Accueil À LA UNE BOUGHALI EXPLIQUE POURQUOI L’ADOPTION, MAINTENANT, DE LA LOI CRIMINALISANT LA COLONISATION FRANÇAISE...

BOUGHALI EXPLIQUE POURQUOI L’ADOPTION, MAINTENANT, DE LA LOI CRIMINALISANT LA COLONISATION FRANÇAISE : L’APN a privilégié la voie diplomatique

0

Le président de l’Assemblée populaire nationale, Brahim Boughali, a révélé qu’avant de passer au vote de la loi criminalisant le colonialisme français en Algérie, le temps a été largement laissé à la diplomatie, privilégiée par le président Tebboune sur ce dossier.
Dans une interview accordée ce mardi à la chaîne de télévision belge « ATIPIK TV » (émission « Le Vrai Dialogue ») animée par Leila Haddad, ancienne journaliste de l’ENTV, Brahim Boughali rappelle que la proposition de loi criminalisant le colonialisme français en Algérie a été soumise à l’APN immédiatement après son investiture lors de la neuvième législature fin 2021. Mais, a-t-il poursuivi, la décision prise à l’époque a été de surseoir à ce projet pour donner l’avantage à la démarche entamée par le président Tebboune, une démarche qu’il qualifie de « très sage » au vu de la sensibilité des relations avec la France, explique-t-il. Le but, fait-il savoir, était d’arriver à une réconciliation dans un climat serein qui conserve les intérêts et les particularités des deux pays. Malheureusement, fait-il constater, après plus de quatre ans, il n’y a pas eu le résultat escompté de cette démarche, à cause de l’obstruction de forces occultes, alors l’APN s’est retrouvée dans l’obligation de prendre le relais et faire intervenir la diplomatie parlementaire. Brahim Boughali revient sur les étapes du processus qui ont abouti au vote de cette loi depuis mars 2025, avec l’organisation de deux journées d’études puis la création d’une commission regroupant tous les courants politiques pour donner un caractère de revendication populaire à ce projet et pour barrer la route à ceux qui cherchent d’en faire un fonds de commerce. Le président de l’APN, souligne que pour éviter les surenchères, la commission a travaillé sereinement et sans déclarations à la presse jusqu’à l’achèvement du projet. Puis, après l’élaboration de la mouture finale, elle a été revue avec des experts juridiques, et l’APN a voté la loi le 24 décembre.
Boughali explique que le contenu du texte de loi signifie « une valorisation de l’histoire et une reconnaissance des sacrifices des martyrs et des moudjahidine qui demeure une constante et une priorité pour l’État algérien ». Il explique également que la loi combine un texte de mémoire et un acte souverain complet, car, dit-il, la mémoire nationale n’est pas dissociable de la souveraineté nationale. Il rappelle que la proposition de loi s’est inscrite dans le cadre d’un engagement constant ferme et d’un long combat mené par les députés qui sont conscients de leur responsabilité historique et l’Assemblée assume pleinement son rôle dans la défense de la mémoire nationale. L’Algérie est engagée envers les pays africains et d’autres pays qui ont connu la colonisation et veulent réparer les dommages, en particulier l’esclavage. Dans ce sens, la loi sera traduite en anglais, allemand et espagnol pour servir de référence aux pays africains, asiatiques et américains qui ont souffert du colonialisme. Brahim Boughali fait savoir que la présence de l’APN dans les instances parlementaires régionales et internationales sera mise à profit pour aider et accompagner les autres pays.
Boughali rappelle que la politique étrangère relève des prérogatives exclusives du Président, et, ajoute-t-il, le Président a été très clair : nous n’avons pas besoin de réparation financière, car la valeur ne peut égaler nos martyrs et nos moudjahidine ; nous exigeons le nettoyage des sites des essais nucléaires et la remise des cartes des mines françaises que nous n’avons pas encore reçues. Il fait constater que la France n’a pris aucune mesure sérieuse pour la compensation, alors que des pays comme l’Angleterre et l’Allemagne ont tenté de trouver des solutions partielles dans leurs ex-colonies. Le président de l’APN affirme que la France n’a accordé aucune indemnisation pour les explosions nucléaires au Sahara. Pour le président de l’APN, la loi peut être une référence internationale dans le respect du droit international. Brahim Boughali conclut en rendant hommage aux Français qui ont pris position pour la cause algérienne.
M’hamed Rebah

Article précédentLE GOUVERNEMENT MULTIPLIE LES RÉUNIONS AUTOUR DES PRÉPARATIFS DU PROCHAIN MOIS SACRÉ : Pour un Ramadhan clément