Accueil ACTUALITÉ CASABLANCA, MAROC : Des organisations dénoncent des démolitions de maisons et des...

CASABLANCA, MAROC : Des organisations dénoncent des démolitions de maisons et des expulsions forcées

0

Plusieurs organisations de défense des droits humains et formations politiques ont vivement dénoncé, jeudi, les opérations de démolition et de déplacement forcé menées à Casablanca, au Maroc, qui ont affecté des milliers de familles pauvres, de commerçants et d’artisans. Ces pratiques sont qualifiées de violations flagrantes du droit au logement et à une vie digne, garanties pourtant par les lois nationales et les conventions internationales ratifiées par le Maroc. Dans un communiqué commun, les coordinations des victimes des démolitions, l’Association marocaine des droits humains, l’association ATTAC ainsi que plusieurs partis politiques de gauche ont affirmé que ces opérations ne s’inscrivent nullement dans une logique de développement légitime. Selon elles, il s’agit plutôt d’une politique coercitive visant à déplacer les populations les plus précaires et à vider des quartiers entiers de leurs habitants historiques. Les signataires du communiqué pointent du doigt une approche urbaine jugée excluante, dans laquelle des projets dits de « développement » sont imposés sans concertation avec les citoyens concernés, ni transparence sur leurs objectifs réels. Ils estiment que cette politique transforme les habitants en victimes directes de choix urbanistiques qui ignorent totalement leurs conditions sociales et économiques. Les organisations alertent également sur le fait que ces opérations s’inscrivent dans le cadre d’un plan architectural ancien, longtemps paralysé par des affaires de corruption et de détournement de fonds publics avérées judiciairement. Cette situation soulève, selon elles, de sérieuses interrogations sur la légalité et la légitimité des projets actuellement mis en œuvre, et met en évidence la persistance de l’impunité. Sur le terrain, les expulsions et démolitions auraient débuté dès décembre 2025, ciblant des quartiers situés hors des remparts de la ville, sans information préalable ni participation des habitants. Menées en pleine période hivernale et durant l’année scolaire, ces opérations ont considérablement aggravé la précarité de nombreuses familles. Les mécanismes de compensation proposés aux personnes affectées sont, quant à eux, dénoncés comme opaques et dépourvus de garanties juridiques, laissant les victimes à la merci de décisions administratives arbitraires. Plus préoccupant encore, ces pratiques se seraient étendues à la médina de Casablanca, où le prétexte des habitations menaçant ruine serait utilisé pour évincer les habitants originels et transformer progressivement les quartiers populaires en zones touristiques au profit des investisseurs. En conclusion, les organisations signataires estiment que ces politiques traduisent l’absence d’une véritable vision de développement urbain fondée sur la justice sociale. Elles dénoncent une approche qui considère les populations pauvres comme un obstacle plutôt que comme des acteurs du développement, et appellent à un arrêt immédiat des expulsions forcées ainsi qu’à l’ouverture d’un dialogue transparent et inclusif respectueux des droits humains.
M.S.

Article précédentGHAZA : Une deuxième phase de cessez-le-feu inaugurée sous les bombardements
Article suivantPOUR SON RÔLE DANS LE SOUTIEN DES CAUSES JUSTES AFRICAINES ET ARABES : La Somalie fait l’éloge de l’Algérie