Une conférence consacrée au colonialisme en Afrique s’est tenue au siège du parti allemand Die Linke à Erlangen, mettant le Sahara occidental au centre des débats en tant que symbole d’un conflit colonial toujours non résolu. Les intervenants ont dénoncé l’occupation marocaine jugée illégale des territoires sahraouis et la poursuite de l’exploitation de leurs ressources naturelles en violation du droit international.
Animée par Mohamed Aba Dakhil, représentant du Front Polisario en Saxe et en Bavière, la rencontre a mis en lumière la persistance de ce qu’il a qualifié de « réalité coloniale » au Sahara occidental. Il a accusé le Maroc de mépriser les résolutions des Nations unies et de maintenir une occupation contraire aux principes du droit international. Le conférencier a également pointé du doigt les politiques d’exploitation économique menées dans les territoires occupés, notamment le pillage des ressources naturelles avec la complicité de certaines entreprises internationales, en particulier européennes. Selon lui, ces pratiques contribuent à prolonger la souffrance du peuple sahraoui et violent les décisions de la Cour de justice de l’Union européenne. Les discussions ont, par ailleurs, porté sur les derniers développements politiques du dossier sahraoui, notamment la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que sur le rôle de certains pays européens accusés d’entraver l’émergence d’une solution juste et durable au conflit. La situation des droits humains a occupé une place centrale lors de la conférence. Les intervenants ont évoqué les violations commises dans les villes sahraouies occupées, ainsi que la précarité des conditions de vie des réfugiés sahraouis et de la diaspora, illustrant l’ampleur de la crise humanitaire engendrée par l’absence de règlement politique. La rencontre s’est conclue par la projection d’un documentaire retraçant le combat du peuple sahraoui pour l’autodétermination, en présence de responsables politiques et syndicaux allemands. Les participants ont souligné l’importance de sensibiliser l’opinion publique européenne aux dimensions historiques, juridiques et humaines du conflit. De son côté, le représentant du Front Polisario en Catalogne, Mohamed Salem Ahmed Lebeïd, a dénoncé les violations « systématiques » des droits humains commises par l’occupation marocaine et l’interdiction faite aux observateurs internationaux d’accéder au territoire. Il a estimé que, malgré un demi-siècle de résistance, le peuple sahraoui finira par obtenir son indépendance. Il a enfin tenu l’ONU et le Conseil de sécurité pour responsables de l’échec du processus de paix, affirmant que la reprise de la lutte armée en 2020 n’était « pas un choix, mais une nécessité», tout en réaffirmant le rejet de toute solution qui ne garantirait pas le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.
M. S.










































