REVADE

Valorisation et recyclage des déchets : L’Algérie débourse 38 milliards de DA par an

La 2e édition du Salon international de la récupération et de la valorisation des déchets (REVADE) dédié à la collecte, au tri, au transport, au traitement, à la valorisation et au recyclage des déchets, a ouvert ses portes, hier et se tiendra jusqu’au 12 du mois en cours, au palais des expositions des Pins maritimes d’Alger, avec la participation de plusieurs entreprises algériennes et étrangères.

Pour cette année, la Corée du Sud est l’invitée d’honneur de cette édition à travers la participation officielle de l’Institut coréen de la technologie et de l’industrie environnementale (KEITI) qui regroupera au moins 30 entreprises coréennes.
En effet, plusieurs objectifs sont assignés à cette manifestation internationale, à savoir la mise en exergue des équipements et des technologies dans le domaine de la transformation et du recyclage des déchets, ou des entreprises américaines, françaises et sud-africaines ont manifesté leur intérêt pour réaliser des pôles industriels dans le recyclage du matériel informatique. Ainsi que la promotion de l’industrie de la récupération et du recyclage des déchets et l’encouragement de l’investissement et la création de nouvelles entreprises, ainsi que la promotion et le développement de la gestion et la valorisation des déchets industriels.
Après avoir inauguré le Salon et visité tous les stands, la ministre de l’Environnement et des Énergies renouvelables, Fatma Zohra Zerouati a indiqué, hier, lors d’un point de presse que : « l’activité de récupération et de valorisation des déchets, qui était auparavant une préoccupation purement environnementale, est devenue une activité économique capable de générer 38 milliards de dinars annuellement et de créer plus de 7000 postes d’emploi», a-t-elle souligné. Tout en faisant savoir que : « la quantité annuelle des déchets industriels en Algérie est estimée à 2 547 000 tonnes. Cette importante quantité devait être transformée en énergie, car il s’agit d’une affaire économique et tous types de déchets détiennent une valeur précieuse. C’est pour cela que le gouvernement veut faire de la gestion des déchets une filière économique et c’est l’objectif assigné à cet événement.»
Zerouati a indiqué, par ailleurs, que : « la gestion des déchets constitue, certes, un problème environnemental, mais dans la conjoncture actuelle, il faut considérer cette activité comme une opportunité économique et sociale, permettant de contribuer à réduire la dépendance des hydrocarbures et contribuer à la diversification économique, c’est même une opportunité de créer de l’activité et de l’emploi, à travers la collecte, la valorisation et le recyclage.
Le tri et la valorisation des déchets pourraient générer des gains économiques importants par an et des milliers d’emplois directs», plaidant ainsi d’«organiser cette activité en une filière économique qui participerait à la vitalité économique du pays», a-t-elle dit. Évoquant le gaz de schiste, la ministre a précisé que : « l’État s’intéresse à chaque mètre carré de l’Algérie. On compte exploiter le gaz de schiste tout comme le pétrole ainsi que les autres ressources naturelles. Je rassure les citoyens que rien ne sera entrepris en mettant en danger leur santé. Le ministère de l’Environnement désignera des spécialistes pour surveiller et inspecter les opérations d’exploitation de cette matière», a-t-elle conclu.
En outre, des statistiques récentes montrent qu’il y a un marché de près de 300 000 tonnes/an de déchets spéciaux (pneus, huiles usagées, batteries…) dont seulement 150 000 tonnes sont valorisées et exploitées. Zerouati a signalé que : « 16 entreprises activent dans la collecte et l’exportation des huiles usagées et 10 entreprises privées récupèrent et valorisent des pneus usagés et réalisent principalement des tapis de route et du granulat. C’est un marché très prometteur», a-t-elle précisé.
Sur un autre plan, la réduction des ressources financières extérieures de l’Algérie, incite les responsables du secteur à rechercher de nouvelles voies et de nouveaux moyens pour contribuer à la substitution de la production locale aux importations, pour exploiter au maximum les ressources productives disponibles en Algérie pour encourager l’investissement dans les nouvelles activités et la création d’entreprises.
Mohamed Wali