Interdiction de recrutement des joueurs étrangers : Raouraoua entretient l’amalgame

Après avoir pris la décision d’interdire le recrutement des joueurs étrangers, pour des motifs que seule la plus haute instance du football national sait, son président, Mohamed Raouraoua continue d’entretenir l’amalgame, en annonçant, hier, que cette interdiction pourrait être levée, pour peu que «le climat adéquat soit présent». À tort ou à raison donc, le 24 février dernier, la FAF (Fédération algérienne de football) s’est réunie en session ordinaire, à l’issue d’une réunion de laquelle, il a été décidé de frapper les clubs professionnels d’une interdiction de recrutement des joueurs étrangers à partir du prochain mercato hivernal. Il s’agit d’une décision qui en a surpris plus d’un parmi la sphère footballistique nationale, sachant que ni la loi, ni les prérogatives de la FAF ne lui permettent d’imposer de telles restrictions aux clubs. En effet, invité, hier, à l’émission Football Magazine de la Radio algérienne Chaîne III, Mohamed Raouraoua est revenu sur cette question, qui a jeté l’émoi plus qu’elle n’a pas apporté de réponses aux préoccupations du football national. À l’occasion, le patron de la FAF a monté un argumentaire qu’il n’a pas manqué d’orner d’éléments contradictoires les uns les autres. Et pour cause, il a affirmé que la décision est justifiée par «la protection des joueurs étrangers» contre les «malversations», en avançant qu’ils «ne sont pas payés, ni hébergés, ni déclarés à la Sécurité sociale», et d’ajouter encore que lorsqu’ils sont payés, les responsables des clubs font recours «au marché informel pour s’en approvisionner en devise», a-t-il répondu aux questions de Maâmar Djebbour, animateur de cette émission, sous le prétexte «fallacieux» d’encadrer les opérations de recrutement. S’agit-il pour autant d’une question qui regarde la FAF ? Assurément non, puisqu’il suffira pour un joueur – qu’il soit d’ailleurs étranger ou local – de s’en remettre à qui de droit, s’il se sente victime dans une affaire le liant à son club recruteur. Pour ce qui est de la FAF, elle est dans son rôle de faire respecter la loi et la réglementation en vigueur et non pas de s’ériger en «parrain», en s’immisçant dans ce qui s’apparente à une ingérence, dans les affaires des clubs. De quel «climat adéquat» parle finalement Raouraoua ? Car au lieu d’opter pour une vision plus «préventive», ne fallait-il pas plutôt procéder à des «sanctions» à l’encontre de ceux qui venaient de transgresser la réglementation? Le premier responsable de la FAF soutient encore que pour des raisons liées aux «difficultés financières», la décision de la FAF est en quelque sorte «judicieuse». À ce titre, il a rappelé que son instance a du intervenir dans le passé pour régulariser la situation de certains joueurs étrangers à la place de leurs clubs, en citant l’exemple du MOB. Or, normalement, c’est le club en question, qui doit assumer sa responsabilité et de respecter ses engagements envers le joueur.
F. Guellil

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