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Faux tickets, accès sauvages, surcharge : La FAF réduit les sièges

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La FAF a annoncé lundi soir une série de mesures restrictives à la suite du drame du 21 juin, qui a vu quatre jeunes perdre la vie dans les tribunes du 5-Juillet. Mais plutôt que de traiter les vraies causes du chaos, elle choisit des solutions faciles : réduire la capacité des stades et interdire les déplacements de supporters.
Or, les technologies existent, les outils aussi… Ce qui manque, c’est le sérieux dans leur mise en œuvre.
Réuni en urgence lundi dernier à Dely Brahim, le Bureau fédéral de la FAF a d’abord observé une minute de silence en mémoire des quatre supporters décédés. Puis il a annoncé des mesures fortes : réduction de 25 % des capacités d’accueil dans les stades, interdiction de tout déplacement de supporters jusqu’à la fin de la phase aller 2025-2026, et annonce d’un « suivi rigoureux » des travaux de mise en conformité. Cette réaction, censée rassurer l’opinion, évite soigneusement de s’attaquer aux causes structurelles du problème. Car le 21 juin, le stade du 5-Juillet ne contenait pas simplement 60 000 personnes, sa capacité maximale : il en contenait bien plus. Pourtant, seuls 50 000 billets avaient été officiellement mis en vente. Ce n’était pas une première. Depuis des années, les grandes affiches à Alger se jouent devant des gradins débordant de spectateurs, sans lien logique entre les chiffres de la billetterie et la réalité. Le problème ne vient donc ni de la capacité théorique du stade, ni du nombre de billets vendus : il vient de la façon dont l’accès est géré.
Officiellement, les billets sont aujourd’hui sécurisés : QR code unique, nom et prénom du détenteur, contrôle par scanner à l’entrée. Mais dans la réalité, ce système est miné par des pratiques bien connues. Des agents censés contrôler les accès laissent passer leurs amis, voire de parfaits inconnus, sans vérification. D’autres ferment les yeux sur des billets falsifiés. Résultat : des milliers de personnes se retrouvent entassées, au mépris de toutes les règles de sécurité. Ce n’est donc pas la technologie qui fait défaut, mais son application. Tant que ces passes-droits seront tolérés, aucun système, aussi sophistiqué soit-il, ne pourra empêcher les drames. Ce laxisme, ancré dans les habitudes de gestion des stades, est une bombe à retardement. Il transforme chaque match populaire en potentiel désastre.
Autre point de crispation : l’interdiction du déplacement des supporters. Cette mesure, censée calmer les tensions, ressemble en réalité à une punition collective. Elle prive des milliers de fans respectueux de leur droit légitime à suivre leur équipe. Elle dévitalise les tribunes, détruit l’ambiance, et renforce le sentiment d’abandon. Des solutions existent pourtant : billetterie réservée aux visiteurs, quotas clairs, encadrement par les clubs, transport sécurisé. Mais elles exigent du travail, de la coordination, de la rigueur. On préfère interdire, par facilité.

Des solutions concrètes et réalistes
Face à ces constats, des alternatives plus modernes, plus justes et plus efficaces peuvent être envisagées. La première serait de mettre en place un système d’abonnement numérique : chaque supporter aurait une carte personnalisée, liée à sa pièce d’identité, avec un historique de ses achats. Cela permettrait un meilleur suivi, moins de files aux guichets, et une responsabilité partagée entre clubs, ligues et autorités. Deuxième proposition : la diffusion des matchs à grande importance sur écrans géants, dans les places publiques, stades secondaires ou centres culturels, comme cela se fait pour les matchs de l’équipe nationale. Cela réduirait naturellement la pression sur les grandes enceintes et permettrait à plus de gens de vivre leur passion dans un cadre sécurisé. Enfin, il est impératif de professionnaliser la gestion des stades : former des agents d’accueil compétents, sanctionner les comportements complices, auditer les dispositifs de sécurité, installer des caméras aux points critiques, et surtout, faire respecter la loi avec la même fermeté pour tous.
La FAF a également parlé d’un « suivi rigoureux » des travaux de mise en conformité. Mais cela ne peut rester un slogan. Il faut des échéances claires, des responsabilités identifiées, des audits indépendants, et une transparence totale. Ce n’est qu’à ce prix que les supporters retrouveront confiance dans l’institution.
Faut-il vraiment vider les stades pour éviter les drames, ou suffit-il enfin de les gérer avec responsabilité ?
Mohamed Amine Toumiat

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