Importation de véhicules : l’auto fait marche arrière

La stratégie mise en œuvre par le gouvernement portant sur l’assainissement du secteur automobile en général, et la réduction de la facture d’importation des véhicules en particulier semble porter ses fruits. C’est du moins là un fait perceptible, dont les récentes données révélées par l’administration des Douanes en sont la parfaite illustration.

En effet, ce qui n’était qu’une vision d’esprit durant la période de l’aisance financière, aura été une exigence effective imposée plus tard, soit au lendemain du recul des ressources publiques qui tient son origine du flottement des marchés pétroliers à l’international. Concrètement, et pour freiner l’hémorragie financière induite par une importation accrue des véhicules, le ministère du Commerce a déclaré la guerre aux concessionnaires automobiles, accusés d’être à l’origine de tous les maux du secteur.
Ainsi, l’Algérie importe en moyenne entre 350 000 et 400 000 mille unités de véhicules par an, pour une valeur marchande s’élevant à 5 milliards de dollars, rien que ça. Un état de fait qui a poussé le ministère du Commerce à déclarer la guerre aux concessionnaires automobiles, accusés de faire main basse sur un secteur, qui amenuise plus qu’il n’en rapporte à la trésorerie de l’État. Pour ce faire, des licences d’importation ont été exigées aux concessionnaires désireux d’effectuer des opérations d’importation, lesquels se doivent-ils de s’accommoder avec ce nouveau régime restrictif qui est entré en vigueur à partir du 5 janvier dernier.
Suivant la même mesure, les établissements financiers ont été ordonnés de geler les domiciliations bancaires autorisant les opérateurs à effectuer les transactions financières pour le besoin des importations, et ce jusque à nouvel ordre. En termes de défi, le gouvernement s’est assigné comme objectif de plafonner les importations et limiter le nombre des unités à acquérir au courant de l’année 2016 à 152 000.
Certes, cette nouvelle loi a fait bien des malheureux parmi les concessionnaires, obligés à demander autorisation auprès du ministère du Commerce, qui fixe les quotas du volume de la marchandise à importer pour chaque opérateur. Mais, ce nouveau dispositif permettra à l’État d’arrêter la saignée financière, de rentabiliser et surtout de reprendre le contrôle sur un secteur qui lui a longtemps échappé.
En effet, selon la procédure de traitement du dossier du demandeur, il y est tenu compte du courant d’échanges traditionnels de celui-ci.
Autrement dit, la part de marché détenue habituellement par chaque concessionnaire sera respectée par ladite procédure. Revenant aux chiffres rendus publics, hier, par le CNIS (Centre national de l’information statistique), les données font état d’une baisse de 62,64% de la facture des importations de véhicules en janvier 2016 par rapport à la même période de l’année dernière. Selon les mêmes données qui suivent la même comparaison périodique, cela correspond à un volume d’achat arrêté à 9 309 unités contre 27 497 unités, soit une baisse de deux tiers (2/3). En termes financiers, la valeur marchande de la première quantité équivaut à 141,16 millions de dollars USD et la deuxième correspond à une facture s’élevant à 377,88 millions USD.
D’autre part, fort est de constater qu’à la lumière de ces nouvelles données, c’est le grand affaissement chez les grosses pointures parmi les concessionnaires, comme le montrent les chiffres révélés par le CNIS. Ainsi, les plus grands importateurs de véhicules ont enregistré une baisse en valeur marchande oscillant entre 29 et 97% suivant un recul quantitatif se situant entre 1 et 98%, a détaillé le même service relevant des Douanes.
Sur un autre registre, l’entrée en production de l’usine Renault Algérie à Oran, et en prévision du lancement d’autres producteurs qui ont annoncé leur installation dans le pays tel que Peugeot, dont le projet est en passe d’être réalisé, est l’autre nouvelle donne qui a fait qu’une partie de la demande locale est satisfaite alors que sur le plan de la stratégie économique, cela représente un palliatif pour réduire les importations.
D’ailleurs, les mêmes chiffres ont fait état d’une baisse importante enregistrée parmi les concessionnaires qui importent des véhicules en provenance des pays asiatiques et de l’Allemagne. Cependant, la raison de l’importation de véhicules (9 309 unités) au courant du mois de janvier dernier en dépit du gel des domiciliations bancaires durant cette période, est due au fait que les documents bancaires y afférents ont été effectués bien avant la rentrée en vigueur de la loi sur la licence d’importation.
D’ailleurs, un autre arrivage qui est tout aussi exclu des nouvelles dispositions est prévu pour ce mois de février. C’est ce qu’à affirmé Sefiane Hasnaoui, président de l’AC2A (Association des concessionnaires automobiles d’Algérie). Faut-il souligner que les licences d’importation concernent, à présent, une liste de trois produits. Il s’agit du ciment et du rond à béton en plus, bien, entendu des véhicules.
Farid Guellil