La course au vaccin et aux médicaments anti-coronavirus

Par Ali El Hadj Tahar

Pendant que la pandémie de coronavirus fait des ravages dans plusieurs pays et que les États-Unis en sont devenus l’épicentre, quelques bonnes nouvelles nous viennent d’ici et de là au sujet d’un traitement à même de donner de l’espoir.
Alors que la chloroquine est adoptée par l’Algérie car elle a fait ses preuves en Chine, en Corée du Sud et à Marseille, seule ville de France où elle est utilisée par le Professeur Didier Raoult, la Russie vient d’annoncer avoir créé un médicament pour traiter le coronavirus. Ce médicament développé par le Centre de recherche et de production Pharmazachita est basé sur l’antipaludique Méfloquine. Selon l’Agence fédérale russe de biomédecine, ce traitement «à haute sélectivité bloque l’effet cytopathique du coronavirus dans les cellules et inhibe sa réplication, alors que les effets immunosuppressifs du Méfloquine bloquent l’inflammation provoquée par le virus». Après la Chine qui a utilisé tel quel ce vieux médicament qu’est la chloroquine, les Russes offrent déjà un nouveau remède en partant de l’ancien.
Moscou ne bluffait pas non plus quand elle a annoncé être penchée sur la fabrication d’un vaccin, en précisant que sa mise au point était toute proche. En effet, le vaccin russe contre le Covid-19 peut être prêt dans 11 mois, en respectant le protocole de l’OMS selon la directrice de l’Agence fédérale médico-biologique russe, qui a annoncé avoir élaboré trois prototypes de vaccin. Avec cette double nouvelle russe, les Français vont se sentir vraiment floués, car non seulement leur gouvernement refuse d’utiliser le protocole à base de chloroquine préconisé par le plus grand spécialiste de la planète en matière d’épidémiologie, qui se trouve être le Français Didier Raoult, mais l’Institut Pasteur n’a pas annoncé l’imminence d’un vaccin gaulois. Paris persiste dans son opposition à la chloroquine, bien que les États-Unis aient accepté de l’utiliser sans être choqués alors que les Chinois ont été les premiers à l’adpoter contre le coronavirus. Vantant le mérite de cet antipaludéen comme un « don du ciel », Donald Trump a dit qu’il pourrait « vraiment changer la donne ». Mais s’agissant d’un vaccin, il n’est pas sûr que les laboratoires américains seraient prêts avant Moscou. Même les Allemands, que Trump voulait soudoyer, ne le seraient pas. Sa velléité d’arrêter la piste germanique n’a cependant pas empêché Trump d’être réaliste et d’essayer de sauver des vies, après avoir tardé à prendre les mesures de fermeture de l’espace aérien et de confinement.
Cuba a, elle aussi, mis au point son arsenal thérapeutique, et parmi les 30 médicaments sélectionnés par la Chine pour lutter contre le coronavirus, on retrouve un antiviral cubain, l’Interferon Alfa 2b. La Havane a déjà reçu plus de 45 demandes de différents pays pour acquérir ce médicament, qui va renflouer ses caisses vides. Dans le cas, bien sûr, où le blocus américain serait mis en échec par l’Italie et le Royaume-Uni qui comptent sur l’aide de ce pays sous embargo depuis 60 ans, ainsi que sur celle de la Chine et du Venezuela pour lutter contre le coronavirus. La traditionnelle chloroquine et les médicaments qui en sont issus prennent donc à contre-pied le Big-Pharma occidental qui aiguisait ses dents en espérant décrocher un immense marché mondial, en plus d’un Prix Nobel.
Approuvé par les USA, la Chine et d’autres pays, le protocole à la chloroquine a aussi été validé par notre pays qui est engagé, quant à lui, dans la fabrication locale. Les laboratoires Géo-Pharm, situés à Oran, ont mis en place une nouvelle chaîne de production qui est prête à lancer la fabrication et qui n’attend que le feu vert du ministère de la Santé. Alors que le monde semble connaître un bouleversement en matière de leadership médical, l’Algérie est en train de tirer les leçons à la fois de la crise et de la faiblesse de son système de santé. C’est de bon augure car elle a beaucoup plus d’atouts que ce petit pays désargenté d’à peine… 11 280 651 d’habitants mais qui étonne le monde.
A. E. T.