Accueil ACTUALITÉ LIBAN : Des dizaines de martyrs et une crise humanitaire qui s’aggrave

LIBAN : Des dizaines de martyrs et une crise humanitaire qui s’aggrave

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Les frappes aériennes sionistes contre plusieurs régions du Liban se sont intensifiées, hier, faisant de nombreuses victimes civiles et provoquant une nouvelle vague de déplacements de population. Selon des sources médicales et la presse officielle libanaise, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées dans des bombardements visant Beyrouth, le sud du pays et certaines zones de la vallée de la Bekaâ. Dès l’aube, l’aviation sioniste a mené deux frappes dans la banlieue sud de Beyrouth, ciblant un bâtiment situé derrière le restaurant Al-Jawad. Parallèlement, une série de raids a touché différentes localités du sud du Liban, notamment dans le district de Nabatieh. D’après l’Agence nationale d’information libanaise, une frappe nocturne sur un immeuble de trois étages dans la localité de Seïr al-Gharbya, dans le district de Nabatieh, a fait au moins 19 morts, la plupart étant des femmes et des enfants. Le bâtiment a été entièrement détruit. Au total, au moins 23 personnes ont été tuées dans des frappes sionistes visant Beyrouth et le sud du Liban au cours de la même journée. Les équipes de la défense civile et les services de secours poursuivent leurs opérations pour extraire les victimes des décombres. Dans la capitale libanaise, une autre frappe a visé un hôtel dans le quartier de Raouché, sur le front de mer de Beyrouth. Selon le ministère libanais de la Santé, l’attaque a fait au moins quatre morts et dix blessés. L’armée israélienne a affirmé avoir mené une « frappe précise » contre des responsables du Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne présents au Liban. La porte-parole de l’armée sioniste, Ella Wawiya, a indiqué, sur la plateforme X, que l’opération visait des « dirigeants centraux du Corps du Liban affilié à la force Al-Qods », les accusant de préparer des « projets terroristes contre Israël depuis le territoire libanais ». L’identité des personnes visées n’a toutefois pas pu être confirmée. Des témoins sur place ont décrit une scène de panique dans l’hôtel touché. Les vitres d’une chambre située au quatrième étage ont été soufflées par l’explosion et les murs noircis par la déflagration. Les forces de sécurité ont rapidement bouclé la zone, tandis que des dizaines de clients quittaient précipitamment l’établissement, certains encore sous le choc. Ce raid constitue la deuxième frappe israélienne contre un hôtel en moins d’une semaine. Mercredi, une attaque similaire avait visé un établissement dans la localité de Hazmieh, près de Beyrouth, à proximité du palais présidentiel et de plusieurs ambassades. Dans le sud du Liban, les bombardements se sont poursuivis tout au long de la nuit et de la matinée. Plusieurs villages ont été touchés, notamment Tebnine, Choueïfat, Rashaf, Sarbine et Khiam. Des frappes ont également visé Qana, où au moins quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées, selon un bilan provisoire. Dans la localité d’Aytit, une frappe contre une habitation a fait trois morts et plusieurs blessés. À Jbal el-Botm, une attaque de drone contre un café a également causé la mort de trois personnes. Une autre frappe sur une maison dans le village de Tefahata aurait tué huit membres d’une même famille. L’artillerie sioniste a, par ailleurs, bombardé les environs de Chebâa, tandis que des raids ont été signalés dans la région de Saïda et dans plusieurs villages du district de Tyr. Face à l’intensification des bombardements, l’armée sioniste a lancé un avertissement aux habitants vivant au sud du fleuve Litani, les appelant à évacuer immédiatement la zone en prévision de nouvelles frappes.

Riposte de la résistance et exode massif de civils
En réponse, la résistance libanaise a annoncé avoir tiré plusieurs salves de roquettes en direction d’Israël « en riposte à l’agression israélienne contre les villes et villages libanais ». Le mouvement a également indiqué que ses combattants étaient engagés dans des affrontements avec des forces israéliennes près de la localité frontalière d’Aïta al-Chaâb. Des sirènes d’alerte ont retenti dans plusieurs régions du nord d’Israël, sans que des victimes ne soient immédiatement signalées. Par ailleurs, une opération sioniste controversée a eu lieu dans la région de Nabi Chit, dans la Bekaâ. Selon l’armée libanaise, quatre hélicoptères israéliens ont pénétré l’espace aérien près de la frontière syro-libanaise dans la nuit du 6 au 7 mars. Deux appareils auraient déposé une unité spéciale sur le terrain, tandis que les villages voisins étaient bombardés. Les forces libanaises ont immédiatement déclenché des mesures d’alerte et tiré des fusées éclairantes pour localiser la zone de l’atterrissage. Des échanges de tirs ont ensuite eu lieu entre la force israélienne et des habitants de la région. Trois soldats libanais et plusieurs civils ont été tués dans les bombardements qui ont accompagné l’opération. Selon l’armée sioniste, cette mission visait à rechercher des indices concernant le navigateur sioniste Ron Arad, porté disparu depuis 1986. L’opération n’aurait toutefois permis de découvrir aucune trace. Depuis le début de cette nouvelle escalade militaire, le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Le ministère libanais de la Santé indique que les frappes israéliennes menées entre le 2 et le 7 mars ont fait au moins 294 morts et plus de 1 000 blessés. La guerre a également provoqué l’une des plus importantes crises de déplacement interne au Liban depuis plusieurs années. Des dizaines de milliers d’habitants ont fui le sud du pays, la banlieue sud de Beyrouth et certaines régions de la Bekaâ. Face à l’ampleur de la crise, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a réuni en urgence plusieurs ministres et responsables locaux afin de coordonner la réponse gouvernementale. Les autorités ont assuré que personne ne serait laissé sans abri et que des écoles publiques pourraient être transformées en centres d’accueil pour les déplacés. Pendant ce temps, la communauté internationale reste largement focalisée sur la guerre contre l’Iran, reléguant le front libanais au second plan diplomatique. Les efforts français visant à obtenir un cessez-le-feu n’ont, jusqu’à présent, produit aucune avancée concrète. Dans ce contexte, de nombreux observateurs redoutent que le conflit ne s’enlise dans une confrontation prolongée entre l’entité sioniste et la résistance libanaise, avec le risque d’une extension régionale de la guerre dans les semaines à venir.
M. Seghilani

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