L’Algérie qui vient de définir et d’adopter une stratégie nationale de la sécurité des systèmes d’information qui s’étend sur la période 2025-2029, est en train de se doter de moyens juridiques et technologiques pour assurer la sécurité de ses systèmes d’information de toute intrusion malveillante.
A l’heure de la « cyber- war », de l’espionnage via des logiciels espions, des attaques de hackers, la vigilance est loin d’être un vain mot. Il y’a quelques jours, la mission permanente de l’Algérie auprès du Bureau des Nations unies à Genève en Suisse a présenté plusieurs éléments et préoccupations liés à la protection et à la sécurisation des données personnelles, ainsi qu’à la question de l’utilisation par certains pays de logiciels espions visant des personnalités politiques, parlementaires et journalistes à l’étranger. Elle a mis le Bureau des Nations unies devants ses responsabilités pour dénoncer ce que toute la planète a découvert il y a environ deux ans, le recours par le Makhzen (qu’elle n’a pas cité nommément ndlr), au piratage et à l’écoute de lignes téléphoniques de personnalités politiques européennes via le logiciel espion Pegasus. Il faut rappeler dans ce cadre « Pegasus » est un logiciel espion destiné à attaquer les smartphones sous iOS et Android. Il est conçu et commercialisé dès 2013 par l’entreprise israélienne NSO Group et les premières traces de ses intrusions n’ont été découvertes qu’en 2016. Le Maroc en a fait un outil au service de sa politique expansionniste. D’ailleurs certains médias européens n’hésitent pas à affirmer que des informations croustillantes pêchées dans les communications piratées de responsables européens ont été utilisées comme moyen de chantage pour obtenir le soutien de leurs pays au supposé plan marocain de règlement du conflit du Sahara occidental. La mission algérienne a mentionné, selon une publication sur son compte de la plateforme « X », que l’absence d’un cadre juridique international pour encadrer la collecte et le transfert des données personnelles de manière transfrontalière représente un grand défi pour la protection du droit à la vie privée. C’est un constat qui a poussé de nombreux observateurs à appeler à l’urgence de la mise en place d’un cadre juridique légal pour protéger à l’échelle mondiale les données personnelles notamment dans la perspective d’une explosion des échanges de données personnelles et bancaires à travers le monde. Elle a également présenté les mesures prises au niveau national pour contrer ces pratiques et violations, en soulignant le renforcement du cadre juridique de protection des données personnelles dans le but de « réguler les opérations de transfert de données transfrontalières, ainsi que le rôle de l’autorité nationale de protection des données personnelles dans un environnement numérique en constante évolution. La mission algérienne a souligné, lors de la session de dialogue interactif avec la rapporteuse spéciale sur le droit à la vie privée, son « inquiétude profonde » concernant l’utilisation par certains pays de logiciels espions, et s’est demandée dans quelle mesure le cadre juridique international relatif à la collecte et à la circulation des informations de manière transfrontalière peut contribuer à prévenir ces pratiques et garantir le respect du droit à la vie privée.
C’est une véritable préoccupation pour de nombreux pays du monde car le danger que fait planer la prolifération des moyens technologiques d’espionnage et de piratage et l’absence d’un cadre juridique mondial ouvre la voie à tous les risques. Si le monde s’est doté de mécanismes pour réguler et codifier l’accès à l’énergie atomique via l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), il est temps de mettre en place les moyens légaux qui réduisent le danger qui menace la libre circulation des données personnelles dans un environnement sûr et sécurisé qui protège la personne, son patrimoine, ses biens et qui protège même la souveraineté des pays.
Slimane B.










































