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UNE VOIX POUR LA PALESTINE : Soolking honore la résistance

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L’artiste algérien, Soolking, reconnu pour sa capacité à fusionner les genres musicaux, a dévoilé son nouveau titre « Koula Youm », un hommage poignant à la cause palestinienne. En revisitant des classiques de la musique arabe, il transmet un message puissant de solidarité et de résilience.
Soolking, de son vrai nom Abderraouf Derradji, est né en 1989 à Staoueli, près d’Alger. Avant de se lancer dans la musique, il a été danseur et membre d’un groupe de rock, ce qui témoigne de sa polyvalence artistique. En 2014, il s’installe en France et entame une carrière solo qui le propulse sur la scène internationale. Son style unique mêle rap, raï, reggae et musiques traditionnelles, reflétant une identité culturelle riche et diversifiée. Avec « Koula Youm », Soolking continue d’explorer cette fusion musicale en intégrant des éléments de « El Kod’s El-Atik » de Fairouz et de « Ana Dammi Falasteeni » de Mohamed Assaf. Ces choix ne sont pas anodins. Faïrouz, icône de la musique arabe, est connue pour ses chansons dédiées à la Palestine, tandis que Mohamed Assaf, vainqueur de « Arab Idol », est devenu un symbole de la résistance palestinienne. En samplant ces œuvres, Soolking rend hommage à l’héritage musical de la région tout en insufflant une énergie contemporaine à ces classiques. Dans cette même dynamique, l’artiste a également intégré un célèbre chant algérien « Falastine al Chouhada », un chant emblématique qui témoigne de l’engagement historique de l’Algérie envers la cause palestinienne. Ce chant, profondément ancré dans la mémoire collective algérienne, symbolise le soutien indéfectible du peuple algérien aux luttes de libération, notamment celle du peuple palestinien. En l’incluant dans « Koula Youm », Soolking établit un lien direct entre l’histoire de la résistance algérienne et la lutte actuelle des Palestiniens, rappelant ainsi les valeurs de solidarité et de sacrifice pour la liberté.

Un cri contre l’injustice
En choisissant de dédier une chanson à la cause palestinienne, Soolking rappelle au monde les souffrances subies par le peuple palestinien sous l’occupation de l’entité sioniste. Depuis des décennies, la Palestine est le théâtre d’une politique systématique d’oppression et de colonisation. Les Palestiniens sont confrontés à des violations massives des droits humains : bombardements meurtriers, blocus imposé sur la bande de Ghaza, confiscation des terres en Cisjordanie occupé, arrestations arbitraires, et déplacements forcés. Chaque jour, des familles entières vivent sous la menace constante des raids militaires et de la violence des colons. À Ghaza, l’un des territoires les plus densément peuplés au monde, le blocus terrestre, maritime et aérien impose une crise humanitaire sans précédent. L’accès aux soins médicaux, à l’éducation et aux besoins fondamentaux est gravement restreint, plongeant la population dans une souffrance quotidienne. Les enfants palestiniens, en première ligne de ces violences, subissent des traumatismes durables, privés de leur droit à une enfance normale.
Dans « Koula Youm », qui signifie « Chaque jour » en arabe, Soolking souligne cette réalité brutale. Ce titre rappelle que malgré l’oubli médiatique parfois volontaire, la souffrance du peuple palestinien persiste quotidiennement. En reprenant « Ana Dammi Falasteeni » de Mohamed Assaf, un hymne de fierté nationale, et « Falastine al-Chouhada », symbole de la solidarité algérienne, il réaffirme la résilience et l’identité inébranlable du peuple palestinien face à l’injustice.
Dès sa sortie, « Koula Youm » a suscité une réaction enthousiaste de la part des auditeurs et des critiques. L’engagement de Soolking envers la cause palestinienne, couplé à sa capacité à fusionner différents styles musicaux, a été salué. Sur les réseaux sociaux, de nombreux messages de soutien ont afflué, soulignant l’importance de ce type d’initiatives artistiques dans la sensibilisation aux causes humanitaires. Certains y voient même un nouvel hymne de solidarité, capable de toucher un public international.
Cependant, Soolking n’est pas exempt de controverses. En 2024, lors d’une interview, il a déclaré considérer la musique comme « haram » (interdite) selon la foi musulmane, tout en continuant sa carrière musicale. Ces propos ont suscité des débats et des critiques, notamment de la cinéaste algérienne Sofia Djama, qui l’a qualifié d »islamiste 2.0″. Cette dualité entre convictions personnelles et carrière artistique reflète les défis auxquels sont confrontés de nombreux artistes issus de cultures traditionnelles.
Malgré ces controverses, Soolking continue de jouir d’une popularité croissante. Ses collaborations avec des artistes internationaux, comme la chanteuse albanaise Dhurata Dora sur le titre « Zemër », témoignent de son ouverture et de sa volonté de créer des ponts entre les cultures. Cette approche lui a permis de conquérir un public diversifié, au-delà des frontières de l’Algérie et de la France.
Avec « Koula Youm », Soolking confirme son rôle d’artiste engagé, utilisant sa musique comme vecteur de messages puissants. En rendant hommage à des icônes de la musique arabe et en intégrant des éléments de la culture palestinienne, il offre une œuvre qui transcende les frontières musicales et géographiques, unissant les auditeurs autour d’une cause commune. Cette démarche s’inscrit dans une tradition d’artistes qui utilisent leur art pour dénoncer l’injustice et sensibiliser le public aux réalités socio-politiques.
Pour découvrir « Koula Youm » de Soolking, vous pouvez l’écouter sur les principales plateformes de streaming musical et sur YouTube.
Mohamed Amine Toumiat

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