CISJORDANIE : Démolitions, incursions et hausse alarmante des violences des colons

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Les autorités de l’occupation sioniste ont notifié, hier, la démolition de plusieurs bâtiments et installations appartenant à des Palestiniens à proximité du mur de séparation dans la localité de Kafr Aqab, au nord d’El-Qods occupée. Une nouvelle mesure qui fait craindre aux habitants une extension des opérations visant le tissu urbain palestinien dans cette zone.
Selon des sources locales, d’importantes forces de l’armée d’occupation ont investi les secteurs adjacents au tracé du mur à Kafr Aqab et placardé des ordres de démolition sur les murs et aux entrées de plusieurs bâtiments, en prélude à leur destruction. Ces mesures s’inscrivent dans une politique visant à vider progressivement les espaces situés le long du mur, tout en entravant l’expansion urbaine et la croissance démographique naturelle des Palestiniens dans cette zone stratégique au nord d’El-Qods occupée.

Kafr Aqab, une enclave soumise à de fortes restrictions
Kafr Aqab se trouve dans une situation administrative et juridique particulièrement complexe. La localité est séparée du reste d’ElQods par le mur de séparation, tout en demeurant officiellement rattachée aux limites de la municipalité d’ElQods occupée. Cette situation prive les habitants d’un accès normal à plusieurs services essentiels et les soumet simultanément à des restrictions en matière de construction, à des procédures de permis, à des poursuites et à de lourdes amendes. Les Palestiniens dénoncent une politique destinée à favoriser leur déplacement forcé et à rompre leurs liens géographiques et sociaux avec le cœur d’El-Qods occupée.
Le durcissement de la situation à Kafr Aqab intervient alors que les démolitions et les mesures administratives se multiplient dans l’ensemble du gouvernorat d’El-Qods. Selon un rapport officiel du gouvernorat, 29 opérations de démolition et de terrassement ont été recensées en juillet dernier. Parmi elles figurent 13 démolitions dites « auto-démolitions », au cours desquelles des Palestiniens ont été contraints de détruire eux-mêmes leurs habitations pour éviter de lourdes amendes, ainsi que 14 démolitions exécutées par les engins de l’occupation et de la municipalité.
Deux opérations de terrassement ont également visé des terres et des propriétés palestiniennes. Les opérations ont concerné notamment des installations agricoles et commerciales, des murs, des routes et d’autres propriétés. Au cours du même mois, 27 notifications et décisions administratives ont été émises : 26 ordres de démolition et une décision de confiscation et de prise de contrôle à des fins militaires.

Démolitions agricoles à Douma
Dans le même temps, les forces de l’occupation ont commencé, mardi, à démolir des hangars et des installations agricoles dans le quartier d’Al-Chakara, dans le village de Douma, au sud-est de Naplouse, en Cisjordanie occupée. L’organisation de défense des droits Al-Baïdar a indiqué que les forces de l’occupation avaient entamé le terrassement et la démolition d’installations agricoles construites sur des terres appartenant à des Palestiniens. Selon l’organisation, la destruction des logements et des infrastructures agricoles, après le déplacement de leurs habitants, aggrave les pertes subies par les familles et menace leurs biens ainsi que leurs moyens de subsistance. Le président du conseil local de Douma, Souleiman Douwabcha, a précisé que les bulldozers de l’occupation avaient détruit des hangars et des enclos destinés à l’élevage de moutons appartenant à Moussa Zouahra et Salama Zouahra. Les opérations ont également entraîné le terrassement de plusieurs parcelles et l’arrachage de dizaines d’arbres.

Une hausse de 63 % des attaques de colons en sept mois
Parallèlement, la Commission palestinienne de résistance au mur et à la colonisation a fait état d’une forte hausse des attaques menées par les colons en Cisjordanie occupée durant les sept premiers mois de 2026.
Selon un communiqué de l’organisme, 4 113 attaques ont été recensées depuis le début de l’année jusqu’à fin juillet, contre 2 524 durant la même période de 2025, soit 1 589 attaques supplémentaires et une hausse de 63 %. Les niveaux enregistrés en 2026 ont dépassé ceux des mêmes mois de l’année précédente sans exception. Les chiffres ont atteint leur sommet en juin et juillet, avec respectivement 748 et 798 attaques, contre 442 et 466 durant les mêmes mois de 2025.
La Commission estime que ces violences ne peuvent être considérées comme une succession d’incidents isolés. Elles s’inscriraient, selon elle, dans un environnement de « soutien politique, sécuritaire et juridique » renforcé depuis la formation du gouvernement de l’extrême droite à la fin de 2022.
Cette escalade intervient parallèlement à l’expansion des avant-postes coloniaux, notamment pastoraux, à l’armement des colons et à l’intégration de certains d’entre eux dans des structures sécuritaires, ainsi qu’à leur protection par l’armée d’occupation et au recul des mécanismes de reddition de comptes pour les violences commises contre les Palestiniens. La Commission a également relevé une coordination croissante entre l’armée d’occupation et les colons dans la prise de contrôle des terres et dans les restrictions imposées aux Palestiniens pour accéder à leurs propriétés et à leurs sources de revenus. Elle a enfin averti que l’absence de mesures internationales de dissuasion et de poursuites contribuait à transformer les attaques de colons en un outil organisé destiné à imposer de nouvelles réalités géographiques et à pousser les communautés palestiniennes vers le déplacement et la disparition progressive de certains territoires.
M. S.