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GHAZA : Système de santé au bord de l’effondrement et dramatique bilan humain

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La situation humanitaire dans la bande de Ghaza continue de se détériorer à un rythme alarmant, alors que le système de santé est désormais proche de l’effondrement total. Selon le ministère de la Santé de Ghaza, le bilan de l’offensive israélienne depuis octobre 2023 s’élève à plus de 72 300 morts et 172 000 blessés, dont plus de 21 500 enfants, illustrant l’ampleur d’une crise sans précédent. Dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée mondiale de la santé, les autorités sanitaires ont dressé un tableau particulièrement sombre. Elles évoquent une « phase de quasi-effondrement complet » du secteur médical, confronté à une pénurie massive de médicaments et de fournitures essentielles. Les stocks de médicaments sont en baisse de 50 %, ceux des consommables médicaux de 57 %, et les équipements de laboratoire accusent un déficit atteignant 71%. Cette situation limite fortement la capacité des hôpitaux à répondre à l’afflux constant de blessés et de malades. Les services spécialisés sont également gravement touchés. Les traitements contre le cancer souffrent d’un manque de 61 % en médicaments spécifiques, alors que plus de 4 000 patients nécessitent un suivi continu. Les départements de soins primaires, de neurologie, de néphrologie, de chirurgie et de soins intensifs enregistrent tous des pénuries supérieures à 40 %, aggravant les risques de complications et de mortalité. Certaines interventions vitales ont dû être totalement suspendues, notamment les opérations à cœur ouvert et les procédures de cathétérisme cardiaque. Par ailleurs, les équipements nécessaires aux chirurgies ophtalmologiques font défaut à hauteur de 89 %. La capacité hospitalière a chuté de plus de 55 %, avec 22 hôpitaux et 90 centres de santé désormais hors service en raison des destructions. La crise est accentuée par le manque d’équipements médicaux et de services essentiels. Seuls 108 appareils de dialyse sont disponibles pour 676 patients souffrant d’insuffisance rénale. Le territoire compte également environ 5 000 cas d’amputations, dont près de 1 000 enfants, tous nécessitant des soins de rééducation à long terme. En parallèle, plus de 21 000 patients et blessés attendent une évacuation médicale à l’étranger, dont 195 cas critiques.
Au moins 1 517 patients sont décédés en attendant une autorisation de sortie pour se faire soigner. La suspension des évacuations médicales vers l’Égypte via le point de passage de Rafah, annoncée par l’Organisation mondiale de la santé, complique encore davantage la situation. Sur le terrain, les violences se poursuivent malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en octobre dernier. Des tirs intensifs et des bombardements d’artillerie ont récemment visé l’est de la ville de Ghaza, le quartier d’Al-Zeitoun ainsi que des zones à l’est de Khan Younès. Depuis l’instauration de la trêve, 733 personnes ont été tuées et plus de 2 000 blessées, tandis que des centaines de corps ont été extraits des décombres. Les autorités sanitaires alertent également sur la dégradation des conditions de vie dans les centres d’hébergement et les camps de déplacés, où les maladies liées à l’eau et à l’alimentation se propagent rapidement. La situation est aggravée par la faiblesse des systèmes de surveillance sanitaire et la détention de 83 membres du personnel médical. Enfin, le manque de carburant et de pièces de rechange pour les générateurs électriques fait planer la menace d’un arrêt total des services de santé à tout moment. Dans ce contexte, le ministère de la Santé appelle à une intervention internationale urgente pour éviter une catastrophe humanitaire encore plus grave, dénonçant une atteinte croissante au droit fondamental à la santé.
M. Seghilani 

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