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EN SOUTIEN À LA PALESTINE : Plus de 40 villes espagnoles dénoncent l’occupation israélienne 

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Les rues espagnoles ont de nouveau résonné au rythme de la solidarité avec la Palestine. Plus de quarante villes, de Madrid à Barcelone en passant par Valence, Séville ou Bilbao, ont vu affluer des milliers de personnes, samedi soir, à l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, célébrée chaque 29 novembre. 

L’agence palestinienne Wafa a rapporté ce vaste mouvement populaire qui a traversé le pays comme une vague indocile, difficile à ignorer malgré les tentatives de normalisation diplomatique avec l’occupation. Dans la capitale Madrid comme à Barcelone, deux épicentres historiques de l’engagement citoyen, les cortèges se sont imposés comme les plus massifs. Les manifestants ont occupé les grandes places et les artères principales, portés par un mélange de colère, de deuil et de détermination. Leurs pancartes parlaient d’elles-mêmes : « Stop au génocide », « Embargo total sur les ventes d’armes au régime sioniste », « Palestine libre ». Les slogans fusaient, unissant des voix qui, pour beaucoup, n’ont jamais mis les pieds en Palestine mais savent reconnaître l’injustice quand elle se répète depuis des décennies. La dénonciation du régime d’occupation et de la violence structurelle qui accompagne la colonisation israélienne a occupé une place centrale dans les déclarations publiques. Dans un communiqué commun, les organisations espagnoles de la société civile engagées pour la cause palestinienne ont rappelé que, depuis soixante-dix-huit ans, un système de dépossession, d’apartheid et de nettoyage ethnique se poursuit, avec une impunité qui semble ne connaître de limites que celles imposées par les mobilisations populaires. Les associations ont également pointé la responsabilité directe de l’entité sioniste dans la violation des accords de cessez-le-feu annoncés dans la bande de Ghaza et dans l’empêchement de l’entrée de l’aide humanitaire, un acte perçu comme une punition collective contraire au droit international. Même si le sujet des bombardements n’était pas explicitement au cœur de ces rassemblements, tous les discours revenaient à la même idée : la catastrophe humanitaire à Ghaza est le symptôme le plus visible d’un système d’oppression plus large, enraciné, nourri et défendu par des alliances internationales que les manifestants espagnols appellent à rompre. Le communiqué appelait ainsi les gouvernements du monde entier à aller bien au-delà des déclarations d’inquiétude. Les organisations réclament la rupture complète des relations diplomatiques, économiques, sportives, culturelles et universitaires avec l’entité sioniste. Elles demandent aussi l’application de sanctions internationales et le soutien explicite aux procédures en cours devant la Cour internationale de justice et la Cour pénale internationale, deux instances où la question palestinienne a pris une importance nouvelle à la lumière des accusations croissantes de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Ces manifestations s’inscrivent dans un mouvement global, de plus en plus visible, qui voit l’opinion publique internationale prendre le relais des institutions politiques restées longtemps paralysées. En Espagne, comme ailleurs en Europe ou en Amérique latine, la solidarité avec la Palestine n’est plus un geste isolé mais une dynamique ascendante, nourrie par les images qui circulent, les témoignages qui émergent malgré les frontières, et un sentiment que l’histoire répète les mêmes fractures quand personne ne tente de les refermer. L’Espagne a souvent été un terrain fertile pour les mobilisations internationales, mais la cause palestinienne y occupe aujourd’hui une place singulière. Elle fédère des associations de défense des droits humains, des collectifs féministes, écologistes, syndicaux, étudiants, ainsi que de simples familles venues exprimer une indignation qui dépasse le cadre politique habituel. L’image des rues madrilènes ou barcelonaises remplies de drapeaux palestiniens n’est plus exceptionnelle ; elle est devenue presque rituelle, un signe de continuité dans un combat pour la justice que beaucoup estiment trop longtemps différé. Ce qui devient évident, à mesure que ces manifestations se multiplient, c’est le rôle croissant que jouent les sociétés civiles dans la défense du droit international. Les États hésitent ; les citoyens, eux, descendent dans la rue. En un sens, ces rassemblements traduisent une forme de diplomatie populaire, brute, indisciplinée, mais profondément ancrée dans une quête de vérité. C’est peut-être dans cette brèche que s’inventent de nouvelles solidarités, capables de déplacer le centre de gravité du débat mondial. D’autres mobilisations européennes sont prévues dans les semaines à venir, prolongeant cette énergie collective qui refuse l’indifférence. L’élan espagnol s’inscrit dans cette trajectoire, avec la conviction que la cause palestinienne n’est pas seulement une question de géopolitique lointaine, mais une question universelle de justice, de droits humains et de refus de la domination. Cette dynamique continue de se déployer, comme une lumière têtue dans un paysage politique souvent obscur.

M. Seghilani 

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