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Vers un contrôle plus rigoureux de la qualité et du prix de la marchandise : 10 000 agents déployés sur le terrain

L’objectif étant d’aller vers un contrôle permanent au niveau des marchés et des commerces, et veiller au respect de la réglementation en vigueur. Autrement dit, s’enquérir de la qualité et du prix de la marchandise.

Pour ce faire, le ministre du Commerce par intérim, Abdelmadjid Tebboune, et le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdeslam Chelghoum, ont conclu, jeudi à Alger, un accord portant création de brigades mixtes de contrôle commercial. Cet accord interministériel est effectué au courant d’une journée dédiée au «Contrôle économique», organisée au CIC de Club-des-Pins.
En effet, ces brigades seront dans un avenir proche opérationnelles, et rentrent dans le cadre d’une stratégie de lutte contre la fraude, la spéculation et la flambée des prix, a précisé Tebboune. Au-delà de ces brigades, 10 000 agents relevant du ministère du Commerce, d’autres brigades de contrôle seront mobilisés entre ce ministère et d’autres secteurs tels la Santé, les Finances, les Douanes et les Impôts, a ajouté le ministre. Tebboune a rappelé, dans ce sens, les mesures juridiques et opérationnelles prises, ces dernières années, par les pouvoirs publics pour réguler le marché, dont le programme du ministère du Commerce qui a permis le recrutement de 7 000 agents diplômés universitaires dans le cadre du système de contrôle, et l’acquisition de 555 véhicules pour permettre aux agents de couvrir tout le territoire national. De son côté, le ministre de l’Agriculture a assuré que son département active dans la protection du consommateur, en œuvrant à établir des mécanismes de contrôle des produits végétaux et animaux. Selon lui, son département travaille d’arrache pied pour une meilleure gestion, et un approvisionnement durable et équilibré du marché national. Pour ce faire, il dira que toutes les marchandises sont soumises aux normes de contrôle internationales.

Hausse des prix
Interrogé sur la hausse des prix, Tebboune a précisé que son département optait pour une nouvelle stratégie qui portera sur la régularisation du marché, et la lutte contre la hausse des prix, et ce, en coordination avec les différents secteurs et instances, concernés par la régulation du marché, par une forte présence des agents de contrôle. Mettant, ainsi, en avant le rôle de l’Association de la protection du consommateur, «C’est un partenaire avec nous», a-t-il dit; «il fallait commencer par cela, rassembler tous nos rangs, pour aller vers un contrôle continu, et non un contrôle par campagne», a souligné Tebboune, ajoutant qu’«il faut que ceci devienne une tradition, une habitude saine. Le commerce doit être sain! «Non à la fraude, ni au niveau de la qualité, ni au niveau des prix, assurer l’accessibilité du produit, au citoyen moyen, est notre objectif, a souligné Tebboune. «Nous ne permettrons pas aux commerçants spéculateurs et fraudeurs de récupérer les taxes et impôts pris en charge par l’État, dans le cadre des subventions, et nous prendrons les mesures nécessaires pour lutter contre le phénomène de gonflement des prix, même s’il faut recourir à la justice», a-t-il poursuivi.

Signaler une infraction, c’est possible bientôt
Il y a lieu de savoir, également, qu’un numéro vert national sera lancé à partir du 15 avril. Ainsi, ce numéro, précise Tebboune, permettra aux citoyens de « signaler tout dépassement enregistré sur le terrain par les commerçants, qu’il s’agisse de hausse des prix ou autres infractions». Il a lancé un appel à tous les citoyens de signaler toute hausse des prix injustifiée ou infraction. «Les appels des citoyens seraient orientés vers le centre régional le plus proche, avant l’intervention immédiate d’une équipe de contrôle mobilisée à cet égard. Des mesures seront prises, par ailleurs, contre le commerçant contrevenant, conclut-il.

Le contrôle, une affaire de tous ?
Par ailleurs, deux ateliers ont eu lieu lors de cette journée, ayant pour thèmes “Le Diagnostic et mesures à prendre pour le renforcement du contrôle économique, et la redynamisation des brigades mixtes contraintes et recommandations. Les intervenants à ces ateliers ont convenu de la nécessité, pour les différents secteurs, d’adopter une démarche adéquate et participative pour la protection de l’économie contre la fraude et la préservation du pouvoir d’achat des citoyens. Mettant en avant le rôle des secteurs du Commerce, de l’Agriculture, des Finances, de la Justice et des Affaires religieuses, ainsi que les différents corps de sécurité, dans l’instauration d’un climat favorable à la régulation des pratiques commerciales, de façon à préserver les droits, la santé et la sécurité des consommateurs. Tebboune a souligné, à ce titre, que «la mission de contrôle économique est l’affaire de tous». Le ministre a indiqué, lors de la journée, que ce séminaire permettrait de passer en revue la situation actuelle du dispositif de contrôle et de ses mécanismes d’action, en tant que mission participative entre les différents secteurs visant à protéger le citoyen contre les pratiques néfastes à la santé et le pouvoir d’achat du consommateur. Cette rencontre n’est qu’un prélude, le prochain séminaire portera sur le commerce extérieur, a-t-il souhaité. Pour conclure, cette conférence a réuni l’ensemble des cadres et des représentants de différents secteurs et corps concernés par le contrôle commercial, en l’occurrence le Commerce, l’Agriculture, la Santé, l’Intérieur, les Affaires religieuses, les Douanes, les Impôts, la Sûreté et la Gendarmerie nationales.
Djedjiga Hamitouche