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INHUMÉ AU CIMETIÈRE D’EL ALIA : L’Algérie rend hommage au moudjahid Noureddine Djoudi

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Le moudjahid et ancien diplomate algérien Noureddine Djoudi a été inhumé, dimanche après la prière du Dohr, au cimetière d’El Alia, à Alger, alors que son décès est survenu, samedi, à l’âge de 92 ans à l’hôpital militaire d’Aïn Naâdja, et ce des suites d’une maladie.

Les obsèques du défunt se sont déroulées en présence d’une assistance nombreuse composée de membres de sa famille, de hauts responsables de l’État, de diplomates, de moudjahidine et de représentants de la société civile venus rendre un dernier hommage à celui qui est considéré comme l’un des témoins privilégiés de l’histoire de la Révolution algérienne et du soutien de l’Algérie aux mouvements de libération à travers le monde. Parmi les personnalités présentes figuraient le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, accompagné du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Lounès Magramane. Le ministre de la Santé, Seddik Aït Messaoudène, ainsi que le conseiller du président de la République chargé des affaires politiques et des relations avec la jeunesse, la société civile et les partis politiques, Mustapha Saïd, ont également pris part à la cérémonie.

Un homme de la première heure

Dans une oraison funèbre prononcée à cette occasion, le chef de cabinet du ministère des Moudjahidine et des Ayants droit, Karim Belhadad, a salué les qualités humaines et patriotiques du défunt, qualifié d’« homme exceptionnel ». Il a rappelé que Noureddine Djoudi avait rejoint très tôt les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN), participant activement à la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. Né en 1934, Noureddine Djoudi a suivi un parcours académique à l’étranger avant de s’engager dans la lutte nationale. Après l’obtention d’une licence en littérature anglaise à Montpellier en 1955, il poursuit ses études à Londres où il représente le Front de libération nationale (FLN). Il effectue également un séjour aux États-Unis avant d’intégrer les unités de l’ALN stationnées sur les frontières ouest du pays, où il est affecté aux services du commissariat politique.

Témoin privilégié de la rencontre entre le FLN et l’ANC

Au cours de la guerre de libération, Noureddine Djoudi a joué un rôle particulier dans l’histoire des relations entre les mouvements de libération africains. Il fut notamment interprète et instructeur aux maniements des armes pour le leader sud-africain Nelson Mandela lors de son passage dans les camps de l’ALN. Cette expérience a fait de lui un témoin direct et privilégié de la rencontre historique entre le Congrès national africain (ANC) et le FLN, marquant le début d’une coopération politique et stratégique qui influencera durablement les luttes de libération sur le continent africain.

Une longue carrière diplomatique au service de l’Afrique

Après l’indépendance de l’Algérie, Noureddine Djoudi poursuit son engagement au service du pays à travers une longue et riche carrière diplomatique. Il occupe plusieurs postes dans différentes capitales africaines, notamment à Nairobi, Dar es-Salaam, Lagos, Luanda et Pretoria. Durant cette période, il contribue activement au soutien apporté par l’Algérie aux mouvements de libération africains, notamment en Angola, au Mozambique et au Congo. Il côtoie alors plusieurs grandes figures du continent telles que Julius Nyerere, Amílcar Cabral, José Eduardo dos Santos, Modibo Keïta ou encore Kwame Nkrumah. Noureddine Djoudi a également exercé la fonction de secrétaire général adjoint de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), où il a consacré son mandat à la défense des idéaux panafricains et à l’accompagnement des luttes pour l’indépendance des peuples africains encore sous domination coloniale.

Un acteur du rayonnement diplomatique de l’Algérie

Tout au long de sa carrière, le défunt a occupé plusieurs fonctions diplomatiques importantes. Il a notamment été ambassadeur d’Algérie à La Haye et représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), où il a présidé la Conférence des États parties. Ses missions diplomatiques ont contribué à renforcer la présence et le rayonnement de l’Algérie sur la scène internationale. Reconnu pour son professionnalisme et son engagement, il était considéré comme l’une des figures marquantes de la diplomatie algérienne issue de la génération de la Révolution. En 2024, il a été élu président de l’Association internationale des Amis de la Révolution algérienne (AIARA), poursuivant ainsi son travail de préservation de la mémoire historique et de promotion des valeurs de la Révolution.

Hommages et messages de condoléances

La disparition de Noureddine Djoudi a suscité de nombreuses réactions et messages de condoléances au sein des institutions de l’État et du corps diplomatique. Le ministre de la Communication, Zouhir Bouamama, a exprimé sa profonde tristesse à l’annonce de sa disparition, saluant un diplomate qui s’est distingué par son engagement et son dévouement au service de l’Algérie et de ses causes dans les forums internationaux. De son côté, le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tacherifet, a souligné que la disparition du défunt représente une grande perte pour l’Algérie, rappelant son parcours exemplaire marqué par l’intégrité, l’engagement et la fidélité aux valeurs de la Révolution. Des diplomates, anciens ministres, militants des droits de l’homme ainsi que de nombreux membres de l’Association internationale des Amis de la Révolution algérienne ont également rendu hommage à celui qui était considéré comme le doyen des diplomates algériens.

Un héritage politique et moral

Pour ceux qui l’ont connu et côtoyé, Noureddine Djoudi restera l’incarnation d’une génération de militants et de diplomates ayant contribué à porter la voix de l’Algérie indépendante sur la scène internationale. Attaché aux valeurs de liberté, de justice et de solidarité entre les peuples, il a consacré sa vie à défendre les causes des peuples opprimés et à promouvoir la coopération entre les nations africaines. Avec sa disparition, l’Algérie perd l’un de ses témoins majeurs de la Révolution et l’une des figures emblématiques de sa diplomatie. Son parcours, marqué par l’engagement, la loyauté et la fidélité aux idéaux de Novembre, demeure un héritage important pour les générations futures. 

M. Seghilani 

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