Le bilan de l’agression sioniste contre la bande de Ghaza continue de s’alourdir dramatiquement. Selon des sources médicales palestiniennes, le nombre total de victimes s’élève désormais à 72 134 martyrs et 171 828 blessés, parmi lesquels figurent un grand nombre d’enfants, de femmes et parfois des familles entières. Deux ans après le début de l’offensive, les équipes de secours poursuivent encore les opérations de recherche et d’extraction de corps sous les décombres des habitations et immeubles détruits dans plusieurs régions de l’enclave. Au cours des dernières 24 heures, les hôpitaux de Ghaza ont enregistré l’arrivée de deux nouvelles victimes, martyrisés à la suite des violations sionistes répétées de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre dernier. Parallèlement, les forces d’occupation sioniste maintiennent la fermeture de la mosquée Al-Aqsa à El-Qods occupée, interdisant l’accès aux fidèles et aux visiteurs pour le onzième jour consécutif, tout en imposant un dispositif militaire strict aux portes du site et aux entrées des villes et localités de Cisjordanie occupée. Dans ce contexte, les forces sionistes ont également arrêté au moins six Palestiniens et procédé à la détention de plusieurs autres lors de raids menés dans différents quartiers de Cisjordanie occupée, notamment dans les villes de Ramallah, Tulkarem et Naplouse. Dans une tente délabrée près du littoral de la région d’Al-Mawasi, au sud de Ghaza, Hind, une jeune femme de 22 ans, tente tant bien que mal de protéger son nouveau-né du froid hivernal. L’enfant, né avec une grave infection pulmonaire, passe ses journées dans une couveuse d’un des rares hôpitaux encore opérationnels dans l’enclave. La jeune mère raconte qu’elle ne pesait guère plus de 43 kilogrammes au moment de l’accouchement après avoir souffert de malnutrition sévère durant sa grossesse. Son autre enfant, âgé d’à peine un an et demi, souffre-lui aussi de maladies liées au froid et à l’humidité qui envahissent leur abri de fortune. Ce témoignage n’est pas un cas isolé. Selon un nouveau rapport publié par Amnesty International, l’impact dévastateur et multidimensionnel de la guerre menée par Israël contre Ghaza depuis près de 29 mois a poussé les femmes et les filles palestiniennes au bord de l’effondrement physique et psychologique.
Des conditions de vie insoutenables
Le rapport souligne que les bombardements intensifs, les déplacements forcés de masse et les restrictions imposées à l’entrée de l’aide humanitaire ont créé des conditions de vie extrêmement difficiles, menaçant la survie de la population civile. Les femmes, en particulier les femmes enceintes, les mères allaitantes et celles souffrant de maladies chroniques, supportent une charge disproportionnée. La secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, affirme que les femmes de Ghaza paient « un prix extrêmement lourd » dans cette guerre, décrivant leur quotidien comme « une lutte permanente pour survivre au milieu d’une succession de catastrophes ». Elle estime que la situation n’est pas simplement une conséquence indirecte du conflit, mais le résultat de politiques israéliennes incluant les déplacements forcés et les restrictions sévères sur l’entrée des biens essentiels.
Effondrement du système de santé
L’un des effets les plus graves du conflit est l’effondrement quasi total du système de santé, notamment dans les domaines de la santé maternelle et néonatale. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé, près de 60 % des structures de santé à Ghaza sont désormais hors service. Les établissements encore opérationnels souffrent d’un manque critique d’équipements, de médicaments et de personnel médical. Les données du ministère de la Santé indiquent que 46 % des médicaments essentiels sont totalement indisponibles, y compris ceux nécessaires pour les accouchements, le traitement des hémorragies post-partum, les anesthésiques et les antibiotiques. Dans certains hôpitaux, les unités de soins intensifs néonatals fonctionnent à 150 à 170 % de leur capacité, au point que trois nourrissons doivent parfois partager une seule couveuse.
Cancer et maladies chroniques : des patients abandonnés
Les malades atteints de cancer comptent parmi les victimes les plus durement touchées par l’effondrement du système de santé. Plus de 18 500 patients à Ghaza auraient besoin de soins médicaux urgents indisponibles dans l’enclave. Depuis la réouverture partielle du poste-frontière de Rafah en février 2026, les Nations unies n’ont pu évacuer que 289 patients accompagnés de leurs proches pour recevoir un traitement à l’étranger. Ces opérations ont cependant été suspendues après l’escalade militaire régionale survenue fin février. La situation est aggravée par la destruction de l’hôpital turc de l’Amitié, qui constituait auparavant le principal centre de traitement du cancer dans la bande de Ghaza.
Appels à une mobilisation internationale
Dans son rapport, Amnesty International appelle la communauté internationale à exercer des pressions diplomatiques et économiques sur l’entité sioniste afin de mettre fin aux attaques et lever les restrictions imposées à l’aide humanitaire. L’organisation demande également de faciliter les évacuations médicales et de garantir l’accès aux services de santé reproductive et maternelle, tout en soutenant les organisations locales dirigées par des femmes. Malgré les conditions extrêmes, de nombreuses Palestiniennes continuent de maintenir les structures sociales de leur communauté, en prenant soin de leurs familles ou en travaillant dans l’éducation et les services médicaux au sein de camps de déplacés ou d’hôpitaux de campagne. Pour Amnesty International, leur résilience représente une source d’inspiration, mais elle souligne aussi que la communauté internationale tarde à agir face à une catastrophe humanitaire qui ne cesse de s’aggraver dans la bande de Ghaza.
M. S.













































