EN Algérie

Zambie 3 – Algérie 1 : Les carottes sont bel et bien cuites

L’E.N. qui jouait gros ce samedi contre la Zambie. S’est finalement, totalement, loupée. C’était compliqué ? On ne rêve plus. Énorme déception…

Par Azouaou Aghiles

Défait finalement par la Zambie (3-1) au terme d’un match très mal maîtrisé, le «Club Algérie» voit à l’arrivée ses ultimes espoirs s’envoler vingt quatre heures à peine après le large succès du leader du groupe, le Nigeria, qui écrasa, 24 heures plus tôt, le Cameroun sur le score sans appel de 4-0, confortant ainsi sa position de super favori à la qualification après trois victoires en autant de sorties. Les Verts définitivement sur le tapis, et au-delà de la manière (beaucoup de choses doivent être revues, particulièrement dans l’état d’esprit d’un groupe se compliquant lui-même la tâche et comme résigné, lui qui a eu du mal à se relever de la 1ère réalisation adverse, intervenue trop tôt et signée ce diable de Brian M’wila qui ne se fera pas prier, à la 33e mn, à un moment crucial de la partie, de doubler la mise en prenant en défaut le malheureux M’Bolhi, abandonné pour la seconde fois en une petite demi-heure par une défense étrangement absente sur les deux banderilles, avant que les Zambiens, réduits pourtant à dix durant plus de 35 mn, ne fassent le trou et lui infligent une défaite tournant à l’humiliation), c’est d’abord d’un point de vue comptable (trois unités de perdues avant le second round de mardi, à Hamlaoui-Constantine, devant le même adversaire dans ce qui tourne déjà à la simple formalité) qu’il convient de se montrer plus que déçu, puisque, et entre temps, les Super Eagles nigérians toujours aussi dominateurs, ne lâchent pas prise en réalisant un carton plein dans tous les sens du terme, eux qui viennent de dompter les Lions camerounais en les laminant au terme d’une partie tournant à la démonstration du côté de Lagos.
La nouvelle leçon, cette fois administrée par un onze zambien en voulant terriblement dans une sortie capitale car annoncée au départ comme décisive dans la course au Mondial russe, à l’ombre du sans faute nigérian, vient remettre à leur juste place (bons derniers d’une poule où ils n’ont plus rien à espérer, l’élimination consommée, quatre étapes avant terme, ce qui fait d’eux, au passage, la 1ère sélection du continent à faire ses adieux, et dans quelles circonstances, à la Russie), les hommes du coach Alcaraz lâchant prise dans des conditions qui feront les choux gras de la presse spécialisée en plus de faire jaser l’opinion nationale qui ne compte plus les déculottées.
Rester en vie en attendant un coup de pouce du sort ? Une belle, généreuse et jeune sélection zambienne s’est chargée de la réponse : Sèche, claire, nette et sans bavure. Que dire néanmoins de la copie rendue par les Algériens ce samedi à Lusaka sinon, et même si beaucoup ne s’empêcheront pas de disséquer cette drôle de «performance» en raison de la qualité de l’adversaire qui se montrera très dangereux dans tous les compartiments du jeu, les Bentaleb et consorts ont (contrairement à ce qui leur était demandé en la circonstance dans une partie où ils n’avaient pas le droit à l’erreur) manqué de sérieux et d’application. Pire manquant de fougue, pour ne pas dire d’engagement. De courage tout court.
Quittent la scène sans aucun mérite, nous ajouterions. En se montrant fragiles dès le coup d’envoi, les Verts, qui n’auront sûrement pas oublié leur déroute du Nigeria, n’ont pas tardé à faire peur à leurs supporters, refusant, (n’est-ce pas ce que promettait le capitaine M’Bolhi), la bataille avec une approche basée sur le seul talent de joueurs certes au talent plus que certain et qui, et au vu de la prestation d’ensemble, n’avait rien de rassurant en même temps que les Brahimi and Co, pas au mieux psychologiquement et se complaisant dans leur approximation, défaits tactiquement et physiquement hors du cadre, démontrant si besoin au final qu’il ne fallait rien y attendre, tout dans leur manière d’évoluer confirmant une déroute annoncée et la perte des dernières clefs qui devaient mener l’équipe à Moscou.
Après une entame catastrophique (un but encaissé 7 mn à peine après le coup d’envoi dont ils ne se relèveront plus), les Fennecs, qui jouaient gros sur cette sortie décisive, ont perdu petit à petit le contrôle du jeu et donc l’initiative, l’ascendant au double plan technique et tactique avec une faillite généralisée. Un entrejeu vraiment pas dans le coup, des attaquants pas dans le bon tempo et faisant rarement le bon choix, et un compartiment défensif s’inscrivant en droite ligne de nos appréhensions, aux abonnés absents sur les trois occasions qui verront le dernier rempart, un M’Bolhi comme toujours abandonné à son triste sort, aller ramasser le ballon au fond des filets. Et ce n’est donc que justice qu’ils repartent les mains vides. Sans se procurer une pléthore d’occasions de but, les Zambiens, et devant l’apathie des Algériens, ont continué à poser leur emprise sur la rencontre, non sans mettre de l’implication dans les duels endiguant ainsi les phases de jeu des Taider et consorts qui ne se montrent que rarement dangereux. Les Verts, qui se remettent très mal de leur boulette nigériane avec une entame de qualification désastreuse (un nul à domicile, contre pourtant une sélection camerounaise bien pâle et un naufrage en règle à l’extérieur), viennent de perdre l’ultime occasion d’entretenir toujours cette petite illusion de fausser compagnie à tout le monde et signer une 3e qualification de suite à une Coupe du monde. Lusaka devait, pour nombre de fans, constituer ce tournant majeur pour un renversement de situation qu’ils savaient du domaine relevant, comme on le craignait, du miracle. Et le miracle, fort logiquement, n’aura pas lieu. La fin d’un cycle ? Plus que sûrement. On y reviendra. Dans la déception que l’on imagine à travers le pays.
A. A.