Agriculture

Un projet agricole prometteur lancé dans le Sud : «Ennahda» ou la renaissance agraire

Dans une conjoncture où l’orientation à la diversification de l’économie nationale devient incontournable, en raison des revenus pétroliers, le choix porté sur le levier agricole demeure une alternative aussi impérieuse que durable pour le pays.
En ce sens, il est évident de relever que l’investissement et la promotion de l’agriculture ont frayé un chemin, du moins sur le papier, tel que c’est le cas dans le Sahara. Négligé depuis des années, le Gouvernement entend désormais faire du Grand Sud une vocation agricole par excellence, eu égard aux résultats peu-prospères déjà observés dans la petite agriculture. Une chose est sûre, c’est qu’en s’appuyant sur de nombreux futurs projets, la filière agricole contribuera dans l’avenir à atteindre une certaine autosuffisance alimentaire, dans les régions locales du moins, en plus de créer des milliers de postes d’emploi. C’est en tout cas, ce qu’a affirmé, hier, Abdelkader Bouazghi, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, lors de la présentation du projet «Ennahda» (en phase de concrétisation dans la région de Mguiden, dans la wilaya déléguée de Timimoun), comme «modèle en matière d’investissement agricole moderne et prometteur». En effet, au cours de sa visite d’inspection, le ministre s’est enquis du taux d’avancement de ce projet, dont la réalisation est prévue sur une superficie de 30 000 hectares au niveau du périmètre de Mguiden (500 km Nord d’Adrar), dans le cadre d’un investissement privé. Pour encourager le développement de ce secteur stratégique, Bouazghi a tenu un discours allant dans le sens de sensibiliser les agriculteurs particuliers sur les perspectives prometteuses de la filière agricole.
Car, il est clair que la vision des autorités publiques porte sur un appui de poids au secteur privé sur lequel repose une grande partie du programme d’investissement du Gouvernement. S’exprimant à ce sujet, Bouazghi a indiqué que «cette initiative courageuse reflète la forte volonté des investisseurs algériens à relever le challenge du développement agricole en zones sahariennes et à contribuer sérieusement à promouvoir la production agricole nationale». En se réjouissant de ce projet dont il tient à la réalisation effective, le ministre de l’Agriculture estime qu’«Ennahda» «représente un autre exemple d’investissement qui contribuera directement à l’autosuffisance, au renforcement de la sécurité alimentaire du pays et à la réduction de la facture des importations». S’agissant des données techniques du projet de Mguiden, dont le financement a dépassé les 21 milliards de centimes, les travaux ont atteint 70%. La réalisation de ce projet prometteur se déroulera en trois phases et devra être réceptionné dans un délai n’excédant pas la fin de l’année en cours.
Sur le plan emploi, «ce projet générera plus de 300 postes englobant des ingénieurs, des techniciens, ainsi que des travailleurs permanents et saisonniers», a-t-on indiqué lors de la visite ministérielle.
Les surfaces agricoles du projet de Mguiden seront irriguées à partir des nappes hydriques souterraines. Pour ce faire, une étude technique a prévu «la réalisation de 300 forages, de cinq grands bassins de stockage d’eau, d’une capacité de mobilisation d’un million de m3 alimentant 450 pivots d’irrigation, en plus d’un réseau d’irrigation au goutte-à-goutte sur une superficie de 10.000 hectares», selon les détails techniques de ce projet.
Amrouni Mohamed