50 000 cas de violence scolaire recensés entre 2014 et 2015 : la Forem tire la sonnette d’alarme

La violence en milieu scolaire ne cesse de prendre de l’ampleur. Avec un accroissement sans précédent, le phénomène suscite l’inquiétude de plusieurs acteurs de la société. Parmi lesquels, la Forem qui tente de trouver des solutions pour freiner cette violence à travers des propositions qui seront soumises à la tutelle.
Ainsi, pas mois de 50 000 cas de violence ont été recensés dans les milieux scolaires au cours de l’année 2014- 2015. Un chiffre effarant, d’autant plus que, normalement, l’école est censée être l’endroit le plus sûr. La gravité de la situation a poussé le ministère de l’éducation, mais aussi les partenaires sociaux et les associations, à agir puisqu’un groupe de travail a été récemment installé, mais est-il réellement suffisant, et permettra-t-il de mettre un frein à cette violence qui a pu, malheureusement, franchir les seuils des écoles ? Cela n’est probablement pas la solution finale, selon le président de la Fondation pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem), Mustapha Khiati. Lors d’une journée d’étude sur la violence en milieu scolaire organisée, hier à Alger, en collaboration avec la CNCPPDH, Khiati a soutenu qu’il est difficile de trouver une solution à ce phénomène compte tenu de sa complexité. Pour lui, le travail doit se faire avec la participation de tous les acteurs du secteur de l’Éducation, (enseignants, parents, administration, et société civile), en ayant une plateforme et une série de propositions devant être étudiées minutieusement. Il a estimé, dans ce cadre, que la relation entre enseignants et élèves est similaire à la relation du père avec son enfant. La détérioration de cette relation, poursuit-il, a des répercussions sur le comportement de l’enfant. C’est dans ce sens que Khiati propose une formation plus approfondie des enseignants, sachant que de jeunes enseignants sont recrutés et qui, parfois, ne savent pas comment se comporter avec des adolescents à l’école. Toujours dans ce contexte, l’intervenant a souligné que, parmi les 50 000 cas de violence enregistrés, 10% sont classés au rang des agressions dangereuses. Khiati cite, à titre d’exemple, la consommation de drogue, l’agression sexuelle, et même le meurtre. Pour ce qui est des raisons de la propagation de ce fléau qui menace l’intégrité de l’école, le président de la Forem évoque le déficit des conditions d’enseignement, du fait de la surcharge des classes et du manque de moyens «qui ont un impact direct sur l’autorité morale des enseignants». Il évoque, également, la surcharge des programmes dans une situation linguistique complexe, ce qui provoque un manque de communication et le sentiment de frustration. Du côté des enseignants, Khiati critique la méthode de leur formation en matière de pédagogie, puisqu’ils se retrouvent impliqués dans des relations conflictuelles, où prévaut un manque de communication. Le recours fréquent à la contrainte et aux sanctions impliquent, poursuit-le même intervenant, la violence physique et verbale.
À propos, cependant, des propositions de la Fondation pour pallier à ce problème, Khiati indique qu’il sera question de soumettre à la tutelle une plateforme axée sur trois points essentiels. Il s’agira en premier lieu de propositions qui concernent les élèves et les parents. Le deuxième point axé sur des propositions concernant les enseignants, et troisièmement, ajoute-t-il, des propositions pour le personnel administratif.
Ania Nait Chalal