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À SIX MOIS DES ÉLECTIONS GÉNÉRALES EN LIBYE / Conférence de Berlin II : réponse actée sur des questions clés

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La Conférence de Berlin II sur la Libye a souligné, dans sa déclaration finale l’impératif retrait des soldats et des mercenaires étrangers du territoire libyen et la tenue des élections générales le 24 décembre prochain et ce pour que le pays puisse renouer dans la durée, avec la vie politico-institutionnelle, après plus de dix ans d’instabilité, d’insécurité, de violences et de conflits armés, nourris par des ingérences et interférences étrangères. Des observateurs avérées de la scène libyenne et des rapports entre acteurs étrangers influents sur la scène libyenne s’interrogent sur les chances réelles de voire dans les six mois prochains, la question du retrait précité se traduire, alors que des rivalités et des divergences non moindres persistent entre acteurs influents, sur la scène mondiale et aussi libyenne, notamment entre les Etats-Unis, la Russie et la Turquie, celle-ci membre de l’Otan. Appelant lors de son allocution, mercredi dernier, au rendez-vous berlinois, le deuxième du genre sur la Libye, qu’abrite l’Allemagne, « à aider les nouvelles autorités libyennes dans l’organisation des élections générales à la date prévue », le chef du gouvernement intérimaire libyen, Abdelhamid Dbeibah, a affirmé, sans les citer que « certaines parties tentent d’empêcher l’organisation des dites élections ». Longtemps prises au piège, des divergences entre membres de l’Otan, (France-Turquie) et des alliées de l’alliance atlantique, et ces derniers avec d’autres rivaux, sur la scène mondiale, dont la Fédération de Russie, la Libye était, plus de dix ans le théâtre de violences et de conflits armés, par procuration, lesquels ont rythmé le cours des évènements, dans ce pays jusqu’à leur développement à un seuil inquiétant a précipité la tenue, janvier 2020, de la conférence de Berlin I sur la Libye. Celle-ci ayant dégagé une démarche et une approche pour sortir le peuple libyen et son pays de la situation chaotique d’une guerre, entre deux camps rivaux, nourrie par les ingérences et interférences étrangères, le cessez-le feu adopté et entré en vigueur octobre 2021 a ouvert la voie à l’adoption par les acteurs politiques du dialogue politique d’une feuille de route pour le retour de la vie politico-institutionnel en Libye, objectif demeurant tributaire, de deux questions majeurs et non des moindres n’ayant pas enregistré des avancées notables en faveur du processus visant des élections générales décembre prochain. Outre l’application rigoureuse de la résolution des Nations unies (ONU) sur l’embargo des armes, le retrait des soldats et mercenaires étrangers de Libye en est le souci majeur des Libyens pour renouer avec leur souveraineté et leur sécurité, mais l’enjeu est le défi à relever par la communauté internationale, ainsi que par les pays impliqués sur le terrain libyen, appelant au retrait des soldats et des mercenaires que l’ONU estime à 20 000 leur nombre. Il est à craindre de voire les engagements de la Conférence de Berlin II, sur les deux questions majeures précitées, pris à moins de six mois, du rendez-vous des élections générales de décembre en Libye, puissent se traduire, sur fond des rivalités et des tensions entre acteurs étrangers, sur les plans géopolitique et géostratégique. La Libye faut-il le noter, a été au centre de rencontres et sommets tenus à la veille de la Conférence de Berlin II. À Bruxelles, le 14 juin dernier, le sommet de l’Otan, auquel a assisté le successeur de Trump, à la maison Blanche, Joe Biden en compagnie de son secrétaire d’État américain, Antony Blinken, qui après sa participation au rendez-vous berlinois II sur la Libye, s’est rendu en visite officielle, en Italie et en France (membres de l’Otan). Du 11 au 13 juin, les membres du G7 se sont retrouvés à Carbis Bay, au Royaume Uni, pour leur sommet et la Libye figurait dans les échanges et les discussions entre les acteurs du G7. Aussi le jour de la tenue à Berlin de la conférence sur la Libye, lors de la 9ème conférence sur la sécurité internationale, qu’a abrité Moscou en ce même jour, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a révélé ce qu’il considère comme la menace la plus grave au Moyen-Orient et en Afrique. Déclarant que « diverses organisations terroristes constituent toujours une menace majeure pour la stabilité de la région », il a averti que la défaite de l’Etat islamique en Syrie et en Irak a provoqué une augmentation de la «migration» de ses combattants « formés » vers d’autres pays, et d’ajouter «  que le plus grand nombre de ces combattants s’est déplacé vers la Libye ». Dans leurs allocutions au sommet de l’Otan, à Bruxelles, le président américain Joe Biden et le secrétaire général de l’alliance militaire atlantique, le Norvégien Jens Stoltenberg, ont qualifié « la Russie et la Chine, ainsi que leur coopération politique et militaire, de menaces » auxquelles, selon eux «  il fallait faire face ». Avec la présence militaire de la Turquie (membre de l’Otan : NDlr) en Libye, suite à l’accord conclu entre Ankara et l’ex-gouvernement de Fayez Serraj, la Libye compte aussi des soldats étrangers, dont le groupe russe Wagner et des mercenaires et terroristes dont ceux fuyant les zones de conflit, après leur défaite, en Syrie et Irak. Juillet 2020, le commandement des forces américaines en Afrique (Africom) a eu à exprimer son opposition au rôle que joue la Russie en Libye et directeur des opérations d’Africom, le général Bradford Gering a fait savoir, en cette même période que «  le soutien de la Russie au groupe Wagner révèle l’intention de Moscou de renforcer les capacités des opérations offensives ». Et c’est dans ce contexte de tension et des rivalités marquant les rapports de force dans les relations internationales, depuis notamment près de dix ans, après l’effondrement de la Libye, suite à l’intervention de l’Otan dans la crise libyenne, que le peuple libyen et son pays sont au cœur de ce qui anime la course aux contrôle des richesses naturelles, des sources énergétiques et des voies d’approvisionnement en énergie, qui se sont accentuées, depuis la crise économico-financière de 2008, laquelle a secoué, fortement l’occident. Deux ans, après cette date, le monde et la région arabe et nord-africaine, en particulier sont entrés dans une nouvelle phase de turbulences et d’évènements bouleversants, depuis plus d’une décennie, « du printemps arabe », lequel a touché la Libye, dès 2011 et ouvert la voie à l’intervention de l’Otan, précipitant peu de temps après, le Mali, dans une instabilité et la montée d’un cran de l’activité terroriste.
Karima Bennour

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