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Centre de lutte contre le cancer d’Oran : Un Ramadhan au goût de la solidarité

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Quelques minutes avant la rupture du jeûne, une atmosphère singulière enveloppe le service d’oncologie pédiatrique du Centre anti-cancer « Emir Abdelkader » d’Oran. Rien ne ressemble aux soirs ordinaires.
Dans ces couloirs où la douleur côtoie le courage et l’odeur des désinfectants se mêle aux parfums réconfortant de la chorba fumante, le Ramadhan prend un autre visage : celui de la solidarité en action. À l’entrée du service, de jeunes bénévoles franchissent discrètement les portes, chargés de marmites encore chaudes, de cagettes de fruits et de boîtes de gâteaux. Malgré la fatigue, les visages restent lumineux. Les regards échangés en disent long : il ne s’agit pas seulement de distribuer des repas, mais d’honorer un engagement humain profond. Dans un coin du couloir, l’organisation est millimétrée. Les plateaux s’alignent : soupe chaude, plat principal, salade fraîche, dattes, jus, et douceurs traditionnelles – chamia et Sboe El Cadi – qui rappellent les tables familiales du mois sacré. Chaque jour, 250 repas sont préparés. Pas uniquement pour apaiser la faim, mais pour transmettre un message simple et puissant : « Nous sommes avec vous ». Certains enfants rejoignent eux-mêmes le point de service, soutenus par leurs mères ou par cette force fragile qu’est l’espoir. D’autres, affaiblis par les traitements, reçoivent la visite des bénévoles dans leurs chambres. De légers coups frappés à la porte, un sourire sincère, un « Ramadhan Karim » murmuré avec douceur : parfois, il suffit de peu pour raccourcir la distance entre les cœurs. L’initiative est portée par l’Association d’aide aux enfants cancéreux, en collaboration avec des bienfaiteurs fidèles. Depuis plus de 26 ans, l’association accompagne les patients et leurs familles sur les plans médical, social et psychologique, inscrivant son action dans la continuité et la discrétion. Son président, Mohamed Bensekrane, souligne que cette opération est devenue un rendez-vous immuable du mois sacré au sein de l’établissement hospitalier. Enfants, adultes, accompagnants : personne n’est oublié. Une attention particulière est accordée aux mères, présentes jour et nuit aux côtés de leurs enfants. Pour beaucoup venues de wilayas éloignées, loin de leurs proches, ces repas représentent bien plus qu’un soutien matériel : ils sont une présence, un réconfort, une main tendue.

Une solidarité qui s’écrit en silence et se raconte par l’espoir
Dans une chambre baignée de lumière tamisée, une jeune mère veille son fils, âgé de quatre ans à peine. Lorsqu’un bénévole lui remet son plateau d’iftar, elle esquisse un sourire discret. Venue d’une région lointaine pour soigner son enfant, elle confie que l’éloignement familial pèse lourd pendant le Ramadhan. « Ce geste compense beaucoup », murmure-t-elle. « Il nous apporte un peu de la chaleur que nous laissons derrière nous », ajoute-t-elle, le regard trahissant l’émotion. Ouahid Benkinane, coordinateur de l’opération, rappelle que des donateurs financent fidèlement cette action depuis des années.
Les 250 repas quotidiens sont préparés selon des normes sanitaires rigoureuses. « Offrir un repas chaud à ceux qui viennent de loin n’est pas seulement un acte bénévole, c’est un devoir humain », insiste-t-il. La solidarité dépasse d’ailleurs les murs du centre. Elle s’étend également à la maison d’accueil des malades atteints de cancer sise rue Maoued Ahmed, dotée de 12 lits. Là aussi, les repas sont distribués dans la même discrétion, avec la même attention. Dans les couloirs, Brahim Sekkal, bénévole, marche d’un pas rapide. Il porte les plateaux, en semant des mots simples qui allègent les craintes. « Parfois, un sourire suffit.

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