de leurs avoirs en dollars américains, ont servi de leçon. La prétention à dicter leurs politiques aux pays producteurs n’est pas nouvelle, elle a été mise en œuvre par la France contre l’Algérie après les nationalisations du 24 février 1971. Actuellement, dans le nouveau contexte créé par l’opération militaire spéciale russe en Ukraine, les pays producteurs de pétrole veulent être maîtres de leurs politiques d’exportation, quitte à défier les institutions occidentales internationales qui cherchent, vainement, à régenter le monde dans tous les domaines.

Gaz : l’Algérie dispose d’un gigantesque volume à exporter
Le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, a participé samedi aux travaux de la 185e réunion de la Conférence de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qui s’est tenue par visioconférence. Il a également participé, dimanche, par visioconférence aux travaux de la 46e réunion du Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC) et de la 34e réunion ministérielle Opep et non-Opep. Auparavant, Mohamed Arkab avait participé, à Rome, à la 8ème édition du Forum de haut niveau pour le dialogue en Méditerranée (ROME-MED). Dans ce cadre, il a rappelé que l’Algérie a « un programme d’investissement très ambitieux dans le domaine des hydrocarbures estimé à plus de 40 milliards de dollars », précisant que « ceci nous permettra de maintenir un niveau de production de 110 milliards de m3/an de gaz naturel, dont plus de 50% sont destinés à l’exportation ». Il a également cité les études en cours d’élaboration pour la réalisation du Gazoduc Trans Sahara Gaz pipeline d’une capacité de 25 milliards de m3 an.
M’hamed Rebah