L’ambassadeur iranien à l’ONU accuse les États-Unis et Israël de mener des attaques sans «aucune ligne rouge». Téhéran affirme que plus de 1 300 civils ont été tués par les bombardements depuis le début du conflit.
L’Iran dénonce aussi l’ingérence de Donald Trump dans la succession du Guide suprême. L’ambassadeur iranien auprès des Nations unies, Amir Saeid Iravani, a vivement dénoncé les opérations militaires menées par les États-Unis et Israël contre son pays, les accusant de mener une guerre sans limites. S’exprimant devant la presse au siège de l’ONU à New York, il a affirmé que Washington et Tel Aviv « ne reconnaissent aucune ligne rouge » dans leurs attaques, qu’il qualifie de crimes de guerre. Selon le diplomate iranien, les bombardements menés depuis le début du conflit ont déjà provoqué la mort d’au moins 1 332 civils en Iran, tandis que des milliers d’autres personnes auraient été blessées. Il accuse les deux pays de mener des frappes « aveugles » visant des zones densément peuplées ainsi que des infrastructures civiles. Des écoles, des installations médicales et plusieurs équipements publics auraient été touchés par les bombardements, aggravant le bilan humain. Donald Trump en faiseur de roi ? « Ces actes constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité manifestes », a déclaré l’ambassadeur iranien, appelant le Conseil de sécurité des Nations unies à réagir rapidement. Selon lui, l’inaction de la communauté internationale pourrait ouvrir la voie à une escalade encore plus large. « Ne pas agir aura des conséquences catastrophiques. Aujourd’hui, c’est l’Iran ; demain, cela pourrait être n’importe quel État membre de l’ONU », a-t-il averti. Le représentant iranien a également dénoncé les déclarations de Donald Trump concernant la succession du Guide suprême Ali Khamenei, tué récemment. Le président américain a affirmé vouloir être « impliqué » dans le choix du prochain dirigeant iranien et a indiqué qu’il refuserait de voir Mojtaba Khamenei, fils du défunt guide, accéder au pouvoir. Pour Téhéran, ces propos constituent une ingérence inacceptable dans ses affaires internes. Amir Saeid Iravani a rappelé que l’Iran était « un État souverain et indépendant » et que la désignation du prochain guide suprême se ferait uniquement selon les procédures constitutionnelles du pays. Enfin, l’ambassadeur a défendu les représailles militaires iraniennes, affirmant qu’elles étaient « légales, nécessaires et proportionnées ». Selon lui, les frappes iraniennes visent exclusivement des objectifs militaires liés aux « agresseurs ». Les accusations concernant des frappes contre des cibles civiles font l’objet d’enquêtes.
Après l’incident de drones au Nakhitchevan Téhéran rejette les accusations
Après l’incident de drones survenu au Nakhitchevan, Bakou accuse l’Iran d’avoir visé son territoire et exige des explications rapides. Téhéran rejette fermement ces accusations et estime qu’il pourrait s’agir d’une provocation destinée à opposer l’Azerbaïdjan à la République islamique, dans un contexte régional marqué par l’escalade militaire. Les tensions entre l’Iran et l’Azerbaïdjan se sont brusquement aggravées après l’incident survenu, jeudi dernier, dans l’enclave du Nakhitchevan. Deux drones venus de la direction de l’Iran se seraient écrasés près de l’aéroport international de la région. Le terminal aurait été endommagé et deux civils auraient été blessés.. Dans la foulée, Bakou a dénoncé une atteinte à son territoire et a convoqué l’ambassadeur d’Iran pour lui remettre une note de protestation. Les autorités azerbaïdjanaises ont réclamé des explications rapides, tout en affirmant se réserver le droit de prendre des mesures de riposte après cet incident. Téhéran rejette les accusations et évoque une provocation extérieure, l’entité sioniste. Vendredi , l’ambassadeur d’Iran en Russie, Kazem Jalali, a affirmé que « Téhéran n’avait mené aucune frappe contre le territoire azerbaïdjanais » assurant qu’il n’y avait aucune raison pour l’Iran de viser le Nakhitchevan. Le diplomate a également évoqué une possible provocation extérieure. Selon lui, « Israël chercherait à entraîner l’Iran dans une confrontation avec d’autres pays », y compris par des opérations destinées à rejeter la responsabilité sur Téhéran. L’état-major iranien a lui aussi rejeté toute implication et attribué l’incident à Israël. Cette lecture s’inscrit dans la ligne défendue par les autorités iraniennes depuis le début de l’escalade régionale. Téhéran soutient que toutes ses opérations visent ses adversaires directs, et non les pays voisins. Dans cette logique, l’épisode du Nakhitchevan apparaît, du point de vue iranien, comme une tentative de détériorer les relations avec Bakou et d’élargir encore la crise.
R. I.














































