Ennahdha

Tunisie : Ennahdha présentera un candidat à la présidentielle de 2019

Le parti tunisien Ennahdha «est concerné par l’élection présidentielle et présentera un candidat», a affirmé, dimanche soir Abdelkarim Harouni, président du Conseil de la choura tunisien, ajoutant que la «position du mouvement ne sera pas neutre comme c’était le cas en 2014».

«Le conseil de la choura a appelé le bureau exécutif à examiner les différents scénarios qui prendront en considération l’intérêt de l’Etat et celui du parti en présentant soit un candidat choisi parmi les dirigeants du parti ou bien en appuyant la candidature une candidature de l’extérieur», a souligné M. Harouni. Intervenant lors de la clôture des travaux du conseil de la choura organisés à Hammamet, le responsable tunisien a précisé que toutes les données ne sont pas encore disponibles concernant les candidats qui se présenteront à ces élections, expliquant que son parti fixera sa position finale sur la base «de l’intérêt du pays». Harouni a, dans le même contexte, omis de parler d’une tendance au sein du parti qui revendique la mise en place d’un gouvernement issu des urnes ou un gouvernement de technocrates, précisant que l’idée force issue du conseil de la choura consiste à défendre «le gouvernement de coalition nationale actuel présidé par Youssef Chahed et de poursuivre cette expérience». Le président du conseil de la choura a encore réitéré la position de son parti consistant à soutenir la stabilité du gouvernement qui devra se consacrer à relever les défis économiques et sociaux et à préparer le pays pour des élections libres et transparentes. S’agissant de la transparence de la ligne séparant la neutralité du gouvernement et l’utilisation de l’administration pour des «velléités politiques», Harouni a estimé que la ligne consiste à appliquer la loi. «L’administration et les ministères sont au service de tout le monde sans donner de préférences à un parti au détriment d’un autre», a-t-il expliqué, ajoutant que la garantie de la neutralité «est la responsabilité des médias libres». Il a, dans le même cadre, condamné «quiconque utilise le pouvoir pour servir les intérêts d’un parti au détriment d’un autre», estimant que la justice assume la responsabilité de faire face aux contrevenants. En se qui concerne les alliances politiques, Harouni a expliqué que la politique de son parti repose sur le consensus et vise à tendre la main à la majorité des anciens et des nouveaux partis sur la base des programmes et l’intérêt de la Tunisie. «Nous sommes prêts à poursuivre notre relation avec Nidaa Tounes et en même temps, nous attendons le programme du nouveau parti Tahya Tounes pour élaborer une base commune qui peut lier les deux partis», a-t-il encore ajouté. Evoquant la question de l’école coranique de Regueb, Harouni a souligné que le conseil de la choura a appelé à la fin de ses travaux à punir toute personne coupable de violer la loi et les droits des enfants. Le conseil a par ailleurs appelé le pouvoir judicaire et toutes les institutions à régler cette situation qualifiée « d’isolée et ne représentant pas la société tunisienne «, a-t-il encore fait savoir. Et d’ajouter que le conseil a mis en garde contre «le danger de l’utilisation politique de cette affaire pour régler des comptes politiques ou pour diaboliser les associations en général». Le Conseil a fermement condamné la position de parties politiques (qu’il n’a pas mentionné ) visant à empoisonner le climat national en insistant à attaquer le mouvement Ennahdha, mettant en garde contre l’impact néfaste de ces agissements sur le climat politique et son atteinte à l’indépendance du pouvoir judiciaire et au prestige de l’Etat et de ses institutions, indique encore Harouni. Pour le conseil de la choura, ces agissements ne feront «qu’enraciner le parti dans son appartenance nationale et renforcer sa volonté constante de poursuivre le dialogue et la coopération avec les forces nationales pour consolider davantage la démocratie et la sécurité du pays».