Mebtoul

Visite d’une délégation de la BM, hier, en Algérie : Selon Mebtoul, il sera question d’expertise

La Banque mondiale (BM) apportera son «expertise» à l’Algérie, afin de l’accompagner dans sa transition économique. En effet, le nouveau modèle de croissance économique, qui se projettera à l’horizon 2035, sera passé au peigne fin par la Banque mondiale qui propose son «soutien» à l’Algérie dans sa mise en œuvre. Qualifiant ce programme d’«ambitieux», un membre du Conseil d’administration de l’Institution bancaire internationale a précisé, au cours de sa visite au pays, que «nous regardons la mise en œuvre du programme économique avec beaucoup d’attention, car beaucoup de pays, que nous représentons, peuvent tirer profit de cette expé- rience. Je pense que, avec les compé- tences disponibles au niveau du Gouvernement (algérien, ndlr), ce programme pourra être mis en œuvre en dépit des défis existants». «Notre visite en Algérie vise à connaître de près le pays, et voir dans quelle mesure la Banque mondiale peut-elle y apporter son soutien. Le ministre des Finances (algérien, ndlr) nous a présenté plusieurs programmes, dont le programme de croissance, à l’horizon 2020-2035», a déclaré le porteparole de la délégation de la BM, Merza Hassan, qui a été reçu par le ministre des Finances Hadji Baba-Ammi. Il a avancé que son institution voulait faire profiter l’Algérie de l’expérience des autres pays, notamment après les évolutions du marché pétrolier et le déséquilibre structurel constaté dans les revenus du pays. «Nous donnerons à l’Algérie tout l’appui nécessaire. Nous sommes à Alger pour rencontrer des autorités, comprendre les défis et le programme du développement du pays, et voir l’intervention de la BM sur le terrain», a-t-il noté. De son côté, MarieFrançoise Nelly, directrice exécutive à la BM, a fait savoir que les membres de la délégation de la Banque considéraient l’Algérie comme étant un pays « très important » et qu’ils saluaient en particulier les efforts de l’Algérie pour contribuer au fonds de l’IDA (Agence internationale de développement) avec une participation algérienne de 25 millions de dollars. Pour sa part, le ministre, Hadji Baba-Ammi, a souligné que la délégation de la BM a été informée lors de l’audience sur « le programme du Gouvernement en matière de diversification économique, sur le nouveau modèle de croissance économique, ainsi que sur la vision du Gouvernement pour la mise en œuvre de ce programme à l’horizon 2035». Mais, nombreux sont ceux qui voient cette proposition de la part de la Banque mondiale du mauvais œil. Pour y voir plus clair, nous avons pris contact avec l’expert national en économie, Abderrahmane Mebtoul, qui a noté : «La BM veut apporter certaines remarques, à propos du modèle économique qui s’étale sur deux phases». «C’est une expertise qu’elle va essayer d’adjoindre aux travaux déjà réalisés par des experts pour le compte du Gouvernement», a-t-il analysé. Ceci, à plus forte raison que la Banque mondiale «connaît mieux l’évolution de l’économie mondiale, et son expertise pourrait contribuer à corriger le modèle proposé», a expliqué notre interlocuteur. Néanmoins, l’expert prévient qu’«il ne faut pas non plus s’attendre à des miracles». Même s’il estime, toutefois, que la BM peut apporter une prévalue à l’économie nationale. Aussi, précisant que l’enjeu d’arriver à une économie affranchie de la dépendance aux hydrocarbures «est de taille», l’expert a rappelé que «le modèle économique examiné et approuvé en Conseil des ministres, le 26 juillet 2016, s’appuie, d’une part, sur une approche rénovée de la politique budgétaire, avec une trajectoire 2016-2019. Et, de l’autre, sur une perspective de diversification de l’économie à l’horizon 2030». Ainsi, il dira que «la BM tient à dire que c’est un document qui se tient correctement, mais nécessite quelques ajustements». Plus explicite, notre interlocuteur a souligné que «la situation financiè- re va être tendue dans les années à venir, ce qui nous pousse à approfondir les réformes». S’agissant des recommandations que la BM pourrait apporter, Mebtoul a indiqué que cette institution se focalisera sur la débureaucratisation de l’économie, l’émergence d’un secteur privé, producteur de richesse, et la réforme du système financier. À titre d’exemple, il dira que la BM peut recommander de recourir à l’endettement exté- rieur vu que l’Algérie épuise ses réserves de change, ce qui se répercuterait, négativement, sur la valeur du dinar.

Lamia Boufassa