Les travailleurs de Sonatrach, parmi les titulaires de diplômes DEUA et Licence-LMD, qui exigent une valorisation professionnelle de leurs titres universitaires, n’auraient pas attendu mieux qu’une réaction du PDG du groupe pétrolier national lui-même.
Dans une lettre-réponse à cette revendication essentielle -entre autres- à cette catégorie de salariés de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour a promis une prise en charge et s’impliquer personnellement dans le dossier. «Au même titre que les autres problématiques de l’entreprise, le m’implique personnellement dans ce dossier «Bac+3» afin qu’il aboutisse dans les meilleurs délais possibles et ce, dans l’intérêt conjoint de nos travailleurs et de notre entreprise», s’engage le PDG du géant pétrolier.
Pour donner du crédit à ses propos, Ould Kaddour rappelle que le groupe de travail impliquant les deux parties, constitué mai dernier, reste sur le dossier qu’il examine au demeurant, à l’effet de trouver une solution à la demande des salariés. C’est-à-dire, une solution qui passe par des rounds de dialogue associant les responsables de la Direction de l’employeur et les délégués des travailleurs, jusque-là représentés par le Syndicat national Sonatrach de l’UGTA.
Autre signe qui atteste d’une bonne volonté de faire, «depuis mon arrivée à Sonatrach il y’a de cela 16 mois j’ai entrepris plusieurs actions, en relation avec le partenaire social, pour trouver des solutions pérennes et définitives à des problématiques rencontrées par nos travailleurs depuis plusieurs années», écrit le même responsable. Pour ne pas dire, accorder plus de temps à ce groupe qu’il conviendrait à laisser travailler dans la sérénité, le tout dans le cadre d’une solution globale engageant la direction du groupe pétrolier. De l’autre, Ould Kaddour fait allusion au lourd contentieux social qu’il a hérité à la tête de Sonatrach.
Pour une première réponse venant de la part du premier responsable de l’entreprise publique, elle a été reçue avec soulagement par les contestataires. Ces derniers lui ont renvoyé l’ascenseur et prennent surtout acte de son engagement. «Nous, travailleurs de Sonatrach titulaires de diplômes Bac+3, apprécions votre intérêt personnel à notre cause, exprimé dans la lettre N° 15 du 20 aout 2018, à travers laquelle vous avez mis l’accent sur la nécessité de trouver des solutions à nos revendications légitimes dans le cadre de la stratégie future de gestion de la ressource humaine, basée sur l’amélioration des conditions sociales des travailleurs», répond récemment le collectif des salariés protestataires dans une longue missive. Dans ce document, les salariés disent être disponibles à relever le défi futurs de l’entreprise ainsi que d’accompagner les objectifs tracés par la direction de l’employeur sur le terrain. Pour prouver encore leur bonne foi, les protestataires ont suspendu partiellement leur action. Soit, au bout de quatre semaines de boycott des repas au niveau des bases de vie et des complexes gazo-pétroliers de Sonatrach.
Seule exigence, le collectif des travailleurs demande à prendre partie dans le dialogue, lui qui se réclame un mouvement de quelque 11 000 adhérents, et se montre de plus en plus distant avec les représentants de l’UGTA. En tout cas, il y’a comme une amorce de dialogue social qui prend forme entre les deux parties.
Farid Guellil