Accueil ACTUALITÉ DÉCLARATION DE LA VICE-PRÉSIDENTE : « Le Vénézuela ne sera jamais une colonie »

DÉCLARATION DE LA VICE-PRÉSIDENTE : « Le Vénézuela ne sera jamais une colonie »

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Delcy Rodríguez

La vacance de pouvoir au Vénézuela a été très vite comblée après l’enlèvement samedi par des militaires américains du président élu, Nicolás Maduro, et son épouse, Cilia Flores, qui ont été emmenés aux États-Unis. C’est, naturellement, la vice-présidente Delcy Rodríguez qui assure la continuité institutionnelle en assumant la fonction de chef d’État par intérim, jusqu’au retour de Nicolas Maduro. Sa première déclaration indique que le Vénézuela résiste à la tentative néo coloniale américaine de prendre le contrôle du pays. Le Venezuela ne sera jamais la colonie de personne, a déclaré Delcy Rodríguez qui a ajouté que Nicolas Maduro reste le seul Président légitime du pays. Lors d’une réunion du Conseil national de défense, tenue samedi, Mme Rodríguez a dénoncé l’agression américaine qui « repose sur de fallacieux prétextes ». Le site d’information russe Sputnik rapporte que, selon le New York Times, citant des sources, Nicolas Maduro a rejeté, fin décembre dernier, l’ultimatum de Donald Trump, et a refusé de démissionner de la présidence. Washington ne compte pas s’arrêter à cette agression et envisage la possibilité d’une invasion à grande échelle du Venezuela, a déclaré à la presse le chef du Pentagone, Pete Hegseth, cité par Sputnik. À Paris, Berlin, Athènes, dans d’autres villes à travers l’Europe ainsi qu’en Colombie, au Costa Rica, et au-delà, des drapeaux américains brûlent lors de manifestations de soutien au Venezuela. La Chine a appelé les États-Unis à garantir la sécurité de Maduro et de son épouse et à les libérer immédiatement, a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères. Le Ghana a vivement condamné l’opération militaire américaine menée au Venezuela dans la nuit du 3 janvier. Dans un communiqué, le gouvernement ghanéen a exprimé de fortes réserves contre l’usage unilatéral de la force, dénonçant une violation de la Charte des Nations unies et du droit international. Le Ghana appelle à une désescalade immédiate et à la libération du président Maduro, rappelant son attachement au principe d’autodétermination des peuples et son rejet de toute ambition coloniale ou impérialiste. L’agression militaire américaine contre Caracas a divisé l’Europe, selon le Financial Times, cité par Sputnik : si la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a salué l’action de Washington, le ministère français des Affaires étrangères a dénoncé une violation du droit international. La Colombie a convoqué des réunions du Conseil de sécurité de l’ONu et du Conseil permanent de l’Organisation des États américains concernant la situation au Venezuela.

Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra, aujourd’hui, lundi une réunion d’urgence sur l’agression américaine contre le Venezuela et l’enlèvement du président Nicolas Maduro et de son épouse dans la capitale Caracas. En Algérie, régissant à l’événement, le diplomate Abdelaziz Rahabi a évoqué « la pure tradition américaine d’ingérence dans les affaires des États d’Amérique Latine commencée en 1954 au Guatemala ». Il souligne que « cette grave atteinte à la souveraineté du Venezuela est tout à fait contraire au droit international qui appelle au respect de la souveraineté et à l’égalité juridique des États ». « Encore une fois, fait-il constater, nous assistons également au triomphe du « deux poids deux mesures » des Occidentaux ». Mais, c’est surtout la leçon qu’il en tire qui devrait être méditée : cette agression renseigne sur « la faiblesse du multilatéralisme naissant et consacre la puissance militaire des Etats comme le seul régulateur des relations internationales comme c’était le cas tout récemment à Gaza ».

Pour leur part, les Algériens ont appris que la duplicité vis-à-vis des questions en jeu et le triomphe de la logique de la force et des intérêts nationaux sur les principes de la paix mondiale et de la coexistence pacifique entre les nations, ont conduit à l’échec des instances onusiennes et internationales en matière de concrétisation de la paix mondiale et l’empêchement des guerres. Ils ont constaté que la nouvelle réalité internationale a montré que la puissance militaire demeurera l’option principale pour les États pour défendre leur terre, ainsi que leur droit de vivre en sécurité et leur droit à la souveraineté. 

M’hamed Rebah

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