Critiques sur l’achat de la raffinerie d’Augusta : Guitouni assume un choix du gouvernement

La charge de critiques qui s’est abattue sur l’entreprise Sonatrach au lendemain de l’achat de la raffinerie controversée d’Augusta, en Italie, trouvera réponse auprès du ministre de l’Énergie, Mustapha Guitouni, qui viendra à la rescousse pour défendre «une bonne affaire» contrairement à ce qu’on aurait dit par ci, par là. Au moment où le groupe Sonatrach est mis seul à l’index dans l’affaire de l’acquisition de la raffinerie italienne et de trois terminaux auprès de la société Isso Italiana, filiale du géant américain Exxon Mobil, la tutelle ministérielle parle d’une affaire approuvée par le gouvernement lui-même. Dès lors, ce dossier «dépasse la Sonatrach et son conseil d’administration qui l’a validé», a répondu Guitouni à une question portant sur la responsabilité de Sonatrach. Il en veut pour preuve, le fait d’avoir respecté la procédure dans ce genre d’affaire. Autrement, le dossier a été d’abord traité au niveau de son département, avant d’être envoyé ensuite au gouvernement qui «a donné le feu vert pour que la raffinerie d’Augusta entre dans le patrimoine de Sonatrach», a-t-il défendu ce choix, qui reste tout de même stratégique, tant il suscite une polémique au sujet d’une raffinerie acquise à moins d’un milliard de dollars. Qu’en-est-il des reproches formulés à ce sujet ? Il s’agit d’abord de l’état de la raffinerie dont la construction date des années 50. De l’autre, il y’a eu par le passé plusieurs rapports dressés par des organismes européens spécialisés au sujet de l’impact des rejets industriels de cette raffinerie, sur l’environnement immédiat au sud de l’Italie.
D’ailleurs, la salve de critiques a poussé le P-dg du groupe, Ould Kaddour, à animer plusieurs points de presse à l’effet d’éclairer l’opinion publique sur cette affaire. Sur ce, «le P-DG de Sonatrach a fait plusieurs conférences de presse. Il est allé au Parlement, au Sénat et il a expliqué qu’il a fait un investissement et avant qu’il ne le fasse, il a dit qu’il souhaitait restructurer la Sonatrach», s’en défend Guitouni pour rassurer les Algériens au sujet d’une décision prise en concertation de Sonatrach avec le gouvernement et le ministère de l’Énergie. Mieux, «l’achat de cette raffinerie en Italie est une bonne affaire», dira-t-il comme pour trancher avec le discours faisant croire à une infrastructure pétrolière «vétuste» acquise à des millions de dollars. À ce propos justement, Guitouni tente de lever toute équivoque. «On dit qu’elle date de 1949. Mais, il y a eu des rénovations, chaque année on rénove», a-t-il assuré. Une déclaration qui viendra pour confirmer celles de Ould Kaddour qui fait état d’opération de rénovation à mener sur cette raffinerie avant sa mise en exploitation, probablement à partir de 2019.
Car, et en attendant, son acquisition devra attendre le feu vert de l’organe en charge de la concurrence italien. Quant au coût de la transaction financière, Guitouni, qui n’a pas précisé le montant, a préféré parler d’un choix sur lequel s’est rabattue Sonatrach dans la mesure où elle ne peut acquérir une raffinerie toute neuve, dont le prix s’élèverait à 5 milliards de dollars.
Farid Guellil