Si la situation des droits de l’Homme dans les territoires sahraouis occupés constitue un motif de préoccupation pour les ONG et les défenseurs des droits humains, ce qui se passe dans le royaume, longtemps occulté par un appareil répressif omniprésent, et un système de Makhzen qui assimile toute revendication, fut-elle socio-professionnelle comme une trahison contre l’autorité du roi et une menace contre la sécurité de la famille royale.
Il y’a quelques jours l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a dénoncé une « régression inquiétante des libertés » au Maroc, tout en réaffirmant son opposition à toute normalisation avec l’entité sioniste. Il faut rappeler que depuis la normalisation avec l’entité sioniste, le parlement du roi a innové en criminalisant toute critique contre la normalisation, toute dénonciation des crimes commis par Israël à Ghaza et toute expression publique de la solidarité avec le peuple palestinien. Dans un communiqué publié sur son site internet, l’organisation a exprimé sa « vive inquiétude » face à la recrudescence des arrestations et des procès liés à l’opinion et à l’expression publique, qu’elle considère comme des « accusations fabriquées » visant blogueurs, journalistes et jeunes du mouvement GenZ 212. Elle mentionne notamment le rappeur Souhaib Qabli, connu sous le nom artistique Al-Hassel, poursuivi pour ses positions politiques, ainsi que plusieurs militants interpellés à Casablanca et Marrakech. Fin septembre 2025, le Maroc avait été ébranlé par des manifestations qui avaient éclaté dans plusieurs villes, dont Casablanca, Agadir, Marrakech, Tanger, Salé, Oujda et Rabat. Ce mouvement, mené par des jeunes et baptisé GenZ 212, s’était structuré de manière décentralisée via les réseaux sociaux comme TikTok, Instagram et Discord. Les protestations, pacifiques dans un premier temps, dénonçaient « l’insuffisance des services publics, le chômage élevé, la corruption et les dépenses colossales allouées à la Coupe du monde 2030 ». Mais elles ont rapidement été réprimées par les forces de sécurité du Makhzen, qui ont utilisé gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc et munitions réelles. Et même si les autorités marocaines refusent de reconnaître des décès liés à la répression de ce mouvement, des ONG internationales ont consigné, avec preuve à l’appui, pas moins d’une dizaine de jeunes morts par balles, et même d’autres morts écrasés par les roues des véhicules blindés de la police et la gendarmerie marocaine. Cette contradiction entre la version officielle du Makhzen et les témoignages des ONG met en lumière une crise de confiance autour de la gestion des manifestations par les forces de sécurité marocaines, et soulève des interrogations sur l’indépendance des enquêtes judiciaires.
Une normalisation qui appauvrit le peuple marocain
Parmi les preuves qui démentent la version officielle, on note que le 1er octobre 2025, trois jeunes hommes ont été abattus par balles à Leqliaa, au sud du Maroc, lors d’une opération des forces de l’ordre contre des protestataires du mouvement GenZ 212. Les autorités avaient évoqué la légitime défense, mais les ONG contestent cette version, affirmant que les victimes ne représentaient aucune menace directe. L’AMDH et Mena Rights Group, ont saisi les rapporteurs spéciaux des Nations unies pour dénoncer « un usage disproportionné de la force » et réclamer une enquête indépendante. Selon l’AMDH, la répression a déjà entraîné « des milliers d’arrestations et des centaines de blessés ». Les familles des victimes dénoncent des violations graves : retard dans l’annonce des décès, restrictions sur les funérailles, absence d’accès aux autopsies, confiscation d’effets personnels. Par ailleurs, l’AMDH a renouvelé son appel à « mettre fin à toutes les formes de coopération militaire, sécuritaire, scientifique ou agricole avec le régime sioniste », estimant que ces accords « ne feront qu’accroître l’emprise étrangère sur les ressources du pays et menacer la souveraineté nationale ». Le communiqué de l’organisation humanitaire a évoqué aussi les difficultés sociales et économiques internes, dénonçant l’absence d’une politique nationale efficace pour garantir la sécurité alimentaire, énergétique et sanitaire et le renforcement du monopole et du clientélisme au détriment des citoyens les plus vulnérables.
Sur le plan de la contestation sociale des ONG ont dénoncé le retrait du soutien du gouvernement aux prix de certains produits de large consommation parmi le gaz butane dont la bonbonne de 12 kilos est vendue aujourd’hui l’équivalent de 5 dollars US. « Cette augmentation va droit grossir la fortune du chef du gouvernement Akhenouch qui est le principal actionnaire de l’entreprise qui commercialise ce type de carburant destiné à un usage domestique. Dernièrement, son entreprise à conclu avec un consortium israélien pour lui fournir des équipements pour construire de nouveaux centre enfuteurs.
C’est ça la normalisation version Makhzen. On enrichit les nantis qui gravitent dans le giron du Makhzen. On offre plus de part des richesses du pays à l’entité sioniste et on leur offre les moyens juridiques pour asservir encore plus le peuple marocain et le déposséder de ses biens », ont affirmé des activistes marocains qui ne manquent pas de souligner que la colère continue de gronder dans la rue marocaine et que l’exposition sociale contre l’ordre établi parait inéluctable.
Slimane B.













































