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26 février 2024
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MONDE

En signe d’avertissement à Washington et Séoul : La Corée du Nord dit avoir tiré un ICBM

La Corée du Nord a confirmé dimanche avoir tiré un missile balistique intercontinental (ICBM) la veille en signe d’avertissement à Washington et Séoul, affirmant que cet exercice « surprise » réussi démontre ses capacités de « contre-attaque nucléaire meurtrière ».

En réponse, l’armée sud-coréenne a dit dimanche avoir organisé des manœuvres aériennes conjointes avec les États-Unis, mobilisant des avions furtifs, au moins un bombardier américain de longue portée B-1B. « L’exercice a (permis de) montrer le déploiement opportun et immédiat des moyens américains de dissuasion étendue dans la péninsule coréenne », témoignant de la « force écrasante » des alliés, a déclaré le ministère sud-coréen de la Défense dans un communiqué. Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong Un, a ordonné samedi à 8H00 locales (23H00 GMT vendredi) de procéder à un « exercice de lancement » surprise. Un missile Hwasong-15 a ensuite été tiré depuis l’aéroport de Pyongyang durant l’après-midi, selon l’agence d’État KCNA. Le premier test d’un Hwasong-15 avait été conduit par Pyongyang en 2017. Séoul avait affirmé avoir détecté le lancement d’un ICBM samedi à 17H22 locales (08H22 GMT) qui, selon Tokyo, a volé pendant 66 minutes avant de tomber dans sa Zone économique exclusive (ZEE) et qui, selon ses observations, serait capable de frapper le continent américain. Pyongyang a salué l’essai – le premier du pays depuis sept semaines – qui démontre selon lui « la capacité (de combat) effective des unités ICBM, capables (d’effectuer) une contre-attaque mobile et puissante », a rapporté KCNA. Ce lancement est une « preuve évidente » de la fiabilité de la « puissante force de dissuasion nucléaire physique » de Pyongyang, a ajouté l’agence. Il est intervenu au moment où Séoul et Washington s’apprêtent à mener un exercice de simulation, qui doit se tenir la semaine prochaine dans la capitale américaine, afin de discuter des mesures à prendre en cas d’utilisation de l’arme nucléaire par Pyongyang. La Corée du Nord a menacé vendredi de réagir avec une force « sans précédent » aux manœuvres américano-sud-coréennes à venir, y voyant les préparatifs d’un conflit armé et la cause d’une détérioration de la situation sécuritaire sur la péninsule coréenne. Selon Ankit Panda, expert en sécurité établi aux États-Unis, le tir de samedi est d’une importance considérable car il « a été ordonné le jour même, il ne s’agit donc pas d’un +essai+ traditionnel, mais d’un exercice ». « Nous devons nous attendre à voir des exercices supplémentaires de ce type », indique-t-il à l’AFP.

Nouvelle étape
Park Won-gon, professeur à l’université Ewha, déclare que c’est la première fois que Pyongyang fournit un compte rendu détaillé depuis l’ordre de tir jusqu’au lancement. « L’indication claire de l’ordre de Kim Jong Un est significative », estime-t-il. Cet essai « montre que ces armes sont toutes déployées pour le combat réel et prêtes à être lancées à tout moment. » Pour Soo Kim, ancienne analyste de la CIA, les neuf heures écoulées entre l’ordre du dirigeant et le tir constituent toutefois « une durée longue ». Selon elle, Pyongyang pourrait être confronté à « de plus grands défis » s’il effectuait un lancement dans des conditions « réalistes ». Les relations entre Pyongyang et Séoul se trouvent déjà à leur niveau le plus bas depuis des années. En 2022, le Nord a qualifié d' »irréversible » son statut de puissance nucléaire et Kim Jong Un a appelé à une croissance « exponentielle » de la production d’armement, notamment d’armes nucléaires tactiques. Le président sud-coréen Yoon Suk Yeol a, en réponse, cherché à renforcer la coopération avec les États-Unis, son allié-clé dans le domaine de la sécurité, s’engageant à multiplier les exercices militaires conjoints et à améliorer l’offre élargie de Washington en matière de dissuasion, notamment par des moyens nucléaires. Dimanche, la porte-parole de Pyongyang et soeur de son dirigeant, Kim Yo Jong, a déclaré que ce sont ces mesures prises par Séoul et Washington « qui mettent en danger à chaque instant » la péninsule et détériorent sa « stabilité », selon KCNA. « Je préviens que nous surveillerons chaque mouvement de l’ennemi et engagerons la contre-mesure correspondante, très puissante et écrasante contre tous ces mouvements hostiles à notre égard », a-t-elle ajouté.

Des pénuries de nourriture ?
Ce tir ainsi que ces déclarations de Pyongyang semblent annoncer « le début de provocations de haute intensité de la part de la Corée du Nord », estime pour l’AFP Park Won-gon, professeur à l’université Ewha. « Ce qui est différent de 2022, c’est que l’année dernière leur justification était que les lancements faisaient partie de leur plan militaire quinquennal », décrit-il en ajoutant: « Maintenant, ils indiquent clairement qu’ils (feront face) aux États-Unis et à la Corée du Sud. » Selon M. Park, l’agressivité accrue de Pyongyang pourrait indiquer une aggravation de sa conjoncture sur le plan national.
Des responsables sud-coréens ont récemment signalé que le pays pourrait être confronté à de graves pénuries de nourriture après plusieurs années d’isolement décidé au titre de la pandémie. « La Corée du Nord adopte toujours une approche intransigeante et crée des crises externes (…) pour surmonter ses difficultés internes. Unir la population en insistant sur la menace américano-sud-coréenne est une attitude nord-coréenne classique. »

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