Volume horaire relatif au passage des candidats sur les médias publics : Des partis se sentent lésés

L’opération de tirage au sort pour la répartition des temps et créneaux de passage des candidats, en lice aux prochaines législatives, sur les médias publics audiovisuels s’est déroulée, hier à Alger, sous la coupe de la Hiise (Haute Instance indépendante de surveillance des élections).

En effet, cette opération a permis aux candidats, issus des partis politiques et des listes indépendantes, de connaître les volumes horaires qui leur reviennent dans le planning d’intervention sur les canaux télévisuels et radiophoniques publics, à la faveur d’une séance de tirage au sort consacrée à cet effet. Ainsi, au courant des 22 jours de la campagne électorale devant débuter dimanche prochain, les représentants des partis politiques et indépendants, concernés par ces élections, vont devoir défiler sur les Chaînes nationales, que sont l’ENTV, Canal Algérie et A3 pour la Télévision, et les Chaînes 1, 2 et 3 de la Radio nationale. À noter que les autres Chaînes publiques de télévision et les Chaînes privées accréditées, récemment, ne seront pas concernées par cette opération. En ce sens, deux heures de temps par jour seront consacrées à l’expression libre des candidats aux législatives prochaines, autrement 44 heures ou 2 640 minutes de temps qui s’offrent aux partis politiques et indépendants participant à ce scrutin, à l’effet de promouvoir leurs programmes électoraux auprès de l’auditoire. Selon le système de répartition des volumes horaires tels que choisis par la Hiise, ces deux heures sont partagées sur quatre tranches de temps de la journée, et chaque créneau représente une intervention de 5 minutes. Ce système de répartition en créneaux de temps, en outre, est proportionnel aux nombres de listes détenues pour chaque parti ou liste indépendante.
L’opération de tirage au sort s’est déroulée en présence des membres le la Hiise et les représentants des partis politiques et des indépendants. Avant l’entame de cette opération, le chargé de communication auprès de la Hiise, Ali Gharzali, a exhorté les représentants des partis politiques à «patienter pour connaître leurs volumes horaires impartis pour la promotion médiatique à leurs programmes électoraux au courant de la campagne électorale, arrêtée du 9 au 30 du mois en cours», a-t-il indiqué. Selon lui, l’Instance qu’il représente a adopté une démarche technique devant offrir, à chaque parti ou indépendant en course, une chance équitable, dans la mesure où ce système s’appuie sur des calculs mathématiques. Des «technicités», par ailleurs, qui n’ont pas manqué de faire susciter quelques protestations de la part de représentants de partis politiques. Les mécontents ont relevé des ambiguïtés dans cette opération, en effet. Ceci, pour n’en donner que l’exemple du représentant du PT (Parti des travailleurs), Ramdane Taâzibt, candidat de son état, lequel a noté «quelques dépassements», et affirme saisir la Hiise pour la prise en charge de ces doléances. «Nous avons constaté des risques dans le système de tirage au sort. Quelques partis peuvent consommer leurs créneaux en quelques jours seulement après le début de la campagne électorale. Pour le PT, qui en dispose de 22 créneaux horaires, nous voulons les utiliser durant toute cette campagne, car le discours politique se caractérise par un dynamisme et un changement, selon les circonstances», a-t-il fait remarquer, en marge de l’opération. Le même candidat a relevé un autre «couac» dans l’opération. «L’utilisation du sigle FLN dans la campagne électorale». Il a expliqué en indiquant que «nous avons profité de cette opération pour dénoncer ce que nous estimons illégal. Cela pose la question de principe et de l’équité dans le traitement des partis politiques par l’administration. Parce que le FLN utilise un patrimoine national qui est le passé historique du FLN», a-t-il justifié son reproche à la Hiise. Taâzibt a recommandé à l’administration de rajouter la lettre «P» devant le sigle FLN pour le désigner comme tel. Pour sa part, le chargé de communication au FLN, Moussa Benhamadi, a dénoncé «un non-sens» et «une guerre psychologique», et a infirmé ce qu’il qualifie d’«allégations mensongères» du candidat du PT. Tout en niant que l’utilisation du sigle FLN influerait sur le résultat du vote, Benhamadi a réaffirmé que son parti «n’acceptera jamais la fraude et le transfert illégal des voix des votants», qualifiant ces pratiques d’«immorales».
Hamid Mecheri