La question foncière demeure l’un des nœuds centraux du conflit du Sahara occidental. Dans un communiqué rendu public jeudi, l’Association sahraouie des victimes de graves violations des droits humains commises par le Maroc (ASVDH) a vivement dénoncé la politique menée par les autorités marocaines dans les territoires occupés, qualifiée de stratégie de dépossession systématique des terres et des ressources naturelles appartenant au peuple sahraoui. Selon l’ASVDH, cette politique s’inscrit dans un cadre plus large d’occupation prolongée, reposant sur une logique coloniale qui cherche à transformer la nature juridique, démographique et économique du territoire. L’association accuse l’occupation marocaine de recourir à des mécanismes administratifs et juridiques imposés par la force afin de retirer aux Sahraouis leurs droits historiques sur leurs terres, tout en facilitant l’installation de colons et l’implantation d’entreprises marocaines dans la région. L’organisation souligne que ces pratiques ne relèvent pas de décisions isolées, mais d’une politique planifiée et méthodique. En imposant des lois et des procédures administratives sans aucune base de légitimité internationale, l’occupation marocaine chercherait à donner une apparence de légalité à ce que l’ASVDH qualifie de pillage organisé. Cette stratégie, selon l’association, constitue une violation manifeste du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’Homme et du droit fondamental à la propriété. Au-delà de la question foncière, l’ASVDH met en garde contre les conséquences humaines et sociales de cette politique. La spoliation des terres sahraouies s’accompagnerait d’un processus de marginalisation économique et de précarisation des populations autochtones, privées de leurs moyens de subsistance traditionnels. Parallèlement, l’encouragement à la colonisation favoriserait une transformation progressive de la structure démographique du territoire, au détriment des Sahraouis. Pour l’association, ces pratiques visent clairement à imposer une situation de fait accompli sur le terrain, en tentant d’ancrer durablement l’occupation à travers le contrôle de la terre et des richesses naturelles. Or, rappelle l’ASVDH, le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, à ses ressources et à sa souveraineté sur son territoire demeure un droit inaliénable, reconnu par le droit international et les résolutions des Nations unies. Face à cette situation, l’ASVDH a lancé un appel pressant aux organisations internationales et aux mécanismes onusiens compétents en matière de droits humains. Elle exige une intervention urgente pour mettre fin à la politique de spoliation des terres au Sahara occidental et pour garantir la protection des droits fondamentaux de la population sahraouie. Enfin, l’association a réaffirmé que les tentatives de légitimation de l’occupation par des lois ou des procédures administratives politisées ne sauraient modifier la réalité juridique du territoire. Pour l’ASVDH, la terre reste le cœur du conflit et l’un des symboles les plus évidents des violations continues subies par le peuple sahraoui, dont la lutte pour la liberté, la justice et l’autodétermination demeure pleinement d’actualité.
M.S.









































