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L’UNRWA TIRE LA SONNETTE D’ALARME : Plus de 600 000 enfants sans école à Ghaza depuis plus de deux ans

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Plus de 600 000 enfants palestiniens sont aujourd’hui privés de leur droit fondamental à l’éducation dans la bande de ghaza, a déclaré le commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Philippe Lazzarini. Une situation qu’il attribue à la destruction quasi totale des infrastructures scolaires et à l’effondrement général des conditions de vie provoqué par l’offensive israélienne en cours contre le territoire.
Dans une publication diffusée sur la plateforme X, le responsable onusien a mis en garde contre les conséquences dramatiques de cette interruption prolongée de la scolarité. « Ces enfants vivent des traumatismes profonds au milieu des ruines », a-t-il écrit, soulignant que leur retour dans un environnement éducatif sûr constitue désormais une priorité absolue pour l’UNRWA. Selon lui, la crise éducative actuelle ne représente pas seulement une urgence humanitaire, mais une menace directe pour l’avenir de toute une génération. Malgré un contexte marqué par les bombardements, le blocus et les déplacements forcés, l’UNRWA tente de maintenir un minimum d’activité pédagogique. L’agence indique qu’environ 65 000 enfants fréquentent actuellement des espaces d’apprentissage temporaires aménagés dans différentes zones de ghaza. Par ailleurs, près de 300 000 autres bénéficient de cours élémentaires en lecture, écriture et calcul par le biais de plateformes numériques, lorsque les conditions techniques le permettent. Philippe Lazzarini a également rappelé que l’éducation des réfugiés palestiniens est la cible d’attaques répétées depuis plusieurs années. La destruction d’écoles, la fermeture d’établissements et l’insécurité permanente rendent toute reprise normale de la scolarité extrêmement difficile. « Sans accès à l’éducation, ces enfants risquent d’être enfermés dans un cycle durable de pauvreté, de dépendance et de traumatisme », a-t-il averti. Cette crise éducative s’inscrit dans un contexte humanitaire catastrophique. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, le bilan de l’offensive israélienne contre ghaza depuis le 7 octobre 2023 s’élève désormais à 71 657 morts et 171 399 blessés, dont une majorité de femmes et d’enfants. Ces chiffres, régulièrement mis à jour, traduisent l’ampleur des destructions et l’intensité des violences subies par la population civile. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre dernier, les violations se sont poursuivies, entraînant la mort de 484 personnes supplémentaires et faisant 1 321 blessés. Les équipes de secours ont également pu extraire 713 corps des décombres, tandis que de nombreuses victimes resteraient encore ensevelies sous les ruines, faute de moyens et de sécurité pour mener les opérations de sauvetage. La détérioration des conditions climatiques aggrave encore la situation humanitaire.
Le ministère de la Santé à ghaza a annoncé récemment le décès d’un nourrisson de trois mois, Ali Abou Zour, en raison du froid intense, portant à dix le nombre d’enfants morts de froid depuis le début de l’hiver. Ces décès illustrent la fragilité extrême des populations déplacées, vivant souvent sous des tentes ou dans des bâtiments partiellement détruits, sans chauffage ni protection adéquate. Sur le terrain, les bombardements et tirs se poursuivent dans plusieurs zones de ghaza, notamment dans les quartiers d’Al-Touffah, Jabalia, Khan Younès et Deir Al-Balah. Des frappes ont visé des bâtiments résidentiels et des infrastructures civiles, provoquant de nouvelles destructions et des blessés parmi les passants. Des témoins ont également signalé l’usage de drones explosifs contre des immeubles abritant des bureaux et des installations de télécommunication. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, plus de 1 300 violations ont été recensées par les autorités locales, ayant causé au total plus de 1 820 morts et blessés. Ces chiffres mettent en évidence la fragilité de l’accord et l’incapacité, jusqu’à présent, à garantir une protection effective des civils. Dans ce contexte, l’UNRWA poursuit ses missions humanitaires, sanitaires et éducatives malgré des restrictions sévères imposées à ses opérations. L’agence fournit une aide alimentaire, des soins médicaux et des services scolaires de base à des centaines de milliers de réfugiés palestiniens, tout en dénonçant les entraves qui limitent son action. Pour de nombreux observateurs, la situation à ghaza ne se limite plus à une crise humanitaire classique, mais s’apparente à une catastrophe prolongée aux conséquences structurelles.
La privation d’éducation pour plus de 600 000 enfants constitue l’un des aspects les plus alarmants de cette tragédie, car elle compromet durablement la reconstruction sociale et économique du territoire. L’UNRWA et plusieurs organisations internationales appellent la communauté internationale à agir de manière urgente afin de garantir un accès sécurisé à l’éducation, de protéger les infrastructures civiles et de faire respecter le droit international humanitaire. Sans une mobilisation rapide et effective, avertissent-ils, ghaza risque de voir émerger une génération privée non seulement de son enfance, mais aussi de toute perspective d’avenir.
M. Seghilani

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