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VACANCE À LA TÊTE DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL / Derbal : «il n’y a aucune crainte sur le déroulement des élections»

Le président de la haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), Abdelwahab Derbal, s’est montré, hier, confiant que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, nomme «dans les délais » un nouveau président à la tête du Conseil constitutionnel après le décès de Mourad Medelci. «Il n’y a aucune crainte sur le déroulement du processus électoral», a déclaré Derbal, hier, au forum d’El Moudjahid, tout en rappelant que «la règlementation est claire à ce sujet».«Comme prévu par la loi, le Conseil constitutionnel se réunit sous la présidence du vice-président pour constater la vacance du poste. Le président de la République devra ainsi être immédiatement informé», a-t-il expliqué, en rappelant que celui-ci «dispose d’un délai de 15 jours pour nommer un nouveau président». Ainsi, il a précisé que les «délais n’ont pas été dépassés». Interrogé, par ailleurs, sur le vote des militaires qui suscite toujours la polémique, puisque certains partis politiques accusent d’«instrumentaliser» l’Armée à des fins politiques, le président de la HIISE, a refusé de répondre à ces accusations, limitant celles-ci à des « doutes et des appréhensions ». S’agissant des candidats «loufoques» à la présidentielle, Derbal a considéré que « chaque algérien remplissant les conditions peut se présenter à la magistrature suprême du pays».
Ainsi, il dira que «la Haute instance ne peut, en aucun cas, interdire à quiconque de se porter candidat, bien que ce problème nécessite une étude sur le plan politique et social». En effet, il a estimé qu’«on ne peut débattre sur les questions des libertés, mais les partis politiques sont appelés à jouer un rôle pour former une élite». Autrement, il appelle à ouvrir un débat sur ce sujet sans pour autant toucher aux libertés des personnes.Par ailleurs, au sujet de la révision du fichier électoral, l’hôte du forum d’El Moudjahid a souligné la nécessité d’assainir celui-ci, reconnaissant que certains cas ne peuvent être réglés par la loi, à l’instar des personnes non déclarées décédées ou atteintes de maladies affectant leur capacité mentale.
De surcroît, bien qu’il tient à souligner les avancées réalisées par l’administration dans la modernisation de l’état civil, le président de la HIISE a appelé à donner plus d’importance à l’assainissement du fichier électoral, puisque il y va des résultats des élections. «Compte tenu de l’importance du fichier électoral et de son impact sur les taux de participation lors de chaque échéance électorale, son assainissement est plus que nécessaire», a-t-il reconnu, affirmant qu’une commission, au niveau de l’instance qu’il préside, a été installée pour se charger de formuler des propositions à cet égard. Il a ajouté qu’à l’avenir, des sessions de formation seront organisées sur le thème de l’assainissement de ce fichier au profit des membres de l’Instance. Dans l’ensemble, afin d’assurer le bon déroulement des élections dans le futur, Derbal a préconisé de nombreuses recommandations, dont le «réexamen de l’opération collecte des signatures des candidats, qui doit être plus précise et plus contrôlée». S’agissant des prérogatives de l’instance, le gendarme des élections a réitéré son appel à les élargir, considérant toutefois, que la mise en place de la HIISE témoigne d’une vraie volonté d’arriver à organiser des «élections transparentes».
Malgré ce, il a tenu à rappeler que la mission assignée à l’Instance est la surveillance et non l’organisation des élections. Rappelant, de fait, que toutes les parties doivent être impliquées afin de réaliser cet objectif, Derbal a considéré néanmoins que la HIISE n’est «pas la tutelle de l’administration ».
Lamia Boufassa