Marche des étudiants

Imposante marche de la communauté universitaire, hier, à Alger : Les étudiants annoncent le maintien du cap de la mobilisation en ce mois sacré

Avant le 12eme vendredi de mobilisation populaire pacifique à travers le pays, vendredi prochain, les imposantes marches des étudiants et enseignants, hier, à travers le pays, démontrent la cadence soutenue du maintien de la mobilisation, durant le mois de Ramadhan, pour le changement du système politique en place et l’édification d’un État de droit.

Hier, c’était le premier mardi du mois sacré, et les étudiants ont répondu au discours, de dimanche dernier du chef de l’Etat, en réaffirmant, leur opposition à sa feuille de route et le départ des figures du système.
Pour leur 11e mardi de mobilisation et de marches pacifiques, les étudiants et leurs enseignants ont montré, hier, à, Alger, sur l’esplanade de la Grande Poste, et dans l’avenue Pasteur, que leur mouvement ne risque pas de s’essouffler, en étant très nombreux au rendez-vous du mardi de la communauté universitaire, à Alger et ailleurs, à travers le pays. Ainsi, contrairement à ce qui était redouté et avancé ici et là, le mois de Ramadhan pourrait être un obstacle pour la continuité du mouvement populaire pacifique citoyen que connait le pays depuis le 22 février dernier, pour le changement du système politique en place, le monde universitaire  et malgré la chaleur et le jeûne, a répondu présent. Ainsi,  l’affluence estudiantine constatée, hier, sur place, à la Grande Poste, à la Place Maurice Audin et à l’avenue Pasteur, à Alger, n’a pas du tout baissé. Àleur rendez-vous, le 11eme du genre, depuis le premier, le 26 février dernier, les étudiants et enseignants universitaires ont voulu qu’il soit « une réponse rapide, et surtout claire, à Bensalah», nous a lancé l’un des étudiants rencontré sur place, expliquant que « le monde universitaire dit Non à la présidentielle du 4 juillet » et « exige le départ du système en place ».
Et pour le montrer, une large banderole était portée par des étudiants, sur laquelle on pouvait lire « Étudiants instruits jamais soumis.» il y a lieu de noter dans ce sillage, que durant la soirée du dimanche dernier, le chef de l’État par intérim, Abdelkader Bensalah, s’est adressé à la nation et a réitéré le contenu de sa feuille de route portant sur l’élection présidentielle du 4 juillet prochain, qui doit se tenir, « dans les délais » et comme « unique solution à la crise politique » à laquelle est confronté le pays. Au niveau de la Grande Poste, les étudiants ont organisé un sit-in. Ils ont appelé au départ des figures du système, notamment les 3B, en scandant « oh viva l’Algérie, Yetnahaw Gaâ ( qu’Ils partent tous) », ou encore “makanch intikhabat mâa l’issabat” (Il n’y aura pas d’élections avec les bandits) ». Les étudiants nous ont déclaré, hier, qu’ils peuvent durcir le ton à l’avenir, « pacifiquement » nous lance l’un d’eux, et de préciser « nous pourrons programmer nos sorties de mobilisation durant la soirée s’il le faut.». Amina, étudiante à l’USTHB de Bab Ezzouar, nous dira : « nous sommes là aujourd’hui pour porter la voix du peuple » , et pour montrer, poursuit-elle, «  le chemin aux manifestants qui j’espère seront nombreux à répondre présent durant le prochain vendredi de mobilisation populaire citoyenne pacifique, le 12eme, je vous le rappelle » a-t-elle précisé. Et c’est à Melissa, de  nous préciser que « le monde universitaire est déterminé à maintenir la pression par le maintien de son rythme, en soutien au mouvement populaire pacifique, » ajoutant que «nous voulons une période de transition dont la légitimité est tirée du peuple, sans les ‘’3 B’’ Bensaleh, Bedoui et Bouchareb», une phrase effectivement, notons-le, brandie sur une pancarte où l’on pouvait lire « nos revendications sont légitimes, le peuple veut des élections transparentes. Sans cela, nous ne serons pas satisfaits.»
 Mohamed Amrouni