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Les révélations Effarantes du FCE : 650 000 emplois perdus du fait de la crise

Plombée par des années de mauvaise gouvernance, l’économie nationale est aujourd’hui dans le rouge. C’est avec ces termes que le président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Mohamed Sami Agli, a qualifié la situation économique du pays, appelant le nouveau Président à prendre «des mesures d’urgence courageuses» pour sauver les entreprises.

S’exprimant hier sur les ondes de la Radio nationale chaîne 3, Agli a tiré la sonnette d’alarme en affirmant, chiffres à l’appuis, que la crise ne concerne pas que les entreprises du BTPH, qui dépendent de la demande publique, mais affecte, désormais, tous les secteurs de l’économie à l’instar des industries pharmaceutiques et des services. «60% du tissu économique est sinistré», avance-t-il en précisant que cette situation s’est traduite, jusque-là par la fermeture d’entreprises (TPE et PME) et la perte de quelques «650 000 postes d’emploi».
Estimant qu’une mauvaise gestion, notamment depuis 2014, serait à l’origine de cette situation, le président du FCE a préconisé la prise de mesures urgentes pour la sauvegarde des entreprises mais également la promotion de nouvelles activités. «Il faut prendre des décisions d’urgence pour sauver l’économie sinistrée à tous les niveaux et engager des réformes profondes», a-t-il suggéré à cet effet. Selon le successeur de Ali Haddad, ce n’est plus possible d’adopter devant cette situation les même réflexes, car il est impératif de revoir les lois «morts nées», qui ne peuvent pas être appliquées sur le terrain en plus de freiner l’économie.
Pour arriver à créer de l’emploi et maintenir le processus de création de richesse, le patron des patrons a fait état de plusieurs exemples à suivre de pays qui ont le même potentiel que l’Algérie en misant sur la technologie, la législation, mais ont surtout pu bannir la bureaucratie qui est l’ennemie numéro un de l’économie. Appelant le Président fraîchement élu à «aller plus vite» et engager des réformes profondes pour sauver «l’outil de production» en adoptant des mesures courageuses, Samy Agli estime que la première des choses à faire est de s’asseoir autour d’une table et d’ouvrir un grand débat «inclusif» et surtout de restaurer la confiance avec les acteurs économiques.
Pour l’intervenant de la radio, il est temps de raisonner économiquement, et détacher la politique des décisions économiques, mettre fin à l’exclusion et impliquer des acteurs économiques dans le processus de relance de l’économie nationale. Par ailleurs, il a plaidé pour sortir des plans quinquennaux et opter pour une vision économique, tel que cela se fait dans des pays qui planifient sur plusieurs décennies.
Ania Nait Chalal