Mais à vrai dire, ce qui dérange la France de Macron qui s’abreuve des idées de l’extrême droite est que l’Algérie avance et se développe loin de son giron.
Aujourd’hui tenter de dire que la campagne anti-algérienne est l’œuvre de l’extrême-droite relève d’une méconnaissance de la scène médiatico-politique française. Ce serait de la pure cécité que de croire que les excès ne sont l’œuvre que d’un groupuscule de la classe politique française qui s’est nourri et fait grossir ses rangs en puisant dans le vivier des nostalgiques de l’Algérie française, des anciens de l’OAS, des racistes ou encore des islamophobes. Les barrières ont cédé et durant l’ère de l’actuel président Français, qui avait sournoisement agité la main de la réconciliation pour mieux trahir la confiance des Algériens, le discours est exclusivement anti-algérien. Les médias, aussi bien publics que privés, ont décidés de verser dans l’insulte, la diffamation, la diatribe et la manipulation quand il s’agit de traiter d’un sujet se rapportant à l’Algérie. Les organes de contrôle de l’audio-visuel, censés servir de garant des principes de déontologie et d’éthique se terrent dans un silence complice qui renseigne sur la partialité de la France officielle qui a choisi de mettre le képi de l’extrême droite pour mieux revêtir le costume des légions étrangères que le colonialisme avait mobilisées pour coloniser l’Algérie avant qu’il ne soit bouté hors des frontières par une Révolution populaire et armée devenue, depuis son déclenchement, un exemple pour les peuples en lutte pour leur Indépendance.
Et cette fois, encore, le Rubicon est franchi avec un autre impair et une autre glissade d’un média public français, France 2 pour ne pas la nommer qui a choisi la manière des médias de Bolloré pour s’attaquer à l’Algérie. Jeudi, ce média de service public audiovisuel français a diffusé un nouveau numéro de Complément d’enquête intitulé « Rumeurs et coups tordus : la guerre secrète France-Algérie ». Un intitulé racoleur, pour une émission diffusée à une heure où l’audimat affiche un taux élevé, pour faire la promotion d’un nouveau scandale qui n’est autre qu’un nouvel épisode d’une dérive désormais assumée : celle d’un média public qui a troqué l’exigence journalistique contre les thèses les plus rances de l’extrême droite française. Il faut appeler les choses par leur nom. Et dire que ce n’est ni une enquête, ni un travail d’information équilibré, mais une entreprise de désinformation méthodique, où l’Algérie sert de cible obsessionnelle et de fonds de commerce médiatique. France Télévisions, censée incarner la rigueur, adopte les thèses de l’extrême droite et offre une fois de plus une tribune privilégiée à ceux qui ont fait de la haine de l’Algérie leur cheval de bataille, leur marque personnelle, leur business idéologique de caniveau. L’obsession algérienne d’une frange de la classe politique française a atteint des sommets du ridicule. Et comme le ridicule semble devenir une mode pour la France de l’actuel septennat en déclin, c’est un discours assumé par toute la pyramide aujourd’hui aux commandes de l’hexagone.
Une descente dans la désinformation quand il s’agit de l’Algérie
Les auteurs de l’émission pamphlet indécent offrent leur micro à un ex-faux diplomate français, un agité, atteint d’une véritable pathologie obsessionnelle nommée « Algérie » et atteint de sénilité. Cet individu de pacotille n’a cessé, durant ses deux mandats en Algérie de tenter de la fragiliser et de la plonger dans le chaos. Il sait pertinemment qu’en France, plus la haine de l’Algérie est bruyante, plus la récompense est grande. La preuve : il est aujourd’hui omniprésent sur les plateaux, promu « spécialiste incontournable », alors même que son seul capital repose sur le mensonge, l’outrance et la bassesse. Pour un tel parcours, quelle meilleure gratification que la célébrité médiatique ? Plus grave encore, ce média public français semble désormais prêt à tout pour étayer ses hypothèses. En donnant la parole à un dealeur de drogue, maître chanteur, analphabète, voyou sans formation ni légitimité intellectuelle, dont la mission manifeste consiste à instiller le doute et à pervertir l’esprit de la jeunesse algérienne. Animé par ses propres dérives et son incapacité à se construire une utilité sociale digne, ce personnage exhibe ostensiblement des signes de richesse et ne dissimule nullement le fait d’être entretenu et protégé par les services français. Que le service public français descende ainsi dans les caniveaux médiatiques n’augure rien de bon pour les relations entre l’Algérie et la France.
Il faut rappeler, dans ce cadre, que les médias du service public français amorcent, allégrement quand il s’agit de l’Algérie, une descente dans la fange des caniveaux. Ils ne reculent devant rien pour faire mieux que les médias de Bolloré et compagnies. Et il faut reconnaitre que France Télévisions n’en est pas à son coup d’essai : c’est la troisième fois que ce média public s’attaque frontalement à l’Algérie à coups de récits biaisés, d’approximations grossières et de « révélations » construites sur du sable. Et croit naïvement que de hautes personnalités algériennes puissent être dans le même plateau qu’un vulgaire dealeur et qui n’est rien d’autre qu’un petit indic des services français. Alors une question s’impose : qu’est-ce qui pousse le service public français à tomber si bas ? La guerre de l’audience justifie-t-elle tout ?
France Télévision-Médias Bolloré, même essence et même turpitudes
Le buzz vaut-il désormais abdication morale et faillite professionnelle ? Ou faut-il y voir le symptôme plus profond d’un malaise français, incapable de regarder l’Algérie autrement qu’à travers le prisme du ressentiment, de la nostalgie coloniale et des obsessions politiques internes ? À force de vouloir régler ses propres fractures identitaires sur le dos de l’Algérie, le service public français ne fait que révéler sa propre indigence. Une indigence intellectuelle, éditoriale et éthique, indigne d’un média financé par le contribuable et censé servir l’intérêt général, et non les fantasmes d’une extrême droite en quête permanente de boucs émissaires. L’Algérie, elle, n’a pas besoin de ces caricatures pour exister. Mais la France médiatique, manifestement, a encore besoin de l’Algérie pour masquer ses propres dérives. Et dire que dans ses dérives, France Télévisions n’ouvre pas son espace à des intellectuels éclairés comme Benjamin Stora ou encore Jean Michel Apathie, qui ont dévoilé à la France, qui agitait la pseudo-dimension civilisatrice du colonialisme comme argument, tous ses crimes et la désolation qu’elle a laissée en Algérie.
Maintenant il s’agit pour les chantres de la légalité qui gèrent l’espace médiatique français de reconnaitre que France Télévisions a enfreint les dispositions de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, en se faisant le vecteur d’une injure publique à un chef d’État étranger traité avec des mots insultants par un de leurs « invités alibi » pour construire la grossière manipulation qu’était leur émission.
« La jurisprudence française considère que la liberté d’expression ne protège pas l’invective, mais uniquement la critique politique fondée et argumentée. La responsabilité éditoriale incombe également à la chaîne de télévision, qui demeure tenue de prévenir et d’encadrer la diffusion de propos injurieux (…) », stipule la loi. Et cela, ceux qui ont commandé, financé le produit, réalisé et diffusé cette émission l’assumeront-ils devant un tribunal ?
Mais à vrai dire, ce qui dérange la France de Macron qui s’abreuve des idées de l’extrême droite est que l’Algérie avance et se développe loin de son giron. Libérée et indépendante, l’Algérie attend de la France respect et considération et une reconnaissance de tous les crimes qu’elle a commis dans ce pays durant 132 ans.
Slimane B.












































