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L’ALGÉRIE FRANCHIT LA BARRE DE 600 CAS COVID-19 PAR JOUR : La situation pandémique ne rassure pas

La situation sanitaire va de mal en pis depuis quelques semaines déjà en Algérie. Samedi 18 juillet, la barre des 600 cas déclarés officiellement et testés positifs au Covid-19 a été franchie, alors que le nombre de décès persiste autour de 10 cas par jour. Une situation qu’on peu qualifier d’effrayante, sachant que les répercussions de cette pandémie sur le plan économique et social sont désastreuses, et ce en dépit de toutes les mesures prises, depuis mars à ce jour, afin justement d’éviter les résultats que nous constatons, malheureusement, aujourd’hui.

Si la situation avait été plus ou moins maitrisée durant les trois premiers mois de la pandémie, celle-ci ne l’est plus après l’entrée en phase de déconfinement progressif depuis la mi-juin dernière. Nous avons assisté à des chiffres qui vont crescendo dans une vingtaine de wilayas à l’instar de la capitale, Blida, Sétif ou encore Biskra, Oran et Constantine. Le samedi 18 juillet, un nouveau record de personnes contaminées a été enregistré, à savoir 601 cas Covid-19 confirmés grâce aux tests PCR ce qui fait 22 549 cas en tout. Le nombre de décès par jours, bien qu’il soit stable, ne descend toujours pas sous la barre des 10, faisant au total 1068 morts depuis le début de la pandémie. S’agissant des wilayas les plus touchées, Oran figurait samedi en tête de liste en enregistrant 78 nouveaux cas, suivi juste après par Alger avec 53 nouveaux cas, ensuite par Djelfa 47 nouveau cas et Sétif 43 nouveaux cas. En se référant, cependant, au nombre global de cas Covid-19 par wilaya, la capitale est désormais en tête avec 2207 cas, suivie des wilayas de Blida (épicentre de l’épidémie) et Sétif avec 2112, et Oran avec 1660 cas. Il faut dire que l’accélération rapide de la circulation du virus en Algérie est due à plusieurs facteurs. À commencer essentiellement par le relâchement constaté chez la majorité de la population quant au respect des mesures sanitaires, notamment le port du masque et la distanciation sociale. En croyant que le déconfinement serait synonyme de la fin de la pandémie, des citoyens ont repris le cours normal de leurs vies, en partant en visites familiales, organisant des fêtes de mariage, assistant à des enterrements comme si le virus n’existait plus ou n’avait jamais existé. L’ouverture pratiquement de tous les commerces, la libération des transports, la libre-circulation entre les différentes wilayas, dans le cadre du déconfinement progressif, seraient également derrière la résurgence de l’épidémie. Mais les citoyens ne sont pas uniquement les seuls à pointer du doigt car la responsabilité de ce qui ce passe en ce moment est commune. Les autorités, malgré tout ce qui a été imposé comme mesures pour éviter la propagation du virus, ne sont pas arrivées à les faire respecter rigoureusement sur le terrain. Le manque terrible de fermeté vis-à-vis des contrevenants a provoqué, par la suite, le relâchement même chez ceux qui, au départ, s’étaient impliqués sérieusement. L’infection au Covid-19 s’est ainsi propagée parmi la population atteignant au passage les différentes catégories de personnes ; même celles qui se sont confinées et qui ont fait attention tout au long de cette période.

Des pertes considérables sur le plan économique
Si le virus a fait beaucoup de morts notamment parmi le personnel soignant qui continue malgré toutes les difficultés à être mobilisé pour la prise en charge des patients atteints de Covid-19, celui-ci a occasionné des pertes économiques considérables pour plusieurs secteurs d’activités: Tourisme, restauration, transport, hôtellerie, énergie, sont en effet les secteurs les plus touchés par les mesures préventives prises pour faire face à la pandémie. Samedi, le Premier ministre avait déclaré à ce propos que l’Algérie vit une situation « inédite de son histoire », à cause justement de la crise sanitaire due au coronavirus. Loin d’exagérer, les chiffres révélés  par le ministre des Finances montrent la profondeur du gouffre.   Mais ce qui est regrettable, faut-il encore le souligner, est qu’en plus de ces pertes, les résultats escomptés en matière de lutte contre le Covid-19 n’ont malheureusement pas été atteints, et les chiffres qui sont en nette progression le montrent clairement. Aujourd’hui il est plus qu’urgent de prendre sérieusement la situation en main et de rompre de manière efficace la chaine de contamination à travers l’application rigoureuse et intransigeante de la réglementation quitte à retourner vers un confinement total. Autrement, si l’on persiste sur la même voie, il est clair que le pays ira droit vers le mur.
Ania Nait Chalal