Ould Abbes - Ghoul - Ouyahia - Makri

Une composante qui fait réagir le MSP et ses alliés : Une possible alliance FLN-RND-TAJ-MPA

Désormais, à peine le voile des élections législatives tombé, le jeu d’alliances commence. Il est des familles qui s’appellent naturellement, d’autres qui divergent, d’autres enfin qui sont là pour être adversaires. Parmi la première catégorie, les partis islamistes «ikhwan», dont le MSP est la locomotive. Sur les 53 partis politiques engagés dans les législatives, 36 formations ont gagné droit de cité à l’Assemblée nationale. Mais comme nous l’avions déjà évoqué, hormis quatre ou cinq, les autres n’auront même pas la prétention de s’assembler en groupes parlementaires. De ce fait, ils sont obligés à jouer le jeu des alliances et des conglomérats au sein de l’hémicycle pour être pesants.

UNE NOUVELLE COALITION PRÉSIDENTIELLE

On le sait, ce fut le MSP qui avait fait éclater la coalition présidentielle précé- dente, dès la prise d’Abderrezak Makri de ses fonctions comme président du parti, en remplacement de Boujerra Soltani. Mokri, en se mettant résolument, absolument et ostensiblement dans la voie de l’opposition voulait regagner la confiance des militants, ressouder la base et donner ses signaux à l’opposition. Les années de concessions, de jeu d’alliance avec le duopole FLN-RND, d’exercice de pouvoir dans les gouvernements successifs, ont totalement laminé le parti de Nahnah. Non seulement les scores furent catastrophique aux élections législatives de 2012, consacrant un net recul du parti, mais aussi la base militante donnait des signes de fébrilité et le parti commençait à se lézarder de l’intérieur. Plusieurs leaders, dont Amar Ghoul, Menasra et consorts, quittèrent le parti et créèrent un nouveau. La saignée du MSP a été importante. Tant et si bien, qu’aujourd’hui, le retour à la coalition est vu comme un bienfait salvateur pour arrêter l’hémorragie et se placer en vue de la présidentielle de 2019, pour laquelle le MSP prépare bel et bien un candidat.

CALCULS D’ÉPICIER

Le pouvoir a besoin d’islamistes dans la coalition. Mais si Amar Ghoul pouvait faire le jeu, alors le FLN et le RND pourraient être plus enclins de s’allier avec un Ghoul, devenu sénateur du tiers présidentiel, qu’avec un Makri, promoteur d’une opposition qui bat de l’aile, mais très critique. De ce fait, tout devient une affaire de calcul de petit épicier. Derrière le FLN et le RND, les islamistes marquent leur territoire. Alliance MSP-FC : 33 sièges, TAJ : 19 sièges, Ennahda : 15 sièges. Réunis, ils constituent la troisième force politique du pays ; mais hélas, ils sont loin d’être réunis. Le FLN et le RND ont déjà la majorité absolue à l’Assemblée nationale, mais il est de l’ordre de l’invraisemblable qu’ils aient envie de faire cavaliers seuls. Il leur faut la caution islamiste. Une alliance «à moindre frais» avec le MSP et sa locomotive de partis «ikhwan» peut être utile, si cela se négocie bien ; sinon, le duopole pourrait se suffire de TAJ, dont le président donne déjà une caution suffisante de son engagement total dans le programme présidentiel, ou un autre plan qui préfigure 2019. Vu sous cette couture, TAJ donne des gages séduisants au FLN, d’autant plus que le MPA est preneur de toutes les politiques qui lui seraient proposées. Mais le MSP et ses alliés se laisseront-ils faire ?

F. O.