Tunisie

Un mort, des dizaines de blessés et 778 personnes arrêtées depuis une semaine : La Tunisie sur une poudrière

Aux frontières Est de l’Algérie, les choses bougent ; et pas uniquement dans le bon sens ; au moins 780 personnes ont été arrêtées depuis le déclenchement, la semaine passée, en Tunisie : un bilan calamiteux qui se joint aux dizaines de blessés de part et d’autre dans les échauffourées entre manifestants et forces de l’ordre.

Les troubles sociaux, générés par les mesures d’austérité décrétées par le gouvernement, risquent de dégénérer et rappellent ceux qui ont mené à la chute du pouvoir Ben Ali. La visite, la fin de semaine passée, du ministre tunisien de l’Intérieur, renseigne sur la gravité de la situation et la volonté de Tunis de circonscrire les zones de tensions avant leur propagation et leur montée en puissance.
Largement alimentés par la cherté de la vie, la récession économique, le chômage et les mesures d’austérité, les « manifestations de la précarité » font trembler le gouvernement, qui a toujours en tête les prodromes qui ont fait chuter Tunis il y a sept années et fait entrer le pays dans une situation de fragilisation extrême, qui plus est demeure alimenté par un voisin libyen qui fait craindre le pire en déversant ces dizaines de djihadistes sur un pays qui peine déjà à se relever depuis l’attentat de Sousse. Le mouvement «Fech Nestannew» (« Qu’est-ce qu’on attend »), qui a lancé en début d’année la contestation contre la hausse des prix, a appelé de son côté à une nouvelle mobilisation pour hier, vendredi. Selon Khlifa Chibani, porte-parole du ministère de l’Intérieur, qui s’est exprimé sur la radio privée Mosaïque FM, « aucun acte de violence, de vol ou de pillage n’a été enregistré dans la soirée de jeudi dans le pays et les heurts entre jeunes et policiers avaient été « limités » et « sans gravité ».
Il a pourtant ajouté que 151 personnes impliquées dans des actes de violence ont été arrêtées jeudi, portant le total des arrestations à 778 depuis lundi. Selon un correspondant de l’AFP à Siliana, une ville du Nord-ouest, des dizaines de jeunes ont jeté des pierres durant environ trois heures dans la nuit de jeudi à vendredi sur des agents des forces de sécurité qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogènes. La situation est en revanche restée calme à Kasserine, Thala et à Sidi Bouzid, dans le centre défavorisé du pays, ainsi qu’à Tebourba, ville à 30 km à l’ouest de la capitale, marquée par de nombreuses manifestations et heurts ces derniers jours. Un protestataire est mort à Tebourba lors des heurts dans la nuit de lundi. La banlieue de Tunis est aussi restée calme dans la nuit de jeudi à vendredi.
O. F.