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GHAZA : 100 enfants ont perdu la vie depuis octobre

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Onze Palestiniens, parmi lesquels trois journalistes, ont été martyrisés hier lors de tirs et de bombardements sionistes visant plusieurs régions de la bande de Ghaza, selon des sources locales. Sept victimes ont été recensées dans le centre du territoire, deux dans le sud et deux autres dans le nord. Les trois journalistes ont péri après le bombardement de leur bureau au cœur de l’enclave.

Ces nouvelles victimes s’ajoutent à un lourd bilan humain enregistré depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre dernier. En dépit de l’accord, 1 820 Palestiniens ont été tués ou blessés à la suite de 1 300 violations imputées à l’armée israélienne. Dans ce contexte, l’Organisation des Nations unies pour l’enfance (Unicef) tire la sonnette d’alarme. Son porte-parole, James Elder, en mission sur le terrain à Ghaza, affirme que les enfants continuent de mourir à cause des attaques militaires et des conditions climatiques extrêmes, malgré la trêve en cours. Selon lui, 100 enfants ont perdu la vie depuis octobre, soit une moyenne d’un enfant par jour. Le responsable onusien décrit une situation humanitaire « d’une brutalité extrême », marquée par des tempêtes, des pluies abondantes, des vents violents et l’absence quasi totale de moyens de chauffage dans les camps de déplacés. Des familles entières vivent sous des tentes, dans un contexte de malnutrition prolongée qui affaiblit dangereusement les défenses immunitaires, en particulier celles des enfants. Si certaines avancées ont été observées depuis le cessez-le-feu, notamment l’ouverture de centres éducatifs et de structures de santé, James Elder souligne que ces mesures restent largement insuffisantes face à l’ampleur des besoins. Il dénonce la poursuite des restrictions imposées à l’entrée de médicaments essentiels et de gaz de cuisson, alors que la population demeure exposée à des risques mortels. L’Unicef rapporte qu’au moins sept enfants sont morts d’hypothermie cet hiver, un chiffre appelé à augmenter. Le ministère palestinien de la Santé a récemment confirmé neuf décès d’enfants dus au froid depuis le début de la saison hivernale. Par ailleurs, l’agence onusienne s’inquiète des conséquences de la décision israélienne de restreindre ou d’interdire l’action de plusieurs organisations humanitaires internationales, dont Médecins Sans Frontières. Une telle mesure, avertit l’Unicef, pourrait aggraver considérablement la crise humanitaire dans les semaines à venir. Malgré les efforts déployés, notamment le retour de près de 150 000 enfants sur les bancs de l’école, seuls un enfant sur cinq a aujourd’hui accès à l’éducation à Ghaza. « Les besoins restent immenses », conclut James Elder, appelant à l’ouverture immédiate et sans restriction des points de passage pour l’aide humanitaire, condition indispensable pour éviter une catastrophe humanitaire encore plus grave.

M. S.

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