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FRAPPES, EFFONDREMENTS DE BÂTISSES ET PÉNURIES ALIMENTAIRES ET SANITAIRES : La catastrophe humanitaire s’aggrave à Ghaza 

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Trois déplacés palestiniens sont morts et plusieurs autres blessés dans la nuit d’hier après l’effondrement d’un mur d’un bâtiment endommagé par un bombardement israélien antérieur dans la zone d’Al-Mawasi, à l’ouest de Khan Younès, dans le sud de la bande de Ghaza.

L’incident illustre une nouvelle fois les dangers auxquels sont confrontées des milliers de familles contraintes de s’abriter près de bâtiments détruits ou fragilisés après la destruction de leurs maisons.

Selon les équipes de la Défense civile dans la province de Khan Younès, les opérations de recherche ont pris fin après l’effondrement d’un mur de l’enceinte du bâtiment du Collège Al-Ribat, qui s’est abattu sur des tentes abritant des déplacés dans la zone d’Al-Mawasi. La chute du mur a fait trois morts et plusieurs blessés. Les victimes ont été identifiées comme étant Intissar Awda Abou Dan (65 ans), Tasnim Iyad Barbak (19 ans) et l’enfant Hosni Raafat Hosni Abou Taha (5 ans). Parallèlement, 16 Palestiniens ont été tués et plusieurs autres blessés dans la bande de Ghaza au cours des dernières 24 heures, selon des sources locales, en raison de violations continues de l’accord de cessez-le-feu par les forces sionistes, entré dans son 158e jour. Dans le détail, le ministère de l’Intérieur à Ghaza a annoncé la mort du directeur de la police d’intervention dans la province centrale, le colonel Iyad Abou Youssef, ainsi que huit policiers, après qu’un drone israélien a ciblé un véhicule de police sur la route Salah Al-Din, près de l’entrée de la ville d’Al-Zawaïda, au centre de la bande de Ghaza. Hier au petit matin, des avions sionistes ont frappé le sud de Khan Younès, tandis que les forces israéliennes ont ouvert le feu à l’est de la ville de Ghaza. Des sources médicales ont également annoncé la mort de Naël Al-Barawi, un cadre des Brigades Al-Qassam, qui a succombé à des blessures subies lors d’une frappe une semaine plus tôt. Dans la soirée de dimanche, trois corps et deux blessés ont été admis au complexe médical Nasser après l’effondrement d’un mur sur des tentes de déplacés, parmi lesquels un enfant. Depuis l’annonce du cessez-le-feu le 11 octobre, le nombre total de morts s’élève à 673, tandis que 1 770 personnes ont été blessées. Les équipes de secours ont également récupéré 756 corps sous les décombres. Depuis le début de l’offensive israélienne le 7 octobre 2023, le bilan global s’élève à plus de 72 247 morts et 171 878 blessés, selon des sources médicales à Ghaza. Au cours des dernières 24 heures seulement, les hôpitaux de la bande de Ghaza ont enregistré huit nouveaux décès et 17 blessés. Les mêmes sources ont indiqué que trois personnes ont également été tuées et quatre blessées à la suite d’un effondrement de mur, ce qui porte à 28 le nombre total de victimes d’effondrements de bâtiments causés notamment par les intempéries hivernales et les structures fragilisées par les bombardements. Plusieurs victimes demeurent encore coincées sous les décombres ou sur les routes, les équipes de secours et de défense civile étant incapables d’y accéder en raison du manque d’équipements et de la poursuite des hostilités.

Violations du cessez-le-feu

Un Palestinien a également été tué par des tirs des forces sionistes près du complexe médical Nasser à Khan Younès. La victime a été identifiée comme étant Baha Mahmoud Jadallah Al-Qara. Un enfant a par ailleurs été blessé par balles dans la ville de Beit Lahia, dans le nord de la bande de Ghaza. Dimanche, neuf policiers avaient déjà été tués lorsque l’armée israélienne a ciblé leur véhicule à l’entrée de la localité d’Al-Zawaïda. Depuis le 10 octobre, les forces israéliennes sont accusées de poursuivre des violations du cessez-le-feu par des frappes aériennes, des bombardements d’artillerie et des tirs dans plusieurs régions de la bande de Ghaza. Selon un rapport statistique quotidien sur ces violations, le nombre total de victimes depuis le cessez-le-feu s’élève à 671 morts, dont 199 enfants, 81 femmes et 21 personnes âgées. Ces catégories représentent 45,5 % des victimes. Le nombre de blessés atteint 1 762, parmi lesquels 526 enfants, 351 femmes et 93 personnes âgées, soit plus de 55 % de personnes appartenant aux catégories les plus vulnérables.

Des bâtiments menacent ruine

L’effondrement du mur à Khan Younès intervient dans un contexte de multiplication d’accidents similaires. Dans plusieurs régions de la bande de Ghaza, des familles déplacées n’ont d’autre choix que d’installer leurs tentes à proximité de bâtiments gravement endommagés ou à l’intérieur de structures fragilisées. L’absence d’abris sûrs et le manque de moyens pour enlever les décombres ou sécuriser les constructions menacent directement la sécurité de milliers de civils.

Des spécialistes et des équipes de secours avertissent que des centaines de bâtiments partiellement endommagés par les bombardements risquent de s’effondrer à tout moment, en particulier lorsque leurs abords servent de zones d’hébergement pour les déplacés. Ces effondrements provoquent régulièrement des tragédies qui viennent alourdir le bilan humain déjà extrêmement lourd du conflit.

450 enfants en attente de soins urgents

Parallèlement à la crise sécuritaire, les autorités sanitaires de Ghaza alertent sur une catastrophe humanitaire imminente touchant les enfants. Le directeur général du secteur de la santé à Ghaza, Mounir Al-Barsh, a averti que 450 enfants souffrant de maladies graves ont besoin d’être transférés d’urgence à l’étranger pour subir des opérations complexes ou des traitements spécialisés indisponibles dans l’enclave. Selon lui, ces cas ont déjà reçu les autorisations nécessaires de l’Organisation mondiale de la santé et des programmes de traitement à l’étranger, ainsi que l’approbation des autorités compétentes aux points de passage. Cependant, aucun pays ni établissement médical n’a encore accepté de les accueillir. « Les enfants de Ghaza vivent entre la vie et des frontières fermées », a déclaré le responsable sanitaire, soulignant que chaque jour de retard aggrave leur état de santé. La crise alimentaire refait également surface dans la bande de Ghaza, dans un contexte de tensions régionales accrues et de restrictions renforcées sur les points de passage.

Des organisations humanitaires craignent que la diminution du nombre de camions transportant nourriture, carburant et marchandises vers l’enclave provoque un retour de famine. Selon des rapports de terrain, l’entrée des marchandises a nettement diminué ces derniers jours, notamment via le point de passage de Kerem Shalom, principal passage commercial vers Ghaza. Le passage de Rafah reste quant à lui totalement fermé, empêchant à la fois l’entrée de l’aide humanitaire et la sortie des malades et des blessés vers l’étranger.

Dans les marchés locaux, les prix des produits alimentaires de base – farine, riz et huiles – ont fortement augmenté. Plusieurs produits commencent même à disparaître progressivement des étals. Les organisations humanitaires estiment que plus de deux millions de Palestiniens dans la bande de Ghaza dépendent désormais de l’aide humanitaire pour couvrir leurs besoins alimentaires quotidiens. Les estimations indiquent que le territoire a besoin d’au moins 600 camions d’aide par jour pour répondre aux besoins minimums de la population, alors que les quantités actuelles ne dépassent pas 40 % de ce chiffre. Le taux de pauvreté à Ghaza atteindrait désormais 81,5 %, après la destruction massive des infrastructures, des terres agricoles et des installations industrielles.

Une crise énergétique aggravée

La population fait également face à une crise énergétique aiguë. Après la destruction d’environ 80 % des infrastructures électriques durant la guerre, les générateurs commerciaux sont devenus la principale source d’électricité. Or, le prix du kilowatt-heure fourni par ces générateurs est passé d’environ 18 shekels à près de 25 shekels, atteignant parfois 27 shekels dans certaines zones. Pour de nombreuses familles, ces hausses rendent l’accès à l’électricité presque impossible dans un contexte de chômage élevé et de revenus très faibles. Les autorités locales ont annoncé des mesures visant à réguler le fonctionnement des générateurs privés, notamment en fixant un plafond pour les frais d’abonnement et les coûts d’installation. Malgré ces tentatives de régulation, la crise énergétique demeure un lourd fardeau pour les habitants, contraints de réduire leur consommation au strict minimum pour pouvoir continuer à éclairer leurs logements, charger leurs téléphones ou faire fonctionner quelques appareils essentiels.

Dans ce contexte de guerre prolongée, de destructions massives et de restrictions persistantes sur l’aide humanitaire, les organisations internationales avertissent que la bande de Ghaza se rapproche d’une nouvelle phase de dégradation humanitaire sévère, susceptible de plonger des millions de civils dans une crise encore plus profonde. 

M. Seghilani 

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