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CORRUPTION ET FUITE DE CAPITAUX : Mokrane Aït Larbi réclame justice

L’avocat et défenseur des droits de l’Homme, Mokrane Aït Larbi, qui avait accusé, il y a quelques jours, de hauts responsables de transfert «illicite de grosses sommes d’argent» vers l’étranger, est revenu, hier, à la charge, pour réclamer au Procureur général près la Cour d’Alger, d’entamer des poursuites judiciaires contre les corrompus. Dans un message publié, en langue arabe, sur sa page Facebook, Mokrane Aït Larbi dénonce le fait que; « le peuple défende les intérêts de la société contre les grands corrompus alors que le parquet attend des instructions venant de personnes dont l’implication dans la corruption est certaine». Et d’ajouter; «Vous savez que la loi vous oblige, en tant que Procureur général, à demander au procureur de la République d’interdire à ceux qui pourraient être poursuivis pour corruption de quitter le territoire national et d’ouvrir des enquêtes et les présenter à la justice conformément à l’article 32 de la Constitution qui dispose que tous les citoyens sont égaux devant la loi». Appelant à concrétiser ce principe dans la réalité, Me Aït Larbi a insisté sur «l’urgence d’ouvrir des enquêtes sur ceux qui ont volé l’argent du peuple et en les présentant à la justice». Une procédure qui, selon lui, «ne nécessite pas de plainte mais seulement l’application de l’article 36 du Code des procédures pénales qui dispose clairement que le procureur prend ou ordonne de prendre toutes les mesures nécessaires pour chercher et investiguer les crimes punis par le Code pénal dont la loi de lutte contre la corruption».
Enfin Mokrane Aït Larbi a conclu sa lettre en s’interrogeant: «si la loi permet la poursuite des corrompus sans plainte préalable, qu’attend le parquet pour appliquer la loi sur les corrompus en réponse aux demandes légitimes du peuple ?» Dans ce cadre, il est important de rappeler que l’Ordre des avocats d’Alger a fait part de sa volonté, lui aussi, de s’impliquer dans la lutte contre les transferts illicites de devises, en mettant en garde les institutions financières du pays.
Dimanche dernier l’Ordre des avocats avait demandé, dans un communiqué rendu public, au gouverneur de la Banque d’Algérie et aux directeurs des banques, de «ne plus valider et de régler tous les contrats et toutes les opérations commerciales des intérêts privés ». La même source avait également mis en garde contre «certains intérêts privés qui accélèrent et mettent la pression pour faire passer le paiement de leurs contrats en profitant de la situation actuelle ». Tout en soulignant qu’il veille à défendre les intérêts du peuple algérien, soucieux de la sauvegarde de l’argent public, l’Ordre des avocats a demandé aux institutions financières d’assumer leurs responsabilités. Pour lui, la Banque d’Algérie doit veiller à « éviter la dilapidation de l’argent public, avec un contrôle rigoureux des opérations financières et la mise en place des mesures nécessaires et conservatoires pour faire face à toutes les tentatives visant à transférer illégalement l’argent public à l’étranger, et ce en attendant la mise en place d’un État légitime».
Ania Nait Chalal