Malgré l’entrée en vigueur d’un accord de cessez-le-feu censé freiner l’escalade militaire et protéger les civils, la bande de Ghaza continue d’être le théâtre de violences meurtrières. Depuis hier matin, trois Palestiniens, dont un adolescent de 15 ans, ont été martyrisés par des tirs sionistes, tandis que plusieurs autres ont été grièvement blessés dans différentes régions du territoire. Selon le ministère palestinien de la Santé à Ghaza, ces nouvelles victimes viennent alourdir un bilan déjà catastrophique. Depuis octobre 2023, 71 386 Palestiniens ont été martyrisés et 171 264 blessés, un chiffre qui illustre l’ampleur de la guerre menée contre la population civile et l’effondrement humanitaire du territoire assiégé. Parmi les victimes figure Alaa Eddine Mohammed Zouheir Asraf, un adolescent de 15 ans, tué par balle dans la zone de Joura Al-Lout, au sud de Khan Younès. Cette zone fait pourtant partie des secteurs dont l’armée israélienne s’est officiellement retirée conformément aux dispositions du cessez-le-feu. Sa mort soulève une nouvelle fois de graves interrogations sur le respect réel de cet accord et sur la sécurité des civils dans les zones dites « désengagées ». À Rafah, au sud de Ghaza, Fadi Najib Imad Salah a également été tué par des tirs israéliens au nord-ouest de la ville. Des sources locales rapportent qu’un drone israélien a ouvert le feu dans une zone censée être épargnée par les opérations militaires. Son corps a été transporté à l’hôpital Nasser de Khan Younès, déjà saturé par l’afflux incessant de blessés et de victimes. Un autre drame a frappé la communauté des pêcheurs, déjà lourdement touchée par le blocus maritime. Abdel Rahman Abdel Hadi Al-Qan, 32 ans, a été abattu alors qu’il se trouvait en mer. La marine israélienne a ouvert le feu au large des côtes de Khan Younès et de Rafah, tuant le pêcheur et blessant un autre palestinien près de Deïr Al-Balah. Ces attaques répétées contre les pêcheurs privent des milliers de familles de leur seule source de subsistance. Les violences ne se sont pas limitées aux tirs directs. Des avions de chasse israéliens ont mené une série de frappes aériennes sur le nord et l’ouest de Rafah, tandis que des opérations de destruction de bâtiments résidentiels ont été signalées dans les quartiers est de Khan Younès. Ces actions se sont accompagnées de tirs d’artillerie dans des zones pourtant régies par l’accord de cessez-le-feu. Dans le centre de la bande de Ghaza, des véhicules militaires israéliens ont tiré de manière indiscriminée vers les zones orientales du camp de réfugiés d’Al-Bureïj, ajoutant à la panique des civils déplacés à plusieurs reprises depuis le début de la guerre.
Ces événements relancent les accusations de violations systématiques du droit international humanitaire. Des organisations de défense des droits humains dénoncent une politique de tirs ciblant des civils dans des zones censées être sécurisées, ainsi que l’usage persistant de la force malgré les engagements officiels de désescalade. Alors que Ghaza continue de s’enfoncer dans une crise humanitaire sans précédent, marquée par la destruction des infrastructures, l’effondrement du système de santé et la précarité extrême de la population, ces nouvelles victimes rappellent une réalité brutale : le cessez-le-feu reste fragile, incomplet et largement bafoué, laissant les civils palestiniens exposés à une violence quotidienne et à une impunité persistante.
M. S.












































