Dans un communiqué rendu public, le Front Polisario a réagi vivement à une lettre envoyée au Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, par le président de la RASD, Brahim Ghali, en dénonçant un manque de neutralité de Staffan de Mistura.
Le Front Polisario qui a menacé de reconsidérer son engagement auprès de l’Envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, lui reproche son alignement public sur les positions de l’occupant marocain.
Le diplomate italo- suédois avait tenu, le 8 octobre dernier, des propos, lors de consultations à huis clos du Conseil de sécurité consacrés à la mission de l’ONU pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), contraires à l’esprit de son mandat qui exige de la neutralité et de l’impartialité. Le Front Polisario considère que De Mistura aurait « gravement compromis son mandat » en soutenant l’option d’une autonomie sous souveraineté marocaine comme base pour les discussions futures. Un alignement qui est contraire à l’esprit même de sa mission qui est de représenter le Secrétaire général de l’ONU et de créer les conditions pour faire aboutir les résolutions adoptées par le conseil de sécurité conformément au droit et à la légalité internationale. Une attitude que le Front Polisario qualifie d’alignement complet sur la position de Rabat, qui n’a aucune souveraineté sur le Sahara occidental.
L’émissaire de Guterres ne semble pas être au premier écart sur les principes de son mandat puisque le Front Polisario affirme avoir déjà alerté l’ONU à travers deux courriers envoyés le 4 mars et le 21 septembre derniers, appelant M. Guterres à garantir que son envoyé spécial agisse dans le cadre strict de la Charte des Nations unies et des résolutions sur le Sahara occidental qui considèrent le dossier comme une question de décolonisation inachevée. Le communiqué estime qu’il est extrêmement préoccupant que les actions de l’Envoyé personnel se soient une fois de plus écartées de ces paramètres établis, ce qui soulève des questions « quant à sa crédibilité, son impartialité et son indépendance ».
Tout en réaffirmant son « engagement de longue date » à coopérer avec le processus de paix sous l’égide de l’ONU pour parvenir à l’autodétermination du territoire, le Front Polisario prévient que « tout manquement répété » aux principes d’impartialité, le contraindrait à revoir sa coopération avec de Mistura.
Cette mise au point du Front Polisario intervient alors que la 4e commission de l’ONU a rappelé qu’elle considère le Sahara occidental comme un territoire non automne et considère le dossier comme un cas de décolonisation à traiter. Elle n’a reconnu au Maroc aucune souveraineté sur les territoires occupés depuis 1975. Elle intervient également alors que la Conseil de sécurité s’apprête à débattre de l’avenir du mandat de la Minurso qui expirera le 31 octobre prochain.
Elle intervient également alors que l’occupant tente par tous les moyens de gagner des soutiens à son prétendu plan de règlement du conflit qui ne repose sur aucun fondement légal et qui foule aux pieds la légalité Internationale. Elle intervient enfin alors que la lutte du peuple sahraoui est aujourd’hui soutenue par tous les peuples épris de justice.
Il paraît aujourd’hui clair que le mandat de De Mistura est arrivé à sa fin lui qui n’a fait que permettre à l’occupant marocain de faire durer la situation de statu quo depuis le début de son mandat entamé le 6 octobre 2021, un mandat qui a vu le Maroc engager une véritable dynamique de colonisation des territoires occupés pour tenter d’influer sur la consistance du corps électoral concerné par un référendum d’autodétermination au Sahara occidental. Il pourrait partir tout comme avant lui, James Baker (1977-2004), Peter van Walsum (2005-2008), Christopher Ross (2009-2017), et Horst Köhler (2017-2019).
Slimane B.

