La réalisatrice et cinéaste espagnole Raquel Larrosa a qualifié la lutte des femmes sahraouies contre l’occupation marocaine pour obtenir leur droit légitime à l’autodétermination et à l’indépendance de « modèle à suivre » et de « référence » pour les femmes du monde entier.
Dans un entretien accordé à un site espagnol au sujet de son documentaire Disonancia (Disonance), qui met en lumière le travail d’une association féminine volontaire chargée de détecter et de déminer les terres de la région du Sahara occidental, Larrosa salue l’engagement des femmes sahraouies face aux séquelles de l’occupation marocaine, qui représentent un danger constant pour les civils. Ces femmes ont créé une équipe entièrement féminine qui opère le long d’un mur de sable construit par l’occupant sur 2 700 km pour diviser le territoire. Le documentaire raconte l’histoire de cette équipe, motivée par des convictions humanitaires et sociales, tout en brisant les stéréotypes associés à la femme sahraouie. « Je me suis intéressée à cette association parce que dans de nombreux conflits armés, les femmes portent le poids de l’image qui les réduit souvent à celui de victimes », souligne Larrosa. Elle rappelle que dans le Sahara occidental, « les droits humains sont violés quotidiennement depuis cinquante ans, et les mines antipersonnel continuent de blesser et de tuer des civils». La réalisatrice insiste : « Ce qui m’intéresse dans ce film, c’est de montrer que le déminage n’a pas de genre et de mettre en avant ceux qui préservent la paix et construisent l’avenir, face à ceux qui choisissent la guerre et la destruction ». Elle précise que l’occupation marocaine aurait semé environ 10 millions de mines antipersonnel et antichars dans la région. Larrosa souligne également que ce projet, qui a nécessité cinq années de travail, illustre un « triangle parfait » dans une histoire humaine au cœur d’un conflit ignoré par la communauté internationale. Le film met en avant le rôle de l’association féminine fondée en 2019 par Fátimatu Béchraïa, spécialiste en informatique, la journaliste Aïcha Babaït et l’archéologue Ndourou Farkouh, toutes engagées dans le déminage. Disonancia a été présenté dans 44 festivals, a remporté 13 prix ou distinctions, et est actuellement candidat aux Goya 2026 dans la catégorie meilleur court-métrage documentaire. Il est disponible sur la plateforme Filmin.
M. S.














































