Abdelouahab Derbal

Validation du rapport final sur les élections législatives : Un test décisif pour la Hiise

La Hiise (Haute-Instance indépendante de surveillance des élections) s’est réunie, hier à Alger, pour l’adoption de son rapport final sur le déroulement des élections législatives du 4 mai dernier.
Un rapport qui sera transmis, prochainement, au président de la République, et ce, avant la délibération des résultats définitifs de ce scrutin législatif par le Conseil constitutionnel. Le président de la Hiise, Abdelouahab Derbal, a déjà fait savoir que son instance a saisi les procureurs généraux sur 38 dossiers qui «méritent des enquêtes approfondies», concernant les dépassements enregistrés, lors du scrutin législatif, outre les autres remarques que contiendra le rapport final, et lequel sera expédié au président de la République comme l’entend la réglementation en vigueur. Cependant, la question qui se pose, quel effet aura le rapport de la Hiise sur le résultat final du Conseil constitutionnel? Il est difficile de «tenter» une réponse à cette question, dès lors que les expériences précédentes ont démontré que les rapports établis par les différentes commissions, chargées de la surveillance des élections, n’ont pas été pris en considération par l’Institution, dirigée actuellement par Mourad Medelci. En effet, Abdelouahab Derbal et ses collaborateurs sont, donc, face à un test décisif et déterminant pour l’avenir et le devenir de cette instance, dont la crédibilité est déjà remise en cause par certains partis politiques.
Si le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales n’a cessé d’affirmer, depuis le début de la campagne électorale, que son département a mis à la disposition de l’Instance les moyens nécessaires pour accomplir sa mission dans la sérénité, l’appel lancé par Derbal retentit un autre son de cloche. Contrairement, donc, aux discours de Bedoui, le premier responsable de la Hiise plaide pour l’élargissement des prérogatives et du champ de compétences de son instance. Pour preuve, Derbal a déjà évoqué certaines difficultés qu’a rencontrées son instance sur le terrain, et parle d’une «passivité constatée auprès de certains procureurs généraux». Selon le chef de la Hiise, le jour du scrutin, plusieurs responsables de centres et bureaux de vote, et autres parties en charge de l’organisation «avaient porté préjudice à l’opération de vote».
C’est du moins ce qu’a noté son instance, à travers des «comportements qui ne reposaient sur aucun référent juridique, mais leurs auteurs ont considéré l’intérêt de la sphère du pouvoir, dont ils jouissent», a accusé Derbal. Pour rappel, l’attitude, le silence radio de la Hiise, par rapport aux vidéos circulant sur les réseaux sociaux, mettant en évidence des tentatives de fraude, de bourrage des urnes dans plusieurs régions du pays, le jour du scrutin, a suscité l’ire de nombreux partis politiques qui doutaient du caractère «indépendant», attribué à cette instance. Par ailleurs, le président de la Hiise constate que les textes juridiques, régissant le processus électoral, nécessitent «plus de réforme, de révision et du renouveau». À ce propos, Derbal a recommandé la mise en place des mécanismes juridiques qui définissent l’action de contrôle, et à la réunion de tout ce qui est «susceptible d’assurer des élections propres, seul garant de la confiance, de la quiétude et de la stabilité», a-t-il suggéré.
Enfin, d’après les informations préliminaires, la Hiise a enregistré des centaines d’infractions en trait avec les conditions du déroulement de la campagne électorale. Mais, aussi, celles qui ont marqué le jour du scrutin. Chiffres en mains, Derbal a souligné, par ailleurs, que son instance a reçu 570 plaintes le jour du scrutin, et 190 lors de la campagne électorale.
Abdellah Bourim