Après un mois de contestation, le gouvernement a dévoilé le 26 octobre des mesures sur Parcoursup, les effectifs et le bâti scolaire. Les organisations lycéennes jugent ces avancées insuffisantes et appellent à poursuivre le mouvement les 31 octobre et 5 novembre.
Les propositions présentées le 26 octobre par les ministres Édouard Geffray et Philippe Baptiste, après la réception des représentants lycéens et étudiants à Matignon par le Premier ministre Sébastien Lecornu, n’ont pas réussi à apaiser la colère. Une évolution de Parcoursup est prévue en 2027 avant son remplacement en 2028, les classes de seconde seront plafonnées à 28 élèves progressivement, 15 000 places supplémentaires ouvertes dans le supérieur et des moyens alloués à la rénovation des établissements. Pourtant, les syndicats lycéens maintiennent leurs appels à la mobilisation, après un nouveau samedi de mobilisation social qui a dépassé le seul cas de lycéens.
Des mesures jugées « trop lointaines et insuffisantes »
Le gouvernement a promis une « évolution forte » de Parcoursup dès 2027, avec plus de transparence sur les critères de sélection, avant un remplacement complet en 2028 par un nouveau système. Des créations de postes d’enseignants sont annoncés, les suppressions prévues annulées, et un effort sur les emplois du temps ainsi que sur le contrôle continu évoqué.
Cinq milliards d’euros (sous forme de prêts et d’investissements) sont prévus pour le bâti scolaire et universitaire. Ces annonces n’ont pas convaincu. Louis Letoublon, vice-président du syndicat Les Lycéens !, a dénoncé des « arbitrages esthétiques » et jugé « très ringard » l’invitation préalable de huit influenceurs à Matignon et appelle à la mobilisation le 31 octobre et le 5 novembre avec les syndicats.
Matignon reçoit des influenceurs avant les syndicats des lycéens
« On ne pourra pas abroger Parcoursup sans ouvrir suffisamment de places en université », a-t-il insisté, estimant que les revendications principales restent sans réponse satisfaisante. Sur X, les réactions illustrent ce rejet. Un post de Focus Media souligne : « Sébastien Lecornu a reçu huit influenceurs avant les syndicats des lycéens pour présenter ses mesures sur l’éducation. Les syndicats dénoncent du « mépris » et maintiennent la mobilisation ».
Les collectifs des syndicats des lycées, Les Lycéens et Renouveau lycéen, ainsi que l’Intersyndicale jeunesse, ont salué certains gains tout en les qualifiant de « miettes » alors que leurs attentes sont sur des questions de fond et déterminantes pour l’avenir des lycéens et du système éducatif, appelant au maintien de la mobilisation jusqu’à « satisfaction effective de nos revendications principales ».
Elles ont confirmé leur mobilisation lors des rendez-vous de samedi prochain et celui du novembre jour d’appel interprofessionnel. « Tout n’est pas encore satisfait et nous irons au bout », a résumé Louis Letoublon, dans ses déclarations aux médias. Le mouvement, né de critiques contre l’opacité et le caractère sélectif de Parcoursup, privant des milliers de jeunes de rejoindre les bancs du monde universitaire, les classes surchargées et les conditions matérielles, refuse de reculer « sur des engagements majoritairement reportés à 2027-2028 ».
Maintenant le cap de sa mobilisation, l’exécutif et le président demeurent sous le poids de la pression du mouvement lycéen et aussi celui des autres mobilisations populaire, contre la cherté de la vie, l’érosion du pouvoir d’achat, le recul des services publics, avec les appels des organisations et les syndicats et du mouvement des Gilets Jaunes, qui se sont donner rendez- vous, samedi prochain et le jeudi d’après, à travers la France.
R. I.










