Corée du nord

Une première depuis 2011 : Un haut responsable de l’ONU en Corée du Nord

Un haut responsable des Nations unies a quitté Pékin mardi pour la Corée du Nord, où il doit effectuer une rare visite officielle de quatre jours, dans un contexte de tensions croissantes après le tir par Pyongyang d’un puissant missile.

Le secrétaire général adjoint de l’ONU aux Affaires politiques, l’Américain Jeffrey Feltman, est arrivé mardi matin à l’aéroport de Pékin dans une berline arborant un drapeau aux couleurs de l’ONU, ont constaté des journaliste de l’AFP, avant un vol en début d’après-midi de la compagnie nord-coréenne Air Koryo à destination de Pyongyang. Ce voyage, annoncé lundi par les Nations unies, intervient dans un contexte de fortes tensions, six jours après le tir par le régime de Kim Jong-Un d’un missile balistique intercontinental (ICBM) capable de frapper, selon lui, n’importe quel site du territoire continental des Etats-Unis. La Corée du Sud et les Etats-Unis ont par ailleurs donné le coup d’envoi lundi d’importantes manoeuvres militaires aériennes –leur plus important exercice conjoint de ce type à ce jour, avec 230 avions, dont des chasseurs furtifs F-22 Raptor. Pyongyang a qualifié ces manoeuvres de «provocation totale», accusant l’administration du président américain Donald Trump de «vouloir la guerre nucléaire à tout prix». Jeffrey Feltman s’entretiendra avec des responsables nord-coréens de «sujets d’intérêt et de préoccupation communs», a indiqué le porte-parole des Nations unies Stéphane Dujarric, sans pouvoir dire si le responsable de l’ONU rencontrerait ou non Kim Jong-Un. M. Feltman verra des diplomates étrangers et l’équipe des Nations unies déployée en Corée du Nord avec une mission humanitaire et se rendra sur plusieurs sites où l’ONU mène des projets, a précisé le porte-parole. Son séjour se déroulera principalement dans la région de Pyongyang. Six agences de l’ONU sont présentes en Corée du Nord: le Pnud (développement), l’Unicef (enfance), l’OMS (santé), le PAM (alimentation), la FAO (agriculture) et le Fonds des Nations unies pour la population. Au total, l’ONU compte une cinquantaine d’employés internationaux dans le pays. Mais ce déplacement de Jeffrey Feltman est exceptionnel: il s’agira de sa première visite dans le pays depuis sa prise de fonctions en 2012. La dernière visite d’un haut responsable onusien en Corée du Nord remonte à octobre 2011.

La Chine avant la Corée
La visite de Jeffrey Feltman fait suite à une invitation remise par les Nord-Coréens au secrétariat général de l’ONU lors de l’Assemblée annuelle de l’Organisation en septembre, a déclaré Stéphane Dujarric. L’objectif est-il de préparer un déplacement ultérieur à Pyongyang du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres? Interrogé à ce sujet, le porte-parole n’a pas répondu précisément, se contentant d’assurer que le patron de l’ONU avait toujours fait part de sa disponibilité pour une mission de bons offices si nécessaire. La présidence tournante du Conseil de sécurité en décembre est assurée par le Japon, dont le territoire a été survolé plusieurs fois cet été par des missiles nord-coréens. Dans son programme de travail, Tokyo a prévu le 15 décembre une réunion du Conseil au niveau ministériel consacrée à la Corée du Nord et à ses programmes d’armement. Avant de rejoindre Pyongyang, Jeffrey Feltman a rencontré lundi à Pékin le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Li Baodong. Tous deux ont «échangé leurs vues sur des sujets de préoccupation communs», a indiqué Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, précisant que la Chine invitait l’ONU «à jouer un rôle constructif dans la résolution du problème nucléaire de la péninsule». Pékin, principal soutien économique de la Corée du Nord, assure appliquer strictement les sanctions internationales contre Pyongyang, tout en plaidant pour une reprise des négociations. Mais Washington l’appelle à intensifier la pression sur son turbulent voisin via un embargo pétrolier. Après le tir du missile nord-coréen la semaine dernière, le Conseil de sécurité de l’ONU s’était réuni en urgence sans prendre de nouvelles sanctions. Huit trains de sanctions internationales pèsent déjà sur la Corée du Nord, interdisant notamment ses exportations de charbon, de fer, de textile, de produits de la pêche, ou encore l’emploi d’expatriés nord-coréens.